Travail des enfants durant la saison estivale, Les petits jobs des grandes vacances

Travail des enfants durant la saison estivale, Les petits jobs des grandes vacances
travail-des-enfants-durant-la-saison-estivale-les-petits-jobs-des-grandes-vacances.jpg

Les enfants dans ce cas s’exposent quotidiennement aux différents états d’âme et gagnent leur journée avec les moyens du bord. Une situation qui nécessite l’intervention des structures concernées.

L’été qui coïncide avec les vacances scolaires offre à certains enfants, en phase de scolarisation, une période pour faire des petits métiers. L’eau, les beignets ou la figue de barbarie en relation directe avec l’été, s’achètent comme des petits pains pendant les grandes chaleurs. Un travail occasionnel pour des métiers saisonniers. Les enfants, dans ce cas, s’exposent quotidiennement aux différents états d’âme et gagnent leur journée avec les moyens du bord. Une situation qui nécessite l’intervention des structures concernées.



Les vacances estivales ne sont pas obligatoirement synonyme de repos et de détente pour les enfants en âge de scolarisation. Des jeunes ayant juste terminé leur année scolaire ont vite jeté leurs cahiers et stylos pour retrousser les manches. Motivés notamment par leurs parents, suivant le proverbe qui dit que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Des familles à faible revenu font face à des situations financières difficiles. Et pour rattraper le déficit, envoient dans les rues leurs enfants pour gagner de l’argent. Ces derniers mettent vite le cap sur le travail pour aider leurs parents et pour laisser une partie de ce qu’ils gagnent pour la prochaine rentrée scolaire.

Une option qui supprime toute occasion de relaxation et de repos au profit d’un pénible travail, supprimant ainsi la détente de leur programme annuel. Nous nous sommes rapprochés de ces personnes en quête d’un supplément à leurs bourses pour supporter la cherté de la vie. Pour ce faire, des métiers qui reviennent uniquement durant la saison des grandes chaleurs.

Parmi ces derniers, la vente ambulante dans les espaces publics, cette activité qui inclut plusieurs possibilités temporaires et relatives à la saison. La vente de l’eau en bouteille, les beignets, ou même la figue de barbarie (le fruit saisonnier) surgissent durant ces jours. Du mois de mai au mois de septembre, les enfants se livrent à ces petits métiers. Les abribus, les stations de métro ou de tramway sont investis par des marchands de l’eau.

Ils sont repérables par le port de fardeaux de petites bouteilles d’au fraîche très demandées durant les grandes chaleurs. Il suffit de faire un saut au niveau des plages pour constater le nombre important d’enfants qui les parcourent. Leur but n’est pas de tremper leurs pieds dans l’eau de la grande bleue et profiter de toute sa fraîcheur, mais pour vendre des beignets aux estivants. Au prix de 40 dinars, le jeune vendeur subit de temps à autre l’abus de certains clients.

A chaque saison estivale, la figue de barbarie, connue sous le nom de «hendi», est vendue sur des caisses en bois posées sur des charrettes.

Mise à part la saveur du fruit bien épluché, ces enfants se retrouvent avec les mains pleines d’épines. Nous nous sommes rapprochés de ces enfants dans le but de connaître leurs réelles motivations, commençant par subir le soleil brûlant. Amine, un marchand d’eau de 8 ans : «Je n’ai pas choisi ce métier par ce que je l’aime mais par ce que j’ai besoin d’argent, et au lieu de demander je préfère travailler», a-t-il répondu à notre question.

Et à notre question sur les vacances scolaires et le repos : «Je travaille quand je peux, n’empêche que de temps en temps je pars à la plage en compagnie de mes amis», a-t-il ajouté. Pour une bouteille à 30 DA, il est obligé de faire plusieurs points de vente, particulièrement les bus des voyageurs.

Il suffit juste que la température monte, pour que ces jeunes gens se mettent au boulot. L’assoiffé est un client potentiel, qui mord vite à l’hameçon lorsqu’il aperçoit la fraîcheur de la bouteille, pour un prix marginalement plus élevé.

Ces vendeurs exercent ces métiers occasionnels dans des conditions pour le moins que l’on puisse dire déplorables, contrairement à la situation de cette activité dans des pays connus pour leur respect des conditions de travail où les marchands d’eau sont des travailleurs intérimaires.

Employés par les sociétés, ils bénéficient d’un statut juridique fixe. Chez nous, la situation requiert l’intervention des autorités pour mettre fin au travail des enfants qui seront les hommes de demain.

M. M.