Tunisie : pourquoi le flux de voyageurs s’est-il brutalement effondré ?

Tunisie : pourquoi le flux de voyageurs s’est-il brutalement effondré ?
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Depuis l’entrée en vigueur de la note du régulateur financier encadrant l’allocation touristique, une baisse spectaculaire du trafic est observée aux postes-frontières d’Oum Teboul et d’El Ayoun. En cause : la fin du versement en espèces et de nouvelles exigences de bancarisation.

D’ordinaire noirs de monde durant les vacances d’hiver et les fêtes de fin d’année, les points de passage frontaliers de la wilaya d’El Tarf affichent aujourd’hui un calme plat. Les interminables files d’attente de véhicules et de bus ont laissé place à des routes fluides.

Ce changement radical fait suite à la récente directive de la Banque d’Algérie, qui redéfinit les modalités d’octroi de l’allocation touristique pour les résidents voyageant à l’étranger, dans le but de mieux réguler les flux de devises.

Dans une note adressée aux établissements bancaires le 16 décembre dernier, la Banque d’Algérie rappelle la nature « strictement personnelle » de ce droit de change. L’instruction est claire :

« Le règlement de la contrevaleur en dinars du droit de change doit être effectué exclusivement par le bénéficiaire lui-même ou toutes autres personnes qui lui sont apparentées. »

Cette mesure vise directement à éradiquer le phénomène de « collecte » de passeports et le trafic de devises qui parasitait le circuit officiel. En imposant une traçabilité bancaire stricte, l’accès à la devise est devenu un parcours administratif que beaucoup de citoyens n’ont pas encore intégré ou ne peuvent satisfaire dans l’immédiat.

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Le nombre de voyageurs ne dépasse plus les 2 500 personnes par jour. Un chiffre dérisoire comparé aux mois précédents, où l’on enregistrait des flux massifs. L’absence quasi totale des bus de transport de voyageurs témoigne de l’impact immédiat de la mesure : les banques ayant cessé de délivrer l’allocation touristique en espèces (cash).

Frontière algéro-tunisienne : La nouvelle gestion de l’allocation touristique freine l’afflux des voyageurs

Dans une note adressée aux établissements bancaires le 16 décembre dernier, la Banque d’Algérie rappelle la nature « strictement personnelle » de ce droit de change. L’instruction est claire :

« Le règlement de la contrevaleur en dinars du droit de change doit être effectué exclusivement par le bénéficiaire lui-même ou toutes autres personnes qui lui sont apparentées. »

L’application de cette directive a déplacé la pression des guichets vers les services de gestion de comptes. Les agences bancaires locales font état de dizaines de demandes quotidiennes d’ouverture de comptes devises, nécessaires désormais pour percevoir son allocation.

Toutefois, ces demandes restent en suspens. Les banques coordonnent actuellement avec la Banque Centrale pour ajuster les procédures aux exigences de la lutte contre le blanchiment d’argent. Un aspect légal souvent ignoré par les citoyens, dont l’unique préoccupation est de se conformer au nouveau dispositif pour bénéficier de leur allocation touristique.

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De l’autre côté de la frontière, les répercussions sont déjà palpables. Le secteur des services en Tunisie subit de plein fouet cette baisse de fréquentation. Les prix des locations dans les hôtels et les résidences privées ont chuté de manière drastique depuis la mi-décembre.

Reste à savoir si ce recul n’est que passager, le temps pour les usagers de s’adapter aux nouveaux outils bancaires, ou s’il marque un tournant durable dans les habitudes de voyage des Algériens.