Trois étudiants devant la justice pour avoir transformé leurs chambres en laboratoire de drogue

Trois étudiants devant la justice pour avoir transformé leurs chambres en laboratoire de drogue
Cour d’Alger

Trois étudiants universitaires devront comparaitre devant la Cour d’Alger. Ils sont accusés de cultiver un type de drogue rare, connu sous le nom de « champignon hallucinogène », pendant leur séjour à la cité universitaire Ouled Fayet 2. Présenté sous forme d’une plante ordinaire et peu suspecte, ce produit était soigneusement entretenu par les mis en cause depuis l’étape de la graine jusqu’à la récolte, avant d’être écoulé auprès de consommateurs contre des sommes importantes pouvant atteindre 3 millions de centimes, selon le poids.

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L’affaire est examinée ce mercredi par la cour criminelle d’appel près la Cour d’Alger. Les trois accusés, identifiés comme « H.A. Khalil », « B. Bilal » et « S.S. Abdelraouf », y comparaissent pour crime de culture de substances classées comme stupéfiants et délit de détention de drogues à des fins de commercialisation illégale.

Deux d’entre eux poursuivent un master 2 en éducation physique à l’École normale supérieure, et sont originaires de la wilaya de Guelma, tandis que le troisième, vétérinaire, est natif de Hadjout.

Les mis en cause ont été interpellés après avoir transformé leur chambre universitaire en véritable laboratoire et espace expérimental dédié à la culture de substances classées. L’enquête a été déclenchée suite à des informations parvenues à la police judiciaire faisant état d’une importation de drogue via voie postale.

Confessions et implications criminelles

L’affaire remonte au 14 avril 2024 lorsque le principal suspect, « H.A. Khalil », a été arrêté à proximité d’un bureau de poste à Ouled Fayet après avoir récupéré un colis suspect. La perquisition de sa chambre a permis la découverte de divers équipements et substances liés à la culture et à la consommation de stupéfiants.

Lors de son audition, l’accusé a reconnu être un consommateur régulier de drogues de différentes natures. Il a déclaré avoir fait la connaissance, en 2023, d’un certain « Bilal F. », vétérinaire réputé pour la commercialisation de kétamine et disposant d’une expérience en commerce électronique, lui permettant de se procurer ces substances via Internet. Il a également avoué avoir déjà vendu de la kétamine préparée par ce dernier, affirmant que la poudre blanche saisie lui appartenait et avait été commandée en ligne avec l’aide de ce complice.

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Concernant la culture des champignons hallucinogènes, il a précisé l’avoir entamée dès 2020 dans sa chambre universitaire, décrivant un procédé consistant à placer les graines dans des bocaux en verre stérilisés, à les laisser se développer pendant environ un mois, avant de les transférer dans un substrat adapté pour favoriser leur croissance, jusqu’à obtention d’un produit prêt à la consommation et à la vente.

L’accusé a ajouté qu’il revendait ces produits entre 1 et 3 millions de centimes selon leur poids. Il a également indiqué avoir fourni des graines à son coaccusé « S.S. Abdelraouf », auquel il a appris les techniques de culture, ce dernier ayant à son tour cultivé et écoulé la production au sein de la résidence.

De son côté, « S. Salah » a reconnu consommer ces substances et a confirmé les déclarations de son coaccusé, précisant qu’ils consommaient ensemble une partie de la récolte, le reste étant vendu à des individus non identifiés.

Utile de rappeler que cette affaire a été reprogrammée après l’appel des décisions rendues en première instance par le tribunal criminel de Dar El Beïda, qui avait condamné les accusés à sept années de réclusion criminelle.

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