Un groupe saoudien explore les opportunités d’investissement dans un secteur vital en Algérie

Un groupe saoudien explore les opportunités d’investissement dans un secteur vital en Algérie
L’Algérie discute avec la holding saoudienne Abunayyan pour renforcer la sécurité hydrique

L’Algérie avance ses pions sur le front de la sécurité hydrique. Alors que le pays accélère la mise en œuvre de son programme national de dessalement de l’eau de mer, Alger explore de nouvelles pistes de coopération avec des acteurs internationaux déjà implantés sur le terrain.

Ce mardi, une rencontre de haut niveau a réuni le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le directeur général de la holding saoudienne Abunayyan, autour d’un enjeu central, renforcer les capacités nationales en eau potable à travers des investissements ciblés, un partenariat industriel et un possible transfert de technologie.

Dessalement de l’eau de mer : une rencontre de haut niveau au cœur d’un programme national stratégique

Selon le communiqué du ministère des Hydrocarbures, la rencontre s’est tenue en présence de l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en Algérie, Abdallah Ben Nasser Al-Bassiri, du PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, du PDG de la Société algérienne de dessalement de l’eau, Bada Lahcen, ainsi que de plusieurs cadres du ministère.

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Les discussions ont porté sur les opportunités de coopération et d’investissement dans le domaine du dessalement de l’eau de mer et des infrastructures associées. Le ministère évoque un échange inscrit dans un climat de relations fraternelles et privilégiées entre l’Algérie et l’Arabie saoudite, avec un accent particulier sur les projets stratégiques lancés par Alger pour répondre durablement à la demande en eau potable.

Un programme de dessalement pensé pour couvrir 62 % des besoins nationaux en eau potable

À cette occasion, Mohamed Arkab a détaillé les grandes lignes du programme national de dessalement de l’eau de mer, mis en œuvre sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce programme prévoit la réalisation de nouvelles stations destinées à couvrir environ 62 % des besoins nationaux en eau potable, hors ressources souterraines.

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L’enjeu ne se limite pas au littoral. Le dispositif vise aussi les zones à forte densité de population ainsi que les Hauts Plateaux, avec une obligation claire : assurer la distribution de l’eau dessalée sur un rayon d’au moins 250 kilomètres à partir du littoral. Une contrainte technique lourde, mais assumée, qui traduit la volonté des pouvoirs publics d’inscrire le dessalement comme pilier structurant de la politique hydrique nationale.

Une coopération déjà ancrée : Abunayyan prêt à miser sur la production locale et le transfert de technologie

Le ministère a également rappelé l’expérience acquise par la société WETICO, filiale de la holding Abunayyan. Celle-ci a déjà pris part à la réalisation de plusieurs stations de dessalement en Algérie, notamment à Béjaïa, El Tarf et Cap Djinet.

De son côté, le directeur général d’Abunayyan Holding, Turki Ben Saïd Al-Omari, a affiché l’intérêt du groupe pour un renforcement de sa présence industrielle en Algérie. Il a exprimé la volonté de localiser la fabrication des équipements et matériels liés au dessalement de l’eau de mer, en particulier la production des membranes utilisées dans les stations de dessalement, un composant clé de la chaîne de traitement de l’eau.

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Le responsable saoudien a également souligné que les activités du groupe couvrent les équipements destinés à l’industrie pétrolière et gazière ainsi que les infrastructures. À ce titre, il s’est dit disposé à étudier des projets de transfert de technologie et de développement de partenariats industriels locaux, en cohérence avec la stratégie algérienne visant à accroître le taux d’intégration nationale et à renforcer le tissu industriel.