Tourisme : 720 millions de dollars pour moderniser le secteur

Tourisme : 720 millions de dollars pour moderniser le secteur
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Les pouvoirs publics ont décidé de consacrer 56 milliards de dinars, soit 720 millions de dollars, pour moderniser les hôtels, les spas et les bains thermaux ; 12 milliards de dinars seront consacrés à la rénovation de huit thermes et 44 milliards de dinars seront dédiés à la modernisation de 58 hôtels publics. La capacité actuelle en lits hôteliers est de 95.000 actuellement et le programme en cours mené par le secteur privé consiste à accroître ce potentiel de 80.000 lits supplémentaires. Cette décision arrêtée en mai 2012 procède de la volonté de mener à bien un vaste schéma directeur d’aménagement touristique.

Mais au fait qu’est-ce que le Schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT) 2025 ? Le SDAT constitue le cadre stratégique de référence pour la politique touristique de l’Algérie. À sa faveur, l’État affiche sa vision du développement touristique national aux différents horizons à court terme (2009), moyen terme (2015) et long terme (2025) dans le cadre du développement durable, afin de faire de l’Algérie un pays récepteur. Il définit les instruments de sa mise en œuvre et précise les conditions de sa faisabilité. Par ailleurs, le «SDAT 2025» est une composante du SNAT 2025, lequel montre comment l’État compte assurer, dans un cadre de développement durable, le triple équilibre de l‘équité sociale, de l’efficacité économique et de la soutenabilité écologique à l’échelle du pays tout entier pour les vingt ans à venir. Le «SDAT 2025» constitue donc une partie intégrante du Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT 2025) : il est l‘acte par lequel l’État affiche pour tous les acteurs, pour tous les secteurs, pour toutes les régions son projet touristique territorial à l’horizon 2025. Le présent «SDAT 2025»’est de ce fait un instrument qui traduit la volonté de l’État de valoriser le potentiel naturel, culturel et historique du pays et de le mettre au service de la mise en tourisme de l’Algérie afin de la hisser au rang de destination d’excellence dans la région euro-méditerranéenne. Il donne de ce fait pour l’ensemble du pays, ainsi que pour chacune des parties du territoire national les orientations stratégiques pour l’aménagement touristique dans le cadre d‘un développement durable.

Comment le SDAT a-t-il été élaboré ? Le SDAT 2025 est l’aboutissement maturé d’un long processus de recherche, d’enquêtes, d’études, d’expertises et de consultations ; il est le résultat d’un brainstorming et d’une large concertation menée avec les acteurs nationaux et locaux publics et privés tout au long des assisses régionales et des enrichissements qui en ont résulté. L’enjeu est l’appropriation du SDAT 2025 à tous les stades de son évolution (élaboration, mise en œuvre, suivi) par les acteurs et les opérateurs centraux et locaux du tourisme aux différents échelons (cadres hôteliers, restaurateurs, voyagistes, guides, opérateurs, associations).

Quels sont objectifs du SDAT 2025 ? Ce dernier en retient cinq.

1- Faire du tourisme l’un des moteurs de la croissance économique : Promouvoir une économie alternative et de substitution aux hydrocarbures, organiser l’offre touristique en direction du marché national, donner à l’Algérie une envergure touristique internationale et en faire une destination d’excellence-phare du bassin méditerranéen appuyée sur ces atouts afin de participer à la création de nouveaux emplois et contribuer de façon substantielle à l’économie générale du pays, contribuer à l’amélioration des grands équilibres (balance commerciale, équilibres budgétaires…).

2- Impulser par un effet d’entraînement les autres secteurs économiques (agriculture, BTPH, industrie, artisanat, services). Envisager le tourisme dans le cadre d’une approche transversale qui intègre différents facteurs (transports, urbanisme, environnement, organisation locale, formation) et qui prend en compte les logiques de tous les opérateurs privés (algériens, mais aussi étrangers) et publics, être en cohérence avec les stratégies des autres secteurs et initier une dynamique globale à l’échelle du territoire national dans le cadre du SNAT.

3- Combiner promotion du tourisme et environnement : Il s’agira d’intégrer la notion de durabilité dans toute la chaîne du développement touristique (conjonction du social, de l’économique et de l’environnemental).

