“Trois Arabes en moins” : une vidéo raciste déclenche l’indignation, la justice française saisie

“Trois Arabes en moins” : une vidéo raciste déclenche l’indignation, la justice française saisie
Une vidéo montrant des propos racistes, dont “trois Arabes en moins”, déclenche l’indignation et une enquête judiciaire.

Une vidéo tournée à Guiche suscite l’indignation : on y voit deux individus, vêtus de polos de la gendarmerie, proférer des insultes racistes et effectuer un salut nazi. Face à la gravité des faits, le préfet a immédiatement saisi la procureure de Bayonne pour donner une suite judiciaire à cette affaire.

À Guiche, petit village des Pyrénées-Atlantiques, la célébration du match de rugby France-Angleterre a pris une tournure sordide. Organisée par le comité des fêtes le 14 mars 2026, cette soirée a été le théâtre de dérives graves, rompant brutalement avec l’ambiance initialement conviviale.

La scène, filmée lors du banquet, est d’abord restée confinée au cercle restreint d’une story Instagram privée. Elle a finalement éclaté au grand jour le 18 mars, relayée sur Facebook par le collectif Ipeh Antifaxista.

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La justice saisie après des propos racistes à Guiche

Le mouvement basque, qui dit avoir identifié les deux individus, justifie cette publication par la volonté de dénoncer des « saluts nazis de comptoir » et des incitations à la haine raciale qu’il juge intolérables.

Sur les images diffusées, on distingue deux individus arborant des tenues de gendarmerie, probablement en guise de déguisement. L’échange verbal capturé est d’une violence extrême : alors que le premier affirme, en désignant son voisin, « Lui, c’est un monstre, il a attrapé trois bougnoules ce soir », ce dernier répond : « Trois Arabes en moins ! ». L’acte se termine par un salut nazi accompagné du cri : « Viva la France ! Heil, heil, heil ! ».

L’identification des personnes filmées fait l’objet de précisions contradictoires. Si le mouvement antifasciste désigne le premier homme comme un membre du comité des fêtes de Came, il présente le second comme un gendarme. Une version démentie pour l’heure par la gendarmerie départementale : ses enquêtes internes établissent que cette personne « n’est pas un militaire d’active de la gendarmerie nationale ».

La justice saisie

Dans un communiqué diffusé samedi 21 mars sur X, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Marie Girier, a annoncé avoir saisi la procureure de Bayonne. Cette démarche s’appuie sur l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à tout agent public de signaler à la justice tout crime ou délit dont il a connaissance dans l’exercice de ses fonctions.

Le représentant de l’État précise que ces actes sont « susceptibles de constituer des infractions pénales, notamment au regard des dispositions relatives à la provocation à la haine ou à la discrimination« . À la suite de ce signalement, le parquet de Bayonne a immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête.

Face à l’indignation soulevée par la vidéo, les organisateurs ont dû s’expliquer. Directement sur le réseau social, le comité des fêtes de Guiche a tenu à « rappeler son attachement aux valeurs de respect, de convivialité et de partage ». L’organisation souligne que « les propos tels que ceux qui ont été évoqués ne correspondent pas à ces valeurs » et insiste sur le fait que « ce type de comportement n’a pas sa place, quelles que soient les circonstances ».

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