Un empire de drogue mis à nu : des peines allant jusqu’à 20 ans de prison

Un empire de drogue mis à nu : des peines allant jusqu’à 20 ans de prison
Trafic de stupéfiant

La Cour criminelle de première instance de Dar El-Beïda a rendu, ce mardi, un verdict sévère dans une importante affaire de trafic de drogues et de substances psychotropes. Une affaire impliquant une organisation criminelle structurée composée de huit individus âgés de 38 à 43 ans. Les peines prononcées vont jusqu’à 20 ans de prison ferme, assorties de lourdes amendes financières.

Dans cette affaire, six accusés ont été placés en détention, tandis que deux autres sont toujours en fuite. Les faits remontent au 7 octobre 2024, lorsqu’une patrouille de la police judiciaire mobile de Gué de Constantine a repéré, vers 1h30 du matin, deux véhicules suspects stationnés dans le quartier « El-Nassim ». À bord de l’un des véhicules se trouvaient trois individus, dont l’un comptait une importante somme d’argent. La fouille a permis la saisie de 43 millions de centimes, suivie de la découverte de 60 gélules de prégabaline et de montants supplémentaires atteignant près de 550 millions de centimes, dissimulés dans le véhicule.

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Les dessous du démantèlement d’un vaste réseau de trafic de drogues

Les investigations ont rapidement mis en évidence l’existence d’un réseau organisé spécialisé dans le trafic de cannabis et de drogues dures, disposant de plusieurs fournisseurs et intermédiaires. Le principal fournisseur local a été identifié comme un individu prénommé Samir, résidant au quartier de Dergana, dans la commune de Bordj El-Kiffan, tandis qu’un autre fournisseur, établi en France, opérait à distance via l’application WhatsApp, sous un pseudonyme, en coordonnant les livraisons, les prix et les lieux de remise de la marchandise.

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Les perquisitions menées aux domiciles des suspects ont permis la saisie de quantités importantes de drogues, notamment du cannabis, de l’ecstasy, de la prégabaline, de la cocaïne, ainsi que de balances électroniques, d’armes blanches et de carnets détaillant les transactions illégales. L’un de ces carnets, contenant plus de 190 pages, répertoriait les noms des clients, les montants échangés et les opérations de vente, confirmant le caractère structuré et lucratif de l’activité criminelle.

L’enquête s’est élargie avec l’arrestation du beau-frère de l’accusé principal. Il s’agit d’un agent assimilé chauffeur relevant de la Sûreté nationale, après la découverte d’échanges de photos et de vidéos de drogues via son téléphone. Les recherches ont également conduit à la découverte d’un véhicule contenant 730 grammes de cannabis, plus de 6 000 comprimés d’ecstasy, des quantités de cocaïne et de psychotropes, renforçant la gravité des faits reprochés.

Les accusés lourdement condamnés

Au terme du procès, le tribunal a condamné l’accusé principal à 15 ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars, tandis que deux autres prévenus ont écopé de 10 ans de réclusion chacun. Un accusé a été acquitté, faute de preuves suffisantes. Quant aux deux fugitifs, ils ont été condamnés par contumace à 20 ans de prison ferme, avec maintien des mandats d’arrêt.

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La Cour a également prononcé une privation des droits civils et financiers pour l’ensemble des condamnés, soulignant la volonté de la justice de lutter fermement contre le crime organisé et le trafic de stupéfiants.