Un ancien chef du Mossad rend hommage au Qatar pour services rendus

Un ancien chef du Mossad rend hommage au Qatar pour services rendus

mossad-234.jpgSelon, Shabtaï Shavit le rôle joué par le Qatar en faveur d’Israël est plus important que celui de la Grande-Bretagne. C’est dire que les services rendus par Doha à Tel-Aviv sont vitaux pour l’entité sioniste. En servant la cause d’Israël, l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani a desservi la cause palestinienne et arabe. Il vient, du reste, d’en faire la démonstration avec l’opération d’évacuation de juifs yéménites vers Israël.

A la veille de la célébration de la journée de la terre en Palestine, le Qatar a mené, avec une discrétion absolue, une opération d’évacuation de plusieurs dizaines de juifs du Yémen pour les implanter en Israël, à la demande de Tel-Aviv qui compte encore sur Doha pour sortir de ce pays les autres juifs yéménites. A juste titre, cette opération est perçue par les Palestiniens dont près de 4 millions d’entre eux sont des réfugiés, n’ayant pas le droit de retourner sur leur terre, comme un encouragement à la colonisation que les différents gouvernements israéliens ont intensifié depuis 1967.

A cette date, la population juive en Cisjordanie et à Jérusalem Est s’élevait à quelques centaines, elle est aujourd’hui, respectivement, de 300.000 et de 200.000. Une augmentation exponentielle de la colonisation qui complique la solution à deux Etats prônée par les Nations Unies qu’entérinent les accords d’Oslo.

L’intervention du Qatar pour extraire les juifs du Yémen fait suite à l’échec des agents du Mossad chargés de cette mission. Ces derniers auraient été arrêtés par les autorités yéménites.

Le Qatar a certainement rendu d’autres services à Tel-Aviv, encore plus précieux que cette opération, pour mériter l’hommage qu’un ancien chef du Mossad, de 1989 à 1996, vient de lui rendre.

En effet, Shabtaï Shavit dont la principale préoccupation était de mettre fin « aux ambitions nucléaires iraniennes », poussant le gouvernement israélien à entreprendre rapidement des frappes contre Téhéran, ce qui n’est pas fait pour déplaire à Doha, a déclaré, samedi dernier au quotidien Yediot Aharonot, que « le Qatar a joué un rôle historique en faveur d’Israël, plus important que celui de Grande-Bretagne », ajoutant que « les services rendus par [ce dernier] à Israël [étaient] plus décisifs que les services [qui lui étaient] rendus pendant de longues années par d’autres pays. »

Pour lui, l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al-Thani, « s’est toujours rangé aux côtés des Etats-Unis et d’Israël dans les dossiers régionaux. » On peut, sans grand risque de se tromper, deviner à quels dossiers l’ancien chef du Mossad fait allusion, étant donné son obsession et celle du gouvernement israélien à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Sur ce dossier, comme sur ceux de l’Irak, de la Libye et de la Syrie, Doha a servi et sert encore, dans le cas de Damas, les intérêts américains et israéliens, prenant quasiment en otage l’opposition syrienne.

Depuis, au moins, 1994, le Qatar a commencé à normaliser ses relations avec Tel-Aviv, ouvrant, en 1996, une représentation commerciale israélienne à Doha, multipliant les rencontres avec les plus hauts dirigeants israéliens à Tel-Aviv ou dans la capitale de l’émirat. Préparant l’invasion de l’Irak en 2003, les Etats-Unis qui considèrent le Qatar comme leur possession y ont installé le Centcom (United States Central Command). Construites à Al-Obeid et Al Sayliyah, deux immenses bases militaires américaines ont servi aux opérations contre l’Afghanistan et l’Irak.

Selon WikiLeaks, l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani a confié, en février 2010, à John Kerry, alors sénateur démocrate, qu’on « ne [pouvait] plus blâmer les Israéliens de ne pas faire confiance aux Arabes, ils ont été tant trahis… ».

Dans la même conversation avec l’actuel secrétaire d’Etat américain, l’émir du Qatar avait avancé l’idée, devant le blocage des négociations entre Tel-Aviv et Ramallah, d’engager des pourparlers avec Bachar al Assad par l’intermédiaire de son ami de l’époque Recep Tayyip Erdogan, poussant les Américains à se rendre à Damas pour convaincre les autorités syriennes de la nécessité d’une telle démarche.

Le rapprochement entre Israël, les Etats-Unis et la Syrie isolerait, d’après l’analyse de Hamad Ben Khalifa Al-Thani, cette dernière de son allié iranien. « Elle ne pourrait aller nulle part », avait-il estimé, trois mois à peine avant qu’Israël n’attaque la flottille Marvi Marmara, faisant neuf morts parmi les passagers turcs.

Les donnes stratégiques ayant changé depuis que la Syrie est en guerre intra syrienne, le Qatar a changé de fusil d’épaule, encourageant une intervention militaire étrangère dans ce pays comme il l’avait fait pour la Libye.

Brahim Younessi