La campagne des élections locales qui est à quelques jours de sa fin se fait sur fond de tensions sociales qui persistent dans plusieurs secteurs.
Au moment où la campagne électorale tente tant bien que mal d’attirer l’attention des Algériens à des programmes qui promettent tous d’améliorer le quotidien, plusieurs organisations syndicales observent des mouvements de protestations dans plusieurs secteurs.
Outre les travailleurs de l’Entreprise des transports urbains et suburbains (Etusa) qui sont en grève depuis plus d’une semaine, les protestations anti-chômage qui sont observées notamment dans plusieurs wilayas du Sud, ce sont les robes noires qui rejoignent les rangs des protestataires qui comptent boycotter l’ouverture de l’année judiciaire.
A commencer, donc, par la pression exercée par des milliers d’employés de l’Etusa qui ont repris la contestation pour inviter leur direction à répondre favorablement et concrètement à leur plate-forme de revendications. Si le DG de l’Etusa a déclaré que «toutes les doléanles porte-paroles des travailleurs de cette entreprise exigent toujours des décisions de réintégration des travailleurs licenciés abusivement ainsi que la confirmation des contractuels. Outre la dégradation des conditions de travail pour les employés de l’Etusa, ce mouvement pointe du doigt une gestion anarchique et injuste. Favoritisme, corruption, violation des lois de travail sont, entre autres, les raisons présentées comme prétextes de protestation.
Bien que la justice juge la grève des travailleurs d’ «illégale» et malgré la déclaration de DG de l’entreprise qui fait savoir que toutes les préoccupations exprimées sont prises en charge, le mouvement de protestation se poursuit et la fin de la colère des grévistes «est tributaire, notamment, de la réintégration effective des licenciés». La justice se met, par ailleurs, à l’heure de la protesta et ce sont, cette fois, les avocats qui montent au créneau pour améliorer leurs conditions de travail. Loin d’être à leur première, les robes noires comptent exprimer leur malaise en boycottant l’ouverture de l’année judicaire prévue pour le 3 décembre prochain. La décision de cette action a été prise à l’issue d’une assemblée générale de l’Union nationale des barreaux d’Algérie (Unba).
Outre le boycott de l’ouverture de l’année judicaire, les avocats annoncent une grève d’une semaine à partir de 2 décembre prochain en vue de rejeter le projet de loi modelant leur profession qu’ils trouvent «entravant pour les libertés et les droits de la défense». En termes de revendications, les robes noires demandent, alors «la modification du projet de loi régissant la profession d’avocat, la révision du Code de procédure administrative avec la collaboration des représentants de la défense et de la baisse de la TVA jusqu’à 5% avec la proposition d’un impôt à la source. La création d’une Mutuelle des avocats, la limitation du conseil juridique aux cabinets d’avocats ainsi que la garantie de l’implication active des avocats dans l’élaboration des textes de loi qui touchent les droits de l’homme….» Le secteur de travail est lui aussi concerné par la colère des chômeurs qui réclament leurs droits au travail dans plusieurs régions.
Outre les sans emplois de la wilaya de Ouargla qui se sont exprimés, la semaine dernière, à travers un rassemblement à l’occasion d’une visite de travail effectuée par le Premier ministre, ce sont les chômeurs de Laghouat qui ont protesté avant-hier devant l’Agence de l’emploi de ladite wilaya contre la crise de chômage et contre le favoritisme dans le recrutement utilisé dans plusieurs entreprises publiques à l’exemple de Sonatrach. De leur côté, «les gardes communaux ne décolèrent pas et comptent saisir les instances internationale pour dénoncer la législation du code du travail dont sont victimes les gardes communaux».
L’enseignement supérieur connaît lui aussi un mouvement de grève entamé depuis le 1er octobre dernier par les enseignants de l’Ecole nationale supérieure d’agronomie (Ensa). Ces enseignants exigent la réintégration de leur collègue licencié abusivement.
Yasmine Ayadi
