6,6 M€ de stupéfiants destinés à l’Algérie interceptés : les dessous d’un trafic entre 2 pays européens

La brigade des stupéfiants a mis hors d’état de nuire un réseau de contrebande entre les Pays-Bas et l’Île-de-France. Lors de cette descente, un livreur a été intercepté sur l’autoroute A6 en possession d’un butin record de 6 millions d’euros en cachets d’ecstasy, une cargaison de synthèse qui visait le marché algérien.
Selon Le Parisien, deux hommes et une femme ont été mis en examen fin septembre à Paris pour trafic, importation de drogues et association de malfaiteurs. Entre 2025 et septembre 2026, l’organisation est soupçonnée d’avoir orchestré un vaste trafic de cocaïne et d’ecstasy entre les Pays-Bas et l’Île-de-France.
L’affaire débute en octobre 2025, lorsque la brigade des stupéfiants intercepte un premier tuyau. Les enquêteurs mettent à jour une centrale d’appels baptisée ironiquement « La Reine des neiges ». Opérant en toute discrétion via des applications de messagerie cryptée, ce réseau orchestrait la livraison de cocaïne sur simple commande, à Paris comme dans l’ensemble de l’Île-de-France.
Le tarif était fixe : 140 euros les deux grammes minimum par livraison. Pour faire tomber le réseau, les policiers de la PJ ont déployé un lourd dispositif de surveillances physiques et d’écoutes techniques, des investigations au long cours qui ont fini par payer.
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Un responsable dans l’industrie cinématographique
Localisé à Nanterre, le livreur clé du réseau, Terence, agissait en cheville avec Mohamed, un professionnel du cinéma domicilié à Épinay-sur-Seine. Les surveillances policières ont rapidement mis en lumière le rôle central de ce dernier : à la manière d’un régisseur ou d’un manager de studio, il coordonnait toute la logistique en coulisses — gestion des appels, préparation des doses et distribution des itinéraires aux livreurs.
Le 10 février 2026 marque le coup d’arrêt pour le duo. Intercepté en pleine voie publique à Issy-les-Moulineaux, Terence portait sur lui 96 g de poudre conditionnée, soit l’équivalent de 6 500 euros de valeur marchande. La suite des opérations conduit la PJ rue Taine, dans le XIIᵉ arrondissement : la fouille d’une cave servant de cachette débusque 260 g de produit ainsi qu’une panoplie de contre-espionnage, incluant un détecteur de puces GPS et de faux disques durs conçus pour dissimuler la drogue lors des livraisons.
Simultanément, le second coup de filet vise Mohamed à son domicile d’Épinay. Sur place, les enquêteurs découvrent le véritable magot : 36 470 euros en liquide, accompagnés de nombreux vêtements et pièces de maroquinerie de luxe. Mais la perquisition prend une tout autre tournure avec la découverte de 13,4 kg de cocaïne, conditionnés en pains et en ovules, ainsi qu’un véritable arsenal de guerre comprenant un fusil d’assaut Colt M4 et plus de 200 munitions.
Derrière les barreaux, le chef présumé tire toujours les ficelles
Les investigations se poursuivent et finissent par remonter jusqu’au sommet de la pyramide. Les enquêteurs découvrent que le patron de cette « entreprise » criminelle pilotait son trafic directement depuis sa cellule de la maison d’arrêt de Meaux (Seine-et-Marne), épaulé par des complices actifs en Île-de-France et dans la région de Nîmes. Grâce à des surveillances poussées, la police met au jour le mode opératoire du gang : des voyages réguliers aux Pays-Bas pour s’approvisionner en stupéfiants avant de les écouler dans tout l’Hexagone.
Pour acheminer la marchandise, l’organisation s’appuyait sur une flotte de voitures hautement aménagées, dotées de caches hermétiques déclenchées par un système électromagnétique. Une nouvelle planque est rapidement localisée près d’un point de deal à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Mais en septembre, l’enquête prend une tournure internationale : la police apprend qu’un livreur doit convoyer une importante cargaison vers le sud du pays, direction le ferry pour l’Algérie.
Intercepté en pleine course sur l’autoroute A6, le livreur est stoppé au volant de son véhicule. La fouille révèle une cargaison impressionnante : 145 kg de drogues de synthèse dissimulés dans de multiples caches aménagées, représentant une valeur marchande vertigineuse de 6,6 millions d’euros. Le coup de filet ne s’arrête pas là : quelques heures plus tard, les policiers cueillent la « nourrice » à la sortie de son centre de semi-liberté, puis la compagne du cerveau du réseau directement à son domicile.
Les perquisitions menées dans la foulée se sont avérées très fructueuses. Les policiers ont saisi 84 kg de cachets d’ecstasy de couleur bleue, près d’un kilo de résine de cannabis, 8 350 euros en cash, de quoi conditionner la marchandise, une machine à compter les billets et un brouilleur d’ondes.
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