Un contrat à 120 000 € pour « éliminer » une directrice de prison en France : la DZ Mafia en cause

Un contrat à 120 000 € pour « éliminer » une directrice de prison en France : la DZ Mafia en cause
Deux détenus ont écopé de deux ans et demi de prison pour avoir relayé un contrat d’assassinat de 120 000 euros attribué à la DZ Mafia.

Deux détenus ont été condamnés ce mercredi à deux ans et demi de prison ferme. Ils étaient poursuivis pour avoir relayé sur Snapchat « un contrat » de 120 000 euros ciblant la directrice des Baumettes, la célèbre prison marseillaise. Ce projet émanait du gang criminel DZ Mafia.

L’affaire glaçante de ce projet d’assassinat visant la directrice des Baumettes vient de franchir une nouvelle étape judiciaire. Au cœur du dossier : Othmane B. et Sabrina M., deux figures de la récidive, tous deux trentenaires. C’est depuis l’isolement de leurs cellules respectives, via les écrans de visioconférence, qu’ils ont reçu le verdict du tribunal correctionnel de Marseille. Ils ont été condamnés à trente mois de prison assortis d’un mandat de dépôt et d’une interdiction durant trois ans de paraître dans les Bouches-du-Rhône et d’entrer en contact avec l’ex-directrice des Baumettes.

Le duo a été condamné pour apologie de crime et de délit. Ils sont accusés d’avoir servi de chambres d’écho à la DZ Mafia, l’un des clans les plus redoutables de la guerre du narcotrafic marseillais, en relayant sur Snapchat une mise à prix à 120 000 euros pour l’élimination de la direction de la prison en question.

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« 120 000 euros pour la tête de la directrice des Baumettes »

Tout commence en mars 2025. En quelques clics sur un écran, Othmane et Sabrina, derrière les murs de leurs prisons respectives, republient sur Snapchat un véritable contrat d’exécution, rédigé dans un style aussi glacial qu’explicite : « Marseille : 120 000 euros pour la TÊTE de la directrice des Baumettes ! On vous parle gentiment, vous ne voulez pas comprendre ».

Le message ne sort pas de nulle part. Il accompagne un cliché devenu tristement célèbre dans les milieux du narcobanditisme : celui de la « conférence de presse » de la DZ Mafia. Sur l’image, la mise en scène est quasi militaire, les protagonistes posant derrière un drap frappé du sigle du clan. Le texte qui défile sous la photo confirme l’ampleur de la traque : la prime est fixée à 120 000 euros pour « éliminer » la cible.

Tout s’accélère après l’onde de choc de l’évasion de Mohamed Amra en mai 2024. Pour reprendre le contrôle, l’administration durcit le ton : les fouilles de cellules visant les caïds de la DZ Mafia se multiplient. Dans les couloirs des Baumettes, la tension monte d’un cran.

Tentative d’assassinat

En novembre 2024, une rencontre capitale scelle le destin de la directrice. Face à elle, un leader du clan. L’entretien est électrique, chargé de non-dits. Le détenu brandit une « pétition » de l’isolement comme une arme de pression. Si aucune menace n’est énoncée, le climat est si étouffant que la fonctionnaire dépose plainte le 29 novembre. La riposte administrative ne se fait pas attendre : le leader mafieux écope de 30 jours d’isolement.

La réponse du clan est immédiate et brutale. Quelques jours plus tard, la menace sort des murs de la prison. Un contrat de 120 000 euros cible désormais un directeur adjoint, nommément cité sur les réseaux. Par ailleurs, dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 décembre 2024, la police française intercepte de justesse deux jeunes de 17 et de 21 ans après une course-poursuite. Ils se débarrassent d’une arme à feu. Soupçonnés d’être les bras armés de ce contrat, ils sont aujourd’hui derrière les barreaux pour tentative d’assassinat.

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