Tizi Ouzou: Les actes du colloque sur Matoub seront édités

jeudi 7 février 2019 à 14:13
Source de l'article : Lexpressiondz.com

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C’est Saïd Chemakh, docteur en linguistique berbère et président du comité scientifique du colloque en question, qui nous a livré cette information en faisant le bilan de cette rencontre.

Les actes du Colloque scientifique national sur l’oeuvre poétique de Matoub Lounès, tenu les 23 et 24 janvier dernier à l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou seront édités sous forme de livre et mis à la disposition des lecteurs potentiels et des universitaires, notamment ceux qui n’ont pas eu la possibilité d’être présents le jour de la tenue de la rencontre. C’est le professeur d’université Saïd Chemakh, docteur en linguistique berbère et président du comité scientifique du colloque en question, qui nous a livré ceette information en faisant le bilan de cette rencontre. Un événement qui a réhabilité un poète qui a pendant des décennies été marginalisé, censuré et méprisé même par certains universitaires de l’époque autoproclamés spécialistes de la poésie en langue amazighe.

Saïd Chemakh nous a précisé que les 30 conférences qui ont été données à l’occasion de ce colloque animé à l’université de Tizi Ouzou, grâce au soutien actif du recteur Ahmed Tessa et aux efforts déployés par les responsables du département de langue amazighe, seront rassemblées et éditées sous forme de livre dans les prochains mois. «D’ailleurs, c’est là l’une des recommandations du colloque consacré à Matoub Lounès», ajoute Saïd Chemakh dont le combat pour la langue amazighe dans les rangs du Mouvement culturel berbère «commissions nationales» ne souffre d’aucune équivoque. Saïd Chemakh s’est engagé pour la tenue et la réussite du colloque sur Matoub Lounès également par fidélité à l’amitié qui le liait à l’artiste assassiné surtout du temps où il était étudiant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Matoub Lounès n’a jamais décliné, ne serait-ce qu’une seule fois, une invitation exprimée par les étudiants qui le conviaient de temps à autre. Il n’exprimait non plus aucune appréhension en répondant présent.

C’est dire à quel point, en plus de son côté artiste et poète hors du commun, Matoub Lounès était aussi un militant courageux et déterminé», se souvient Saïd Chemakh. Il a fallu attendre 2019, soit, vingt ans et demi après l’assassinat de Matoub Lounès, pour que l’université de Tizi Ouzou reconnaisse enfin, de manière officielle, le rôle déterminant joué par le Rebelle dans le recouvrement de l’identité amazighe avec le statut de langue nationale et officielle que n’a cessé de réclamer le poète tout au long de sa vie de combattant pacifique des causes justes. La présence de plusieurs dizaines de professeurs d’université venant de plusieurs wilayas, d’hommes de culture, de journalistes et de poètes à ce colloque est une reconnaissance également de la part de la communauté universitaire quant à la qualité indéniable de la poésie de Matoub Lounès, riche de plus de 250 poèmes et d’une infinité de thèmes abordés avec le talent qu’on reconnaît au fils de Taourirt Moussa, près des Ath Douala.

Il faut aussi rappeler, dans le même sillage, que deux parmi les trente conférences animées lors du colloque sur l’oeuvre poétique de Matoub Lounès ont été données par deux enseignants d’université qui préparent actuellement des thèses de doctorat sur la poésie de Matoub. Il s’agit de l’enseignante et chef de département de langue et culture amazighes de l’université de Béjaïa Lynda Ouatah qui a déjà soutenu un magister sur Matoub. La seconde universitaire est Rachida Fittas, auteure d’un livre en deux tomes sur le Rebelle. Comme on peut le constater, l’oeuvre poétique de Matoub Lounès est entrée de plain-pied dans le monde universitaire. Il faut rappeler que le colloque de Tizi Ouzou intervient après celui consacré également à Matoub Lounès et qui s’est tenu en juin 2018 à l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa.

Si Matoub Lounès était encore vivant, une telle consécration de la part de la communauté universitaire l’aurait comblé de joie, lui, qui, de son vivant avait tant souffert du mépris dont il avait été victime de la part d’une bonne partie des intellectuels à cause de son esprit libre, de son talent phénoménal, de son attitude incorruptible et de sa popularité sans commune mesure.

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