Titre de séjour et travail simplifiés : ce pays Schengen passe au « permis unique »

Titre de séjour et travail simplifiés : ce pays Schengen passe au « permis unique »
Passeport Algérien

L’Italie s’apprête à tourner une page longtemps critiquée de sa politique migratoire professionnelle. Derrière une réforme technique en apparence, se cache un changement concret pour des milliers de travailleurs étrangers et leurs employeurs.

Délais raccourcis, démarches unifiées, droits élargis… Rome avance vers un modèle plus lisible, plus rapide, et surtout plus prévisible. Une évolution très attendue, dont les contours commencent à se préciser.

Le « permesso unico » en Italie : une demande unique pour travailler et résider légalement

Réuni le 20 janvier 2026, le Conseil des ministres italien a adopté en première lecture un décret législatif transposant la directive européenne 2024/1233. Ce texte instaure le « permesso unico », un dispositif qui fusionne, en une seule procédure, la demande de titre de séjour et l’autorisation de travail pour les ressortissants de pays tiers, hors Union européenne.

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Si le Parlement valide ce projet dans les semaines à venir, les employeurs n’auront plus à multiplier les démarches entre les bureaux du travail, les services d’immigration et les préfectures. Un dossier numérique unique suffira désormais pour lancer la procédure. Mettant fin à un enchevêtrement administratif souvent long et source d’incertitude.

Selon les autorités italiennes, cette réforme vise clairement à aligner le pays sur le principe du « guichet unique » promu par l’Union européenne dans le cadre de la transformation numérique des administrations.

Visa de travail en Italie : délai de 90 jours, plateforme commune et suivi en temps réel

L’un des changements les plus significatifs concerne les délais. La nouvelle procédure devra être finalisée en 90 jours maximum, contre six mois, voire davantage, dans le système actuel. Une avancée majeure pour les entreprises comme pour les travailleurs.

Le décret prévoit également la mise en place d’une plateforme numérique commune, alimentée par les ministères de l’Intérieur, du Travail et des Affaires européennes. Cette interface permettra :

  • Le partage centralisé des données du salarié
  • Un suivi en temps réel de l’avancement du dossier
  • Des notifications simultanées à l’employeur et au travailleur
  • Une obligation pour l’employeur de transmettre toutes les communications officielles au salarié

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Une transparence renforcée, qui offre au travailleur étranger la possibilité de suivre son dossier même depuis son pays d’origine.

Mobilité professionnelle et protection en cas de chômage involontaire

Autre évolution notable, la flexibilité accordée aux titulaires du permesso unico. Un salarié pourra changer d’employeur ou de secteur d’activité pendant la durée de validité de son titre, sans relancer une nouvelle procédure complète. Il lui suffira d’en informer le service immigration compétent.

Le texte introduit aussi une protection en cas de perte d’emploi. Une période de chômage involontaire allant jusqu’à trois mois ne conduira plus automatiquement à la révocation du titre de séjour. Ce délai vise à réduire les situations de séjour irrégulier et à offrir aux travailleurs étrangers un temps raisonnable pour retrouver un poste.

Recrutement international : un calendrier plus prévisible pour les entreprises

Pour les entreprises italiennes qui recrutent hors Union européenne, cette réforme apporte une visibilité nouvelle. Le délai légal de 90 jours permet d’intégrer plus facilement les recrutements internationaux dans la planification des ressources humaines et des projets.

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Les spécialistes de la mobilité internationale anticipent toutefois un afflux de demandes dès l’entrée en vigueur du décret, attendue à la mi-2026. Ils recommandent aux employeurs de préparer dès maintenant leurs dossiers, notamment sur :

  • La validité des passeports biométriques
  • Les justificatifs d’hébergement
  • Le respect des seuils de salaire minimum
  • L’adéquation avec les quotas annuels du décret Flussi

À noter que cette réforme ne supprime pas les plafonds de quotas, mais en fluidifie l’application.