Visé par trois procédures d’expulsion, l’influenceur Imad Tintin a finalement obtenu son titre de séjour devant le tribunal administratif de Grenoble. Bien qu’il ait été condamné pour « menaces de violences », les juges ont estimé que l’accord franco-algérien de 1968 jouait en sa faveur, contraignant la préfecture à régulariser sa situation.
Le bras de fer entre Imad Tintin et la préfecture de l’Isère tourne à l’avantage du ressortissant algérien. Alors qu’il faisait l’objet d’une troisième OQTF en novembre dernier, la justice administrative a annulé cette procédure d’expulsion.
La préfecture est désormais dans l’obligation de lui fournir le titre de séjour qu’elle lui refusait jusqu’alors.
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Imad Tintin obtient son titre de séjour en France
Installé en France depuis 2021, Imad Ould Brahim n’avait pas donné suite à deux précédentes mesures d’éloignement (OQTF) émises en 2021 et 2022. Désormais marié et père d’un enfant né en France en 2024, il a sollicité une régularisation au titre de la « vie privée et familiale ». En s’appuyant sur l’accord franco-algérien de 1968, il a pu faire valoir son droit à un titre de séjour en qualité de parent d’enfant français.
En janvier 2025, une polémique éclate suite à des propos tenus en arabe par Imad Ould Brahim, provoquant son interpellation. Si la première traduction évoquait des appels à « la violence extrême », une contre-expertise a nuancé ces accusations.
Six mois plus tard, la justice a finalement retenu la qualification de « menaces de violences », prononçant une amende de 450 euros assortie d’un sursis en appel.
Trois précédentes OQTF
En marge de son procès pénal, Imad Ould Brahim a contesté devant le tribunal administratif de Grenoble l’OQTF émise lors de son interpellation. En juillet 2025, la justice a annulé cette mesure d’éloignement, jugeant que la préfecture avait commis une erreur d’appréciation. Les magistrats ont estimé que l’administration aurait dû traiter sa demande de certificat de résidence de décembre 2024 avant de chercher à l’expulser.
Après un premier échec, la préfecture a de nouveau tenté d’expulser l’influenceur le 3 novembre en invoquant ses deux anciennes OQTF non respectées pour rejeter son titre de séjour. Saisi une nouvelle fois, le tribunal administratif de Grenoble a tranché en faveur du ressortissant algérien, annulant purement et simplement l’arrêté préfectoral.
Par un jugement rendu le 25 février, le tribunal a rappelé que la situation de l’influenceur algérien relevait exclusivement de l’accord franco-algérien de 1968. Les juges ont estimé que les règles habituelles du Code de l’entrée et du séjour des étrangers (CESEDA) n’étaient pas applicables dans ce cas précis.
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