Témoins couverts, voix erronées et images d’archives sur Canal+ Moines de Tibhirine, l’échec d’une émission mensongère

Témoins couverts, voix erronées et images d’archives sur Canal+ Moines de Tibhirine, l’échec d’une émission mensongère
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Des erreurs qui méritent d’être signalées, d’autant qu’il s’agit là d’un dossier très sensible qui demande dans son traitement une responsabilité à l’égard de l’histoire et de l’opinion pour ne pas tomber dans le piège du blanchiment du GIA, qui est la seule organisation responsable et derrière cet assassinat collectif des moines, alors que certaines parties en France essayent, voire espèrent toujours, incriminer le DRS algérien, sans y parvenir toutefois, car tout est clair dans cette histoire.

Ce documentaire ne contient aucune nouveauté en matière de révélations. Pis, la chaîne Canal+ a diffusé des images d’archives qui ont déjà été montrées à plusieurs reprises, par cette chaîne et France 2. Autre remarque qui mérite d’être citée, l’animateur Jean-Baptiste Rivoire a compté sur les témoignages de deux nouveaux éléments, un certain Rachid et le lieutenant Kamel. Ces deux témoins qui se sont présentés  comme étant d’anciens du CRTI Blida, ont témoigné sur Canal+ à visage caché. Premièrement, ils disent qu’ils avaient participé à l’enlèvement des sept moines de Tibhirine, alors qu’ils occupaient des postes au CRTI Blida. Le plus étonnant est qu’ils témoignent à visage dissimulé, alors qu’Abdelkader Tigha et Karim Moulay, deux autres «témoins», avaient témoigné à visage découvert. Pourquoi donc ce traitement sélectif des témoins-clés qui seraient tous du DRS, selon leurs propos ? Revenons sur la voix attribuée à un chef terroriste notoire, et dans laquelle la chaîne Canal+ prétend qu’il s’agit de celle d’El Para. En réalité, il s’agit de la voix d’un certain Yakoub de Birkhadem, de son vrai nom Belaâdaci Hacène (comme nous l’avons déjà cité au début de l’article). Comment et pourquoi Belaâdaci Hacène ? Tout simplement, en écoutant le support sonore diffusé par Canal+, attribué par l’animateur de cette chaîne à El Para, l’on se rend compte que ce chef terroriste parle avec un accent de l’Est algérien, qui est bien entendu celui de Belaâdaci Hacène. Il suffit à ce propos de faire la comparaison avec la bande sonore du document de France 2 sur le même El Para, «Le Ben Laden du désert», diffusé en décembre 2004. Il faut souligner que certains repentis ont attribué, très vite, la voix diffusée dans cette émission à Belaâdaci Hacène, d’autant qu’ils avaient côtoyé des années ce terroriste. Par ailleurs, le journaliste réalisateur Rivoire a présenté un témoin comme étant un haut responsable de la DST française, sous couvert de l’anonymat. Pourquoi Rivoire a protégé son interlocuteur de la DST ? Pour tous ceux au fait du dossier et qui suivent de près cette affaire, il s’agit du préfet Rémy Pautrat, ex-numéro 2 du secrétariat général du ministère de la Défense français qui a rapporté le fait que Lamari, «s’était vanté auprès de Raymond Nart, numéro 2 quasi permanent de la DST, de contrôler le GIA». Sur ce point, il faut revenir sur les propos de Nicole Chevillard, parente de l’un des moines assassinés, qui atteste que ce type de propos lui ont été tenus par le même Rémy Pautrat, du secrétariat général du ministère de la Défense, reprenant pour sa part, les propos de Raymond Nart, personnage qui avait déjà décliné son caractère plaisantin et affabulateur lors du procès de Rachid Ramda. Le témoignage de Mme chevillard, sur un site connu pour son hostilité à l’Algérie, est édifiant à son propos. Au demeurant, ce documentaire diffusé sur Canal+ est un ramassis de faux témoins, comme c’est le cas de l’officier félon Samraoui, déjà confondu pour faux témoignage dans l’affaire du diplomate Hasni, sorti blanchi après enquête. D’autres citations sont à relever où des intervenants disent une chose alors qu’auparavant ils ont déclaré son contraire, comme c’est le cas de Karim Moulay qui, il y a une année, affirmait dans un entretien au journal marocain «Libération» qu’«il n’avait pas les éléments pour se prononcer sur la responsabilité de tel ou tel ou partie dans l’assassinat des moines». Autre fait intrigant dans ce chapelet d’intrigues qu’est ce documentaire sur l’assassinat des moines trappistes, