La Direction de la Santé et de la Population (DSP) de la wilaya de Bordj Bou Arréridj a diffusé une mise en garde urgente concernant la commercialisation illicite de l’Escodyne®. Ce produit contrefait, présenté comme un antalgique, représenterait un danger vital immédiat pour ses utilisateurs.
L’alerte, relayée par le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), fait état d’une situation alarmante. Selon la correspondance adressée aux établissements de santé et aux officines, la consommation de ce produit — dont la composition réelle est inconnue — peut entraîner des complications graves, voire le décès du patient dans un délai de seulement cinq jours.
Utilisé par erreur pour traiter les “maux de tête courants”, l’Escodyne® n’est pas un médicament autorisé. Voici ce que les autorités ont révélé sur son parcours :
- Le produit se présente frauduleusement comme un médicament d’origine inconnue.
- Il est introduit clandestinement sur le territoire national via des réseaux de transit passant par la Jordanie et la Syrie.
- Le produit est écoulé exclusivement via des circuits parallèles et informels, échappant à tout contrôle pharmaceutique réglementaire.
Face au risque d’intoxication majeure, la DSP de Bordj Bou Arréridj a ordonné une mobilisation immédiate des professionnels de santé. Les pharmaciens et directeurs d’hôpitaux sont appelés à :
- Signaler systématiquement toute présence du produit sur le marché.
- Sensibiliser les citoyens sur l’importance de s’approvisionner uniquement en pharmacie.
- Avertir les patients que tout recours à des médicaments issus de la vente de rue ou de circuits non officiels peut s’avérer fatal.

ESCODYNE® : Entre rumeurs et réalité, le cri d’alarme de Mustapha Zebdi sur les compléments alimentaires
Face à l’ampleur nationale de la situation, Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), a tenu à apporter des éclaircissements cruciaux. Selon l’enquête préliminaire menée par l’association, plusieurs zones d’ombre subsistent quant à la nature exacte de ce produit.
L’une des principales révélations concerne la confusion de catégorie. Après consultation de plusieurs pharmaciens, il apparaît que le nom Escodyne® ne correspond à aucun médicament enregistré officiellement comme analgésique, mais serait plutôt identifié par les spécialistes comme un complément alimentaire.
Cette distinction est majeure, car elle souligne l’absence de contrôle pharmaceutique rigoureux sur ce type de substance.

Escodyne
L’enquête de Zebdi pointe également du doigt l’absence de visuel officiel. En l’absence de photo jointe à la correspondance de la DSP, l’identification du produit reste difficile pour le citoyen lambda. Par ailleurs, bien que la dangerosité extrême de ce produit reste à prouver scientifiquement, son introduction par des circuits informels et le marché noir constitue en soi une menace réelle qui justifie la vigilance des autorités sanitaires.
Cette affaire remet une nouvelle fois sur le tapis le dossier brûlant de la régulation des compléments alimentaires en Algérie. Souvent vendus sans contrôle médical strict et perçus à tort par la population comme des « remèdes naturels » sans danger, ces produits peuvent masquer des substances actives non déclarées ou être purement contrefaits.
À ce stade, la plus grande prudence est de mise. Il est formellement conseillé aux citoyens de ne consommer aucun produit de santé en dehors des circuits officiels, à savoir les officines de pharmacie, et de vérifier systématiquement l’étiquetage.
