Trafic d’or vers Istanbul : 10 lingots dissimulé dans une zone intime d’un passager

Le détecteur de métaux n’a pas cessé de sonner, même une fois toutes ses affaires posées sur le tapis du contrôle. Ce matin-là, à l’aéroport international Houari Boumediene, un voyageur de 42 ans s’apprêtait à embarquer vers Istanbul. Quelques heures plus tard, les médecins de l’hôpital Mustapha Pacha extrayaient de son corps dix lingots d’or d’un poids total de 1 126,06 grammes. Une affaire de trafic d’or qui illustre l’ingéniosité désespérée des passeurs sur la ligne Alger-Turquie, a-t-on appris du média Ennahar.
Le portique de l’aéroport d’Alger trahit le passager
Les faits remontent au 16 mars 2026, aux alentours de neuf heures. Le prévenu, domicilié dans le quartier de la Casbah à Bab El Oued, franchit la zone de filtrage réservée aux départs internationaux. Malgré le retrait de ses effets personnels, l’appareil continue de signaler une masse métallique.
Interrogé par les agents de la police aux frontières, l’homme nie détenir le moindre objet en métal. Il évoque uniquement une attelle médicale fixée au niveau de son genou droit. Une explication qui ne convainc personne. Les policiers décident alors de l’orienter vers une fouille approfondie, procédure classique lorsqu’un doute persiste après plusieurs passages sous le portique.
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Dix lingots d’or extraits à l’hôpital Mustapha Pacha
Muni d’une réquisition judiciaire, le voyageur est conduit au CHU Mustapha Pacha pour un examen médical. Le résultat dépasse les soupçons initiaux. Deux paquets enveloppés dans du plastique, contenant chacun cinq barres de métal jaune de tailles et de poids variables, avaient été introduits dans une partie intime de son corps.
La pesée officialise le butin : 1 126,06 grammes, soit un peu plus d’un kilo. Un mode de dissimulation rarement observé pour ce type de marchandise, habituellement transportée dans des doublures de valise ou des ceintures artisanales. En septembre dernier, sept kilos de lingots avaient été interceptés à l’aéroport d’Oran sur un passager visant lui aussi la métropole turque.
Placé en détention provisoire le temps de l’enquête, le prévenu devra s’expliquer la semaine prochaine devant le juge correctionnel de Dar El Beïda. Deux qualifications pèsent sur lui. La première relève de la contrebande de métaux précieux. La seconde concerne l’infraction à la législation régissant les mouvements de capitaux depuis et vers l’étranger.
L’axe Alger-Istanbul sous haute surveillance policière
La destination turque revient avec insistance dans les procédures instruites ces derniers mois. Istanbul reste une plaque tournante pour l’achat et la revente de métaux précieux, ce qui attire les candidats à l’exportation clandestine de l’or algérien. Les services de sécurité aéroportuaires ont visiblement resserré leur dispositif.
La rigueur judiciaire s’est également durcie. En septembre, deux policiers en fonction à l’aérogare ont été condamnés à dix ans de prison ferme pour leur rôle dans un réseau structuré. Les amendes prononcées atteignaient cinq millions de dinars, avec une réparation versée au Trésor public.
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