Le verdict est tombé. Trois jours après une séquence devenue virale illustrant l’inertie administrative en plein champ, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a tranché : le président de la Chambre agricole de la wilaya de Blida est démis de ses fonctions. Une sanction exemplaire qui sonne comme un avertissement pour toute la chaîne de commandement du secteur.
C’est une vidéo de quelques minutes qui a mis le feu aux poudres. On y voyait un ministre, entre exaspération et incrédulité, tenter de dénouer en direct le calvaire d’un agriculteur privé de sa carte professionnelle.
« Cette bureaucratie va nous rendre fous », lâchait alors Yacine Oualid, promettant que le document serait délivré dans la journée. L’échec de cette promesse, perçu comme une « honte » par le premier responsable du secteur, a finalement conduit à une décision radicale.
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L’incident, survenu lors d’une visite de terrain, a révélé un mal profond. Alors que le ministre ordonnait la régularisation immédiate du fellah pour lui permettre d’accéder aux dispositifs de soutien de l’État, il s’est heurté à une fin de non-recevoir de la part du responsable local.
« Tu ne l’auras pas aujourd’hui » : Le défi de trop
S’abritant derrière des « numéros requis » et des procédures centralisées, le président de la Chambre agricole aurait lancé de manière provocatrice au citoyen : « Tu ne l’auras pas aujourd’hui ». Une phrase de trop, prononcée sous les yeux du ministre, interprétée comme un acte de défiance caractérisé vis-à-vis des orientations gouvernementales.
Ce limogeage met en lumière le fossé qui sépare l’ambition politique et la réalité du guichet. D’un côté, le ministre dessine les contours d’une agriculture 2.0, de l’autre, un système de « verrous » administratifs capables de paralyser un producteur pour un simple formulaire.
En frappant fort à Blida, Yacine Oualid envoie un message clair : la modernisation technique du secteur ne pourra se faire sans une révolution des mentalités au sein de l’administration.
Pour les observateurs, cette décision marque la fin d’une certaine forme de tolérance. Le secteur agricole, érigé en priorité nationale pour garantir la sécurité alimentaire du pays, ne peut plus s’accommoder de lenteurs procédurales jugées « nuisibles ».
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Alors que l’Algérie ambitionne de devenir un exportateur de semences et de produits maraîchers, l’affaire de Blida restera comme le symbole d’une volonté politique décidée à briser les chaînes de la bureaucratie, fût-ce par la manière forte.
