Un 3e mandat pour Bouteflika, un nouveau week-end et des équilibres politiques chamboulés

jeudi 31 décembre 2009 à 0:53
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Algerian President Abdelaziz Bouteflika waves to his supporters during his last election meeting on April 6, 2009 in Algiers. Bouteflika, who at 72 is seeking to retain the top job for another mandate, won office in 1999 and was re-elected in 2004 with 85 percent of the votes. The presidential elections are scheduled for April 9, 2009. AFP PHOTO / PASCAL GUYOTQue faut-il se rappeler de l’année 2009? L’événement le plus marquant de l’année? C’est la question posée aujourd’hui. Mais les réponses, nombreuses, ont accentué l’indécision en cette année riche en crises et en temps mort.

Si l’année 2009 qui tire à sa fin a été incontestablement marquée par la réélection de Bouteflika en avril dernier pour un troisième mandat consécutif, le reste est à mettre aux oubliettes tant elle se singularise par l’absence de faits politiques marquants. A ce titre, il est le seul président depuis l’indépendance du pays en 1962 à avoir réussi, grâce à une compétition électorale, à s’imposer à trois reprises à la magistrature suprême du pays.

Réélection de Bouteflika pour un 3e mandat
Le président Bouteflika a été encore une fois réélu à une écrasante majorité, obtenant un score de 90,24 % en 2009 après celles de 2004 et de 1999. La surprise est venue tout de même de Moussa Touati, le leader du FNA, inconnu au bataillon des politiciens, qui enregistre un score qui le place à la troisième position derrière Louisa Hanoune.

C’est ainsi qu’on peut définir la scène politique nationale durant les douze mois de l’année qui vont s’achever dans quelques jours. Même si la scène politique nationale a connu des événements d’une grande importance, nous n’avons rien de particulièrement significatif à mettre sous la dent.

L’événement majeur qu’a connu l’Algérie en 2009 reste donc l’élection présidentielle du mois d’avril dernier, favorisée il faut le dire, par la révision de la Constitution en novembre 2008.

Une fois élu et alors que tout le monde s’attendait à un éventuel remaniement ministériel, le président Bouteflika prend tout le monde à contre-pied et décide de maintenir le même staff gouvernemental, avec néanmoins des nouveautés puisque le poste de chef de gouvernement, qui a été introduit depuis une décennie, a disparu au profit d’un Premier ministre, comme le stipule la nouvelle Constitution, modifiée et adoptée par le Parlement.

Le président Bouteflika a reconduit, pratiquement, la même équipe, avec quelques légères modifications ministérielles. Il s’agit du ministre, le Dr Saïd Barkat, qui a troqué son poste de ministre de l’Agriculture contre celui de la Santé en remplacement d’Amar Tou, alors que ce dernier a été rappelé pour prendre en charge le secteur des transports.
La seule nouveauté lors de ce mini- remaniement, c’est l’arrivée au ministère des Postes et des Technologies d’Abdelhamid Bessalah, en remplacement de Boudjemaâ Haïchour. Ce dernier ainsi que le défunt Mohamed Maghlaoui ont été les seuls à avoir quitté le gouvernement Ouyahia III.

Scission au MSP
Entre Aboudjerra Soltani et son dauphin, Abdelmadjid Menasra, le courant ne passe plus. Fort du soutien de la famille de feu Mahfoud Nahnah, l’ancien ministre de l’Industrie veut déboulonner son rival du pouvoir et le pousse même à démissionner de son poste de ministre d’Etat sans portefeuille. En réaction à l’offensive de Menasra, le président du MSP, Aboudjerra Soltani, a trouvé la bonne astuce pour faire revenir les brebis égarées qui sont allées rejoindre son ennemi juré.

Il a créé une commission appelée Solh chargée de convaincre «individuellement» les éléments encore récalcitrants.
Le président du MSP a indiqué que le travail de cette commission s’achèvera le jour où elle fera le tour de tous les militants. Dix-sept députés sur les 52 que compte le MSP ont rejoint le MPC d’Abdelmadjid Menasra. Quarante responsables et militants ont été définitivement radiés des rangs du parti de Soltani.

Adoption du nouveau week-end
Le Conseil des ministres a décidé de faire du vendredi et du samedi des jours de congé hebdomadaire au lieu des désormais jeudi et vendredi. La controverse date de 1975 et ne s’est jamais estompée.
Le gouvernement décide de couper la poire en deux pour ne pas fâcher les islamistes qui ont rué dans les brancards. Cette mesure a pris effet à partir du 14 août dernier. Ainsi en a décidé le Conseil des ministres qui fait observer qu’un texte réglementaire en précisera les modalités. Le communiqué du Conseil des ministres a expliqué que la décision a été prise sur la base du constat que des secteurs d’activité en contact direct avec la population (banques, communes, postes) et de plus en plus d’entreprises économiques privées ou mixtes organisent le repos hebdomadaire de leurs personnels les journées de vendredi et samedi.

La tripartite
En plus de l’augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG), qui passe désormais de 12 000 à 15 000 dinars, les travailleurs de la fonction publique et du secteur économique privé bénéficieront également d’une nouvelle hausse des salaires dès l’année prochaine. Dans le secteur économique, cette hausse est conditionnée par la finalisation des conventions de branches, ce qui permettra d’actualiser les indemnités des travailleurs. Ce sont les principales conclusions de la tripartite (gouvernement-UGTA-patronat) tenue les 2 et 3 décembre à Djenane El-Mithak. La hausse du SNMG, applicable dès janvier 2010, touchera tous les retraités et fera profiter 70 % des travailleurs. Le ministre du Travail, Tayeb Louh, a expliqué quant à lui que les retraités touchant une pension de 10 000 dinars auront désormais 11 250 dinars. Le Premier ministre a affirmé que la masse salariale versée par l’Etat est de l’ordre de 1 314 milliards de dinars en 2009. Le Premier ministre a également souligné que la hausse du SNMG sera couverte par une enveloppe de 90 milliards de dinars

La querelle de famille
L’autre événement politique marquant l’année 2009 est l’alliance contre nature conclue tout récemment entre le RND et le PT. Le premier est d’essence ultra libérale tandis que le second est un parti qui surfe depuis sa naissance sur la vague du gauchisme pur et dur. Ni Ouyahia ni encore moins Louisa Hanoune n’ont réussi à convaincre le commun des mortels que cet accord politique négocié n’a pas un coût. Et ce coût, aucun des deux protagonistes n’envisage de le révéler au grand jour, à tel point qu’il a fâché le parti majoritaire, le FLN, qui l’assimile à un coup d’épée dans le dos porté par son rival le RND.

Le poste de sénateur se monnaie en argent comptant
Enfin, la fin de l’année sera marquée par le renouvellement partiel du Conseil de la nation, qui a eu lieu mardi 29 décembre. Les partis politiques qui s’adonnent au jeu des alliances ont littéralement biaisé la lisibilité du climat politique. Les uns ne songent qu’à préserver leur place tandis que d’autres tentent de renforcer leur poids au sein de la chambre haute du Parlement. Des soutiens sont achetés à coup de millions. Cette pratique mercantile a déjà fait son apparition lors de la dernière élection au Sénat. Mais la pratique était alors circonscrite à quelques wilayas. Cette année, elle s’est généralisée presqu’à l’ensemble du territoire national.

Mahmoud Tadjer

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