100 000 dollars pour travailler aux États-Unis : Trump reconduit une mesure controversée

Malgré l’annulation par la justice fédérale d’une taxe jugée illégale, la Maison-Blanche renouvelle son décret présidentiel et maintient les controversés frais d’entrée de 100 000 dollars. Cette mesure, instaurée en septembre 2025 pour restreindre l’accès au marché du travail américain, fait à nouveau trembler le secteur technologique et les candidats à l’expatriation.
En pratique, ce surcoût financier a fonctionné comme un blocus quasi total sur l’embauche de nouveaux talents étrangers. Au cours de l’année écoulée, un peu plus de 700 paiements seulement ont été enregistrés par les entreprises. Ce chiffre dérisoire invalide l’argument phare du gouvernement américain, qui affirmait dans un projet de réglementation parallèle qu’une taxe similaire de 103 265 dollars rapporterait 8,8 milliards de dollars sans dissuader les recruteurs.
Parallèlement, la Maison-Blanche a édicté un décret ordonnant aux Départements d’État, du Travail et de la Sécurité intérieure d’intensifier le contrôle de l’ensemble des dossiers H-1B. Les autorités fédérales devront désormais collaborer avec d’autres agences économiques et examiner prioritairement si les entreprises partenaires ont effectué ou prévoient des licenciements de travailleurs américains occupant des postes similaires.
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L’administration Trump durcit sa guerre contre la Tech et l’immigration qualifiée
Ces barrières visent un pilier central de l’économie technologique américaine. Les visas H-1B constituent en effet la principale voie d’accès au marché du travail pour les diplômés internationaux hautement qualifiés, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle où les étudiants étrangers représentent 75 % à 80 % des effectifs de Master et Doctorat dans les universités des États-Unis.
Cette stratégie s’inscrit dans un plan plus large visant à restreindre l’immigration qualifiée sous toutes ses formes. L’administration prépare en effet une batterie de réformes restrictives, allant de la hausse des exigences salariales minimales à la suppression du permis de travail pour les conjoints, en passant par la fin du délai de grâce de 60 jours en cas de perte d’emploi et le durcissement des règles sur les visas étudiants.
Sur le plan juridique, la reconduction de la taxe de 100 000 dollars fragilise la position de l’administration face aux tribunaux. Alors que la cour d’appel étudie le dossier, les avocats gouvernementaux devront justifier comment une mesure conçue explicitement pour stopper l’immigration peut être simultanément présentée par le Département de la Sécurité intérieure comme un simple dispositif d’autofinancement des services fédéraux.
Renouvellements bloqués et refus en hausse
De son côté, le décret présidentiel soulevait de vives réserves juridiques quant à son application aux renouvellements de visas déjà accordés. Selon plusieurs experts en droit de l’immigration, l’autorité invoquée par le texte concerne uniquement le contrôle aux frontières et ne saurait légalement autoriser l’administration à modifier les conditions d’extension de statut pour les professionnels déjà installés sur le sol américain.
En outre, imposer des critères liés aux licenciements à l’ensemble des entreprises franchit une limite légale fixée par le Congrès. La loi fédérale réserve strictement ces contraintes de recrutement aux seuls employeurs « dépendants du H-1B » (comprenant plus de 15 % de travailleurs sous ce statut). Sanctionner une entreprise ordinaire pour des suppressions de postes risquerait donc d’être jugé illégal.
Malgré ces fragilités juridiques, ce double signal marque un retour brutal aux méthodes du premier mandat de Donald Trump. En incitant les agences d’immigration à considérer tout licenciement récent comme une preuve de disponibilité de la main-d’œuvre locale, le gouvernement prépare le terrain à une explosion des demandes de preuves supplémentaires (RFE) et des taux de refus systématiquement en hausse.
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