Le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda a prononcé, ce jeudi, des peines de prison à l’encontre de deux accusés placés en détention, dont une femme. Ils sont poursuivis pour des faits criminels liés à l’acquisition, au transport et à la détention de psychotropes en vue de leur commercialisation, dans le cadre d’un groupe criminel organisé, ainsi que pour importation illégale de substances psychotropes et blanchiment d’argent.
Selon le média « Ennahar », le premier accusé, un clandestin, a écopé d’une peine de 10 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars, tandis que la femme en a écopé de 5 ans. Ce verdict intervient après un interrogatoire approfondi des deux accusés devant le juge, alors que le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité à leur encontre.
Comment les accusés ont été arrêtés ?
Selon les éléments du dossier, les faits remontent au 6 décembre 2025, date à laquelle les deux accusés sont arrivés à Alger en provenance d’Istanbul. Lors du contrôle manuel des bagages du principal accusé par les douaniers, une importante quantité de psychotropes, environ 50 000 comprimés, a été découverte, dissimulée dans des bocaux de concentré de tomate, parmi divers effets comprenant des produits alimentaires, des vêtements et des articles destinés à l’hôtellerie.
Les services douaniers ont découvert ces substances après avoir soumis les bagages des passagers à un contrôle minutieux. Neuf bocaux en verre contenant de la tomate en conserve, appartenant au principal accusé, renfermaient à eux seuls 41 000 capsules de psychotropes. Deux autres bocaux, retrouvés dans les effets personnels de la femme condamnée et qui est active dans le commerce informel « Cabas », contenaient plus de 10 000 capsules supplémentaires.
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La version des prévenus devant le juge
L’enquête a également révélé l’implication d’un troisième individu en fuite, considéré comme le principal instigateur de l’opération. Ce dernier exploiterait un bureau de transport maritime en Turquie.
Interrogé à la barre, il a affirmé que les marchandises lui avaient été confiées par son complice (le troisième accusé), sans qu’il ne sache qu’elles contenaient des substances illicites. Il a précisé que les bagages avaient été préparés à la dernière minute, dans une salle de l’aéroport, peu avant l’embarquement.
Le prévenu a reconnu exercer depuis plus d’un an dans le commerce du « Cabas », en contrepartie de 150 dinars par kilogramme transporté, générant des revenus mensuels pouvant atteindre 160 000 dinars. Il a toutefois nié toute implication consciente dans une opération de trafic de drogue, tout en admettant avoir transporté à trois reprises des produits alimentaires similaires sans incident.
De son côté, la deuxième accusée a reconnu avoir connaissance de la présence de psychotropes dans ses bagages lors de ses précédents voyages entre la Turquie et l’Algérie, dans le cadre de son activité commerciale informelle qu’elle exerce depuis plus de six ans. Elle a déclaré qu’elle vérifiait habituellement le contenu des bocaux en présence du troisième accusé, mais n’a pas pu le faire lors de cette dernière opération, en raison de son absence au moment de la préparation des bagages.
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Elle a également indiqué que le principal accusé s’était chargé de l’emballage, en coordination avec son complice, et qu’elle lui faisait confiance. Elle a précisé qu’elle ne connaissait pas ce dernier auparavant et qu’elle l’avait rencontré par l’intermédiaire de son coaccusé.
Enfin, l’accusée a reconnu avoir effectué trois voyages commerciaux similaires, au cours desquels elle avait importé des produits alimentaires sans rencontrer de problème, jusqu’à son implication dans cette affaire.
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