250 milliards de biens saisis : coup de filet contre un réseau transfrontalier

Près de deux millions de capsules de prégabaline planquées dans des bouteilles d’oxygène médical, 636 motocyclettes alignées dans des dépôts et plus de six milliards de centimes en liquide : la sûreté de wilaya d’Alger vient de clore l’un des dossiers les plus lourds de l’année. Au total, les biens récupérés représentent une valeur marchande avoisinant les 250 milliards de centimes.
La police a interpellé onze personnes dans cette affaire. Parmi lesquelles une femme et un ressortissant d’un pays africain. L’enquête, menée pendant plus de quatre mois par les services opérationnels de la police judiciaire algéroise, visait une organisation structurée dont les activités dépassaient largement les frontières nationales.
Un trafic de prégabaline camouflé dans du matériel médical
Le mode opératoire a de quoi surprendre. Les trafiquants remplissaient des bouteilles normalement destinées à l’oxygène médical pour y dissimuler leur marchandise. C’est dans un entrepôt situé à la périphérie de la capitale que les policiers ont mis la main sur ce stock, soit près de 2 millions de capsules de prégabaline prêtes à être écoulées.
Les convois partaient d’une wilaya du Sud-Est du pays pour rejoindre Alger. Les enquêteurs ont suivi cette route pendant des semaines avant de refermer le piège. La capitale reste la cible privilégiée de ces filières, comme l’avait déjà montré le démantèlement d’un réseau de psychotropes aux ramifications transnationales au mois d’août dernier.
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Des concessionnaires de motos utilisés comme façade de blanchiment
L’autre volet du dossier concerne le recyclage de l’argent sale. Les membres du réseau avaient monté des agences de vente de véhicules et de deux-roues pour donner une apparence légale à leurs revenus. Cette couverture commerciale leur permettait d’absorber des sommes considérables sans éveiller les soupçons.
Les perquisitions menées à Ouargla, Touggourt et Alger ont permis de récupérer 636 motocyclettes ainsi que 16 véhicules utilitaires et de tourisme de gabarits variés. S’y ajoutent une somme de 6 milliards et 180 millions de centimes en espèces, ainsi qu’un fusil de calibre 12 millimètres.
L’usage de sociétés écrans dans le secteur automobile revient régulièrement dans les procédures judiciaires algériennes. Un autre dossier, celui d’un réseau d’escroquerie automobile mêlant liasses truquées et faux acheteurs, avait déjà illustré la porosité de ce marché face aux capitaux d’origine douteuse.
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Les réseaux transfrontaliers dans le viseur des services de sécurité
Cette affaire s’ajoute à une série d’opérations de grande ampleur menées ces derniers mois dans la capitale. En août, une enquête lancée dès janvier 2026 avait abouti à des saisies dont la valeur marchande approchait les 1 000 milliards de centimes, confirmant l’échelle industrielle atteinte par certaines filières.
La présence d’un étranger parmi les personnes arrêtées renforce la dimension internationale du dossier. Un schéma comparable avait été observé lors de l’interpellation de 39 suspects dans une filière d’exportation illicite de métaux précieux et de devises, en juillet dernier. Les organisations criminelles s’appuient désormais sur des relais répartis entre plusieurs pays.
Sur le plan judiciaire, la fermeté est devenue la règle. Des peines allant jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité ont été prononcées contre des trafiquants poursuivis pour des faits similaires. Les mis en cause de cette nouvelle affaire devront répondre de trafic de psychotropes, de contrebande et de blanchiment d’argent.
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