Un dialogue sans exclusion qui déboucherait sur la tenue d’une présidentielle : «La Constituante ne peut être la solution à la crise»

mercredi 15 mai 2019 à 15:57
Source de l'article : Lecourrier-dalgerie.com

Le colonel à la retraite Abderazek Larbi Chérif n’est pas d’accord avec les personnalités et partis politiques qui soutiennent une période de transition, et à travers elle la tenue d’une Assemblée constituante. Pour lui la transition est un moyen et non pas un objectif. «On entame  la période de transition pour organiser des présidentielles», soutient comme démarche notre invité, intervenant hier, au Forum du Courrier d’Algérie. Ainsi, le colonel des services de renseignements à la retraite a appelé tous les acteurs politiques à l’intérieur du pays à répondre positivement au dialogue lancé par le chef d’état-major Ahmed Gaid Salah. «Il ne faut exclure personne dans ce dialogue.

Il faut bien respecter les propositions des autres et leurs solutions de sortie de crise à laquelle est confronté le pays», explique-t-il, ajoutant qu’«on devrait y discuter, mais sur la table du dialogue. Il faut bien qu’il y ait des concessions, car l’intérêt du pays est le plus important », souligne notre invité. Pour expliquer la teneur de son point de vue, le colonel a fait savoir que ce dialogue est une méthode «civilisée », appelant tous les acteurs de la scène nationale à débattre de leurs feuilles de route. «On n’aboutira pas à une solution en proposant une feuille de route et se renfermer sur soi sans la partager avec d’autres autour d’une table», explique Larbi Chérif qui refuse l’idée d’aller vers une période de transition. Et pour cause, selon lui, cette démarche est une façon de trainer en longueur en restant dans un débat sans issue. « Il y a certains qui proposent d’aller vers une période de transition avec une Assemblée constituante», dit-il.

Toutefois, il refuse de croire à cette démarche comme solution à la crise. «La Constituante aurait été le bon choix dans les années 62 jusqu’à 1970, voire même 75 mais, poursuivit-il, l’appliquer aujourd’hui c’est devenu impossible grâce à la prise de conscience populaire», a-t-il indiqué. C’est-à-dire, explique-t-il, «aujourd’hui le peuple est devenu  très conscient  dans tous les domaines.» En revanche, Larbi Chérif est tout à fait d’accord d’ « aller vers une transition afin de préparer la présidentielle en mobilisant le mouvement et mettre en place une commission pour organiser des élections ». Avant de clore ce chapitre, il affirmera que «le but est de réaliser un État de droit fort par ses institutions ».

«Gaïd Salah a refusé de rencontrer Macron à l’ambassade de France»
En réponse à la question de comprendre pourquoi l’ANP fait l’objet d’une campagne de dénigrement depuis quelques jours, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, le colonel à la retraite cible la France et même ses relais en Algérie. Ainsi, il a affirmé que depuis le début du mouvement populaire pacifique, la France n’a cessé «de créer des crises» au niveau de plusieurs départements et ministères, tel la Présidence, le ministère des Affaires étrangères et dernièrement celui de la Défense.
«La France craint la transition démocratique en Algérie. Elle va lui causer la perte de ses intérêts et des marchés dans notre pays», analyse Larbi Cherif. Stratégiquement aussi, poursuit-il, « si l’Algérie réussit à sortir de sa dépendance de la France par ce mouvement populaire, cela ouvrira la voie à d’autres pays. Une issue qui n’arrangera pas la France», note notre invité, qui illustre ses propos en avançant une perte économique annuelle de la France de l’ordre de «12 milliards de dollars»
Quant à la charge contre le ministère de la Défense, affirme-t-il, la cause est à chercher dans la position du commandement de l’ANP lequel «a refusé deux fois la demande de la France d’utiliser la base de Tamanrasset en 2012 et qu’il n’a pas cédé à ses pressions en 2014 pour acheter des avions militaires», dénonce Larbi Cherif. Mieux encore, il révèle que le chef d’état-major de l’ANP «a refusé de rencontrer le président Emanuel Macron», lors de sa visite en Algérie, «à l’ambassade de France à Alger».

Sarah Oubraham

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