Alors que le ministère de l’Éducation nationale vient de dévoiler un calendrier de fin d’année particulièrement resserré, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) exprime de vives inquiétudes. Entre réduction drastique du temps pédagogique et soupçons d’instrumentalisation politique, le parti d’opposition dénonce une dérive qui menace l’avenir des élèves.
Quelques jours seulement après la publication, le 18 mars dernier, du nouvel échéancier des examens par la tutelle, le Secrétariat national du RCD est monté au créneau. Dans son communiqué, le parti dénonce ce qu’il qualifie de « compression excessive » des programmes, résultant d’un calendrier qui réduit le troisième trimestre à une peau de chagrin.
Un trimestre réduit à vingt jours : « Une course contre la montre » selon le RCD
Le nœud du problème réside dans les dates arrêtées par le ministère. Avec des compositions du troisième trimestre unifiées pour les trois cycles (primaire, moyen et secondaire) dès le 10 mai 2026, le temps d’enseignement effectif se retrouve réduit à environ vingt jours seulement.
Pour le RCD, ce constat est sans appel : cette réduction, jugée sans précédent, transforme l’acte d’enseigner en une « course formelle contre la montre ». Le parti s’inquiète de voir le processus de construction des savoirs sacrifié sur l’autel de l’organisation matérielle des examens nationaux (BEM et Baccalauréat).
« Une telle réduction du temps pédagogique ne peut qu’avoir un impact négatif sur la qualité des apprentissages et compromettre le principe d’égalité des chances », souligne le communiqué du RCD.
L’école au cœur « d’agendas politiciens » ?
Au-delà de l’aspect purement technique, le RCD porte le débat sur le terrain politique. Le parti dénonce une école prise en otage par des « agendas idéologiques étroits » et des « calculs conjoncturels ». Pour l’opposition, l’institution républicaine ne doit en aucun cas devenir un « terrain d’expérimentation » ou un espace de « règlements de comptes ».
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Le communiqué pointe notamment le risque d’aggravation des disparités entre les établissements, certains disposant de moyens pour compenser la perte de temps pédagogique, tandis que d’autres s’enfoncent dans la précarité éducative.
Quelles sont les revendications du RCD ?
Face à ce qu’il qualifie de « dérive grave », le Secrétariat national du Rassemblement appelle à une refonte de la méthode de gouvernance du secteur :
- Réhabilitation du temps pédagogique : Considéré comme le garant indispensable de la qualité de l’enseignement.
- Dépolitisation de l’école : Le parti exige que l’institution soit préservée de toute forme de polarisation idéologique.
- Inclusion de la communauté éducative : Le RCD appelle à associer systématiquement les enseignants et les experts à l’élaboration des politiques.
- Priorité à l’élève : Placer l’intérêt de l’apprenant au cœur de chaque décision administrative.
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Pour rappel, le calendrier faisant l’objet de cette discorde prévoit :
- 3 au 5 mai 2026 : Évaluation des acquis (primaire).
- 10 au 14 mai 2026 : Compositions du 3e trimestre (tous cycles).
- 22 et 23 juin 2026 : Examens de rattrapage.
Alors que le ministère justifie ces ajustements par la nécessité de mobiliser le personnel pour les centres d’examen de juin, le RCD, lui, y voit une atteinte directe à la « crédibilité du parcours pédagogique » et, par extension, à l’avenir du pays. La fin d’année scolaire s’annonce, plus que jamais, sous haute tension.
