Un drame conjugal vire au crime : perpétuité pour l’épouse meurtrière

Un drame conjugal vire au crime : perpétuité pour l’épouse meurtrière
Tribunal Dar El-Beïda

La cour criminelle de première instance de Dar El Beïda a condamné, ce lundi, une femme à la réclusion criminelle à perpétuité. Elle est impliquée dans l’assassinat de son époux après 17 années de vie commune.

Ce crime, qui a secoué le quartier populaire dans la commune de Bordj El Kiffan, remonte à la matinée du 15 juillet de l’année dernière. Les services de police, accompagnés de la police scientifique, s’étaient rendus sur les lieux pour constater le corps de la victime, retrouvé allongé sur le dos, à moitié dénudé et recouvert d’un tissu, à proximité de la porte de la salle de bain. Les enquêteurs avaient également relevé des traces indiquant que le corps avait été traîné depuis la chambre à coucher jusqu’à l’entrée de la salle d’eau.

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Sur place, les policiers avaient constaté des traces suspectes dans le lit du défunt, tandis que le sol près de la salle de bain était glissant en raison de la présence de savon. Aucun objet tranchant ni indice évident ne laissait supposer, dans un premier temps, une mort violente.

Mystères et révélations autour de l’affaire

L’affaire était alors entourée de mystère, les enquêteurs peinant à élucider les circonstances du décès, d’autant plus que l’accusée avait ouvert le robinet de gaz du chauffe-eau dans une tentative de dissimuler les traces du crime.

L’alerte avait été donnée vers 17 heures, après les cris de l’épouse, attirant l’attention de la belle-sœur de la victime, suivie des frères et de la mère de ce dernier. Ces derniers avaient été entendus afin d’apporter des éléments susceptibles d’éclairer les circonstances de ce drame.

Au fil de l’enquête, des éléments matériels ont permis de faire basculer l’affaire d’une mort supposée naturelle à un homicide volontaire. Confrontée à ces preuves, l’accusée a fini par livrer des aveux partiels, laissant apparaître un mobile lié à son refus catégorique que son mari prenne une seconde épouse, en raison de leur incapacité à avoir des enfants après 17 ans de mariage.

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Devant les enquêteurs, puis à l’audience, l’accusée a affirmé que la soirée du drame s’était déroulée dans le calme, évoquant même un moment de complicité durant lequel son mari lui avait offert une glace. Le couple a discuté jusqu’aux premières heures du matin, avant que la victime ne s’endorme.

Déclarations et contradictions lors du procès

Elle a ensuite déclaré avoir été réveillée par un bruit, découvrant son mari au sol près de la salle de bain. Elle affirme avoir tenté de lui porter secours, sans succès, évoquant un malaise provoqué, selon elle, par une inhalation de gaz.

Cependant, ses déclarations ont été contredites par plusieurs éléments, notamment l’existence d’un différend récent entre les époux, lié à la volonté du défunt de se remarier avec une femme plus jeune. Une union qui devait être célébrée deux semaines plus tard.

Le témoignage de la belle-sœur de la victime a également apporté des éléments accablants. Celle-ci a indiqué avoir trouvé la victime sans vie, partiellement couverte, et avoir été surprise de ne pas avoir été alertée plus tôt. Selon elle, l’accusée lui aurait affirmé que son mari se trouvait dans cet état depuis 9 heures du matin, justifiant son silence par une légère blessure à la jambe.

De son côté, le frère de la victime a déclaré devant le tribunal avoir constaté, en début de soirée, que le corps était déjà rigide, ce qui laisse supposer un décès survenu plusieurs heures auparavant, contredisant ainsi la version de l’accusée.

Au terme du procès, et alors que le ministère public avait requis la peine de mort pour assassinat avec préméditation et tentative d’entrave à la justice, la cour a finalement prononcé une peine de réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de l’accusée.

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