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France : un nouveau décret facilite l’emploi des étrangers, les Algériens concernés ?

France : un nouveau décret facilite l’emploi des étrangers, les Algériens concernés ?
Un nouveau décret entré en vigueur le 30 octobre assouplit plusieurs règles sur l'emploi des étrangers en France. Mais les travailleurs algériens bénéficient-ils aussi de ces changements ?

Procédures accélérées, règles du chômage assouplies et démarches simplifiées pour les talents internationaux : depuis le 30 octobre 2026, un nouveau décret bouscule l’emploi des ressortissants étrangers en France. Qui est réellement impacté par ces changements ? Quelles sont les nouvelles opportunités pour les professionnels qualifiés ?

Publié au Journal officiel le 29 octobre, le décret du 26 octobre 2026 modifie en profondeur plusieurs règles du Code du travail et du droit des étrangers (CESEDA). Un changement passé sous les radars qui touche pourtant directement des milliers de travailleurs.

Ce texte adapte le droit français à deux directives européennes majeures sur le permis unique et la « carte bleue européenne ». Il renforce les garanties de plusieurs catégories de salariés, tout en conservant des distinctions selon la nationalité et le statut des étrangers résidant en France.

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Titres de séjour : des demandes traitées en 90 jours maximum

Le traitement des titres de séjour s’accélère. C’est l’un des changements majeurs : dès la remise d’un dossier complet, l’administration dispose désormais de 90 jours (contre quatre mois auparavant) pour rendre sa décision.

En cas de dossier complexe, la préfecture dispose de 30 jours supplémentaires, à condition d’en informer le demandeur. Une fois le délai des 90 jours écoulé, le silence de l’administration vaut rejet implicite. L’avantage principal ? Les usagers obtiennent leur réponse plus vite et peuvent engager un recours conteste plus tôt en cas de décision négative silencieuse.

Cette règle comporte toutefois des exceptions. Certains titres de séjour conservent des délais d’instruction spécifiques, en particulier ceux liés à la mobilité au sein de l’Union européenne ou à des statuts professionnels particuliers.

Une nouvelle protection pour les travailleurs temporaires au chômage

Bonne nouvelle pour les titulaires d’une carte « travailleur temporaire » : le texte renforce leur protection en cas de perte d’emploi. Dorénavant, ce titre de séjour ne pourra plus leur être retiré si leur période de chômage involontaire ne dépasse pas un total de trois mois sur toute la durée de validité de la carte.

Par ailleurs, le salarié qui retrouve un travail dans ce délai peut continuer de séjourner légalement sur le territoire le temps que les autorités instruisent sa nouvelle demande d’autorisation d’embauche.

Cette période de protection peut être prolongée de trois mois supplémentaires si le salarié a été victime de situations graves de la part de son employeur (traite des êtres humains, travail forcé, salaires indécemment bas ou conditions d’hébergement indignes).

Changement d’employeur : des démarches désormais plus sécurisées

Le décret assouplit la mobilité dès le premier renouvellement de l’autorisation de travail : le risque de refus administratif en cas de rupture de contrat ne couvre plus une période d’un an, mais est désormais limité aux six premiers mois suivant l’embauche.

Deux exceptions majeures viennent protéger les salariés. Ce motif de refus tombe automatiquement si la fin du contrat fait suite à une perte d’emploi involontaire ou à des manquements graves de l’employeur à ses obligations professionnelles.

Si cette réforme réduit la dépendance vis-à-vis du premier employeur, elle n’en supprime pas pour autant les règles administratives. Selon le statut du salarié et le poste visé, l’obtention d’une nouvelle autorisation de travail reste obligatoire avant de changer d’entreprise.

De nouvelles règles pour la carte bleue européenne

Pour la carte « talent – carte bleue européenne », la durée du titre dépend du contrat : elle équivaut à celle de l’engagement s’il est de 2 ans au moins (dans la limite de 4 ans), ou à la durée du contrat prolongée de 3 mois s’il est plus court (dans la limite de 2 ans).

Le décret simplifie les parcours européens des talents : pour obtenir la Carte bleue française depuis un autre pays de l’UE, 12 mois de séjour suffisent (au lieu de 18), et ce délai tombe à 6 mois dès la deuxième mobilité.

Si un titre de séjour n’est pas renouvelé ou se voit retiré à cause d’une faute de l’entreprise, le salarié dispose de six mois pour retrouver un poste. Ce délai peut même être étendu pour s’aligner sur la fin de ses droits au chômage. Durant cette période, un document provisoire lui est délivré pour prouver la régularité de son séjour et continuer à travailler.

Le décret allège par ailleurs les formalités pour la famille des détenteurs de la Carte bleue européenne : après 5 ans de séjour dans l’UE (dont 2 en France), la carte « talent famille » est renouvelée de plein droit et sans la charge de fournir l’intégralité des pièces justificatives initiales.

Le décret introduit un seuil de rémunération minimale — basé sur un arrêté à venir et distinct des autres dispositifs — pour les cartes « salarié détaché ICT », « stagiaire ICT » et leurs déclinaisons mobiles, afin de réserver ces mobilités intra-groupe aux cadres, experts et collaborateurs hautement qualifiés.

Ce que change le décret pour les Algériens : une application non systématique

Attention, le décret ne s’applique pas de la même manière aux Algériens. Pour les ressortissants algériens résidant ou souhaitant travailler en France, la prudence est de mise : l’accès au séjour et l’exercice d’une activité professionnelle relèvent avant tout de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le Conseil d’État rappelle régulièrement que ce cadre bilatéral régit de façon exhaustive leurs conditions d’entrée, de séjour et de travail.

Contrairement aux ressortissants d’autres pays, un travailleur algérien salarié se voit délivrer un certificat de résidence d’un an, et non une carte de séjour de droit commun modifiée par ce décret. Ce document est renouvelable et lui confère en principe le droit d’exercer n’importe quelle profession sur l’ensemble du territoire français.

Ces aménagements relatifs aux cartes « travailleur temporaire », « carte bleue européenne » ou « ICT » ne transposent pas leurs effets de manière automatique aux ressortissants algériens régis par le certificat de résidence.

Des zones d’intersection à analyser au cas par cas : Si l’accord bilatéral prime, certaines règles de procédure s’appliquent en l’absence de dispositions spécifiques. La portée concrète du nouveau délai de 90 jours ou des conditions de renouvellement doit ainsi être évaluée au cas par cas, selon la situation du demandeur et le type de titre sollicité.

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RA

Rima Aissanou

Rima Aissanou - Journaliste – Diaspora, tourisme et voyages

Rima Aissanou est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les thématiques liées à la diaspora algérienne, au tourisme et aux voyages.

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