4- Valoriser le patrimoine historique, culturel et cultuel : L’économie touristique entretient un rapport étroit avec le territoire, lieu d’expression de l’histoire et de la diversité culturelle. Ce sont les éléments constitutifs du patrimoine territorial (humain, naturel, climatique, historique, etc…) qui fondent son image, son attractivité, son positionnement et sa production. C’est sur le territoire que le touriste se déplace, produit et consomme. Ce sont les acteurs du territoire dans leur multiplicité et leur diversité (publics, privés, associations, etc.) qui contribuent à la production touristique. En face de la mission prioritairement affectée au tourisme, en particulier dans les zones économiquement fragiles, qui consiste à créer des emplois, à accroître les flux financiers, à maintenir ou créer des services, il y a la stratégie de développement durable qui intègre la préoccupation d’un souci de préservation, de réanimation du patrimoine historique et culturel. De façon générale, les stratégies de tourisme durable sont celles qui respectent les diversités culturelles, protègent le patrimoine et contribuent au développement local.

5- Améliorer durablement l’image de l’Algérie.

Le programme de construction de l’image de l’Algérie vise à opérer un changement dans la perception qu’ont les opérateurs internationaux du marché algérien dans la perspective d’en faire un marché important et non accessoire avec toute la nouvelle panoplie de produits et de capacités offertes, qui correspondent aux besoins des consommateurs internationaux.

Qu’est-ce qu’un pôle touristique? L’Algérie vise la structuration de puissants Pôles Touristiques d’Excellence reconnus comme modèle par le marché touristique international. Ces pôles doivent permettre de structurer le territoire algérien et doivent contribuer de façon active à façonner l’image touristique de l’Algérie et faire émerger la destination Algérie. Le pôle touristique est une combinaison sur un espace géographique donné de villages touristiques d’excellence (équipements d’hébergement et de loisirs) et d’activités touristiques et de circuits touristiques en synergie avec un projet de développement territorial. Il répond à la demande d’un marché et doit avoir une autonomie suffisante pour pouvoir rayonner à l’échelle nationale et/ou internationale. Le pôle touristique est multidimensionnel, il intègre des logiques sociales (besoins primaires de la population), culturelles, territoriales, commerciales (prise en comptes des attentes du marché) et son périmètre géographique peut intégrer ou non une ou plusieurs zones et plateformes d’expansion touristique. Il est centré sur une thématique principale pour la cohérence de son positionnement mais il renvoie également à d’autres thématiques pour éviter d’être monofonctionnel.

Les pôles sont appelés à devenir de véritables «VITRINES SYMBOLES » de la nouvelle Destination Algérie ; une destination touristique durable, compétitive, innovante, originale, et de qualité… Construits à partir de la démarche méthodologique exposée précédemment, laquelle repose sur la conjonction de plusieurs critères, les sept pôles touristiques d’excellence (POT) qui en ont résulté irriguent le territoire national.

Chaque POT est constitué de plusieurs composantes en fonction de ses potentialités, de son attractivité territoriale ; ce qui a permis de l’identifier par une thématique principale et dominante qui sera son image de marque principale.

Quels sont les cinq principaux enjeux de la mise en tourisme de l’Algérie ? De par leurs retombées sur les autres activités : emploi, développement local, culturel, image…, les enjeux de la mise en tourisme sont multiples.

D’abord les enjeux économiques: outre les ressources en moyens de paiement extérieurs que procure le tourisme et leurs effets sur la balance des paiements, le tourisme produit un effet d’entraînement sur les autres secteurs productifs (Agriculture, Artisanat, BTPH, Industrie, Services).

Ensuite les enjeux sur l’emploi : employant une forte intensité de main-d’œuvre, le tourisme génère, outre des emplois directs, des emplois indirects et représente un moyen efficace d’insertion d’un grand nombre de jeunes chômeurs dans la vie sociale et professionnelle. Il contribue, à ce titre, à fixer les populations et à limiter les migrations et les exodes de population notamment de l’intérieur du pays vers le littoral. Il constitue, par ailleurs, une importante opportunité pour l’impulsion des dynamiques économiques territoriales.

Les enjeux d’aménagement régional et de développement local: le tourisme constitue un des éléments clés de toute politique d’aménagement régional et de développement local du territoire quand il n’est pas lui-même premier facteur structurant d’une aire géoéconomique. De plus, vecteur de sensibilisation et de diffusion pédagogique des principes liés à l’Environnement, le tourisme contribue au développement local, dans une logique économique de valorisation et de préservation des ressources matérielles et immatérielles. Ainsi, le tourisme durable s’oppose-t-il à toutes formes de mise en valeur pouvant constituer une menace pour l’environnement.

Les enjeux culturels : facteur d’ouverture et d’échanges interculturels, le tourisme permet la valorisation du riche patrimoine culturel matériel et immatériel de notre pays ; c’est également un facteur de paix et de dialogue entre les cultures.

Enfin les enjeux d’image : le tourisme constitue un facteur d’amélioration de l’image du pays et contribue fortement à la valorisation et à l’attractivité de la Destination Algérie, notamment en matière d’investissements et de flux touristique.

Y.O.M.

* SOURCE : ministère du Tourisme et de l’Artisanat

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Les sept Pôles Touristiques d’excellence, selon le Schéma Directeur d’Aménagement Touristique « SDAT 2025 »

1) Le Pôle Touristique d’Excellence Nord-Est : Annaba, Tarf, Skikda, Guelma, Souk Ahras, Tébessa….

2) Le Pôle Touristique d’Excellence Nord-Centre : Alger, Tipasa, Boumerdès, Blida, Chlef, Ain Defla, Médéa, Bouira, Tizi Ouzou, Bejaïa….

3) Le Pôle Touristique d’Excellence Nord-Ouest : Mostaganem, Oran, Ain Témouchent, Tlemcen, Mascara, Sidi Bel Abbès et Relizane

4) Le Pôle Touristique d’Excellence Sud-Est «Oasien» : Ghardaïa, Biskra,

El Oued, Ménéa…

5) Le Pôle Touristique d’Excellence Sud-Ouest « Touat Gourara» : les Routes des Ksour : Adrar, Timmimoun et Bechar

6) Le Pôle Touristique d’Excellence Grand Sud – TassiliN’Ajjer : Illizi, Djanet…

7) Le Pôle Touristique d’Excellence Grand Sud – Ahaggar : Tamanrasset…

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La nécessaire mise à niveau

Les vacances ont-elles été quelque peu «zappées» par la simultanéité de la période estivale avec le mois sacré du Ramadhan ? Pourquoi une telle question ? Parce qu’entre l’Aïd El Fitr et la rentrée scolaire et sociale, dix jours à peine vont s’écouler. Cela n’empêche pas de faire un tour d’horizon du secteur touristique et voir les atouts à développer et les contraintes qui pèsent sur son développement, ainsi que les programmes mis en œuvre par les pouvoirs publics pour lui donner une place substantielle au sein de l’économie nationale.

Le développement des services dans toute économie est une des conditions favorables et préalables à l’expansion des activités touristiques, mais elle n’est pas la seule loin s’en faut car il faut rappeler que le tourisme, comme toute activité de services, «travaille» et repose sur l’humain, soit un matériau sensible avec ses valeurs, ses représentations, ses aspirations et ses archétypes. Cela suppose, par conséquent, qu’au-delà de ses aspects matériels, organisationnels, techniques, financiers et commerciaux, le tourisme suppose, voire exige tout naturellement une évolution conséquente des mentalités, du niveau culturel et plus précisément du respect des besoins et des comportements de l’autre, qu’il soit national ou étranger, notamment dans sa façon de pratiquer des activités de loisirs, de découverte et de récupération. En fait, outre des fonds importants, une ingénierie intelligente, des ressources humaines qualifiées, un soutien cohérent des pouvoirs publics à travers une régulation pertinente et une stratégie inscrite sérieusement dans la durée, combinant forces du marché et action publique, le développement du tourisme dans tous ses segments de marché et de clientèle exige de la tolérance et des traditions d’hospitalité que la société algérienne, dans tous les coins du territoire, a toujours portées haut. Cependant, il convient de redonner des couleurs à ces valeurs qui ont pâli sous l’effet de visions et de «prêt-à-penser» importés sans aucun rapport avec nos traditions d’accueil et de tolérance et nos habitudes en matière d’activités ludiques et de récupération qui ont toujours prôné et réalisé un «vivre ensemble» de qualité.

Cela dit, le potentiel algérien de développement touristique est important, tout le challenge est et reste celui de l’explorer, de l’exploiter, de le mettre au niveau des standards internationaux, un secteur produisant du bien-être et du progrès social, d’en faire un gisement d’emplois, de revenus, de ressources en devises et un élément puissant d’image. C’est là un vaste programme qui requiert une synergie de nombreux secteurs dans la mesure où le tourisme est la résultante de nombreuses activités intégrées dans une chaîne de valeurs où lorsqu’un maillon vient à manquer, la prestation est perturbée, voire interrompue. Comme tout service, le tourisme est indivisible, il constitue un tout qui exige une approche globale tant dans l’appréhension de ses projets et programmes que dans la maîtrise de ses effets, notamment négatifs sur l’environnement et la société.

Y. O. M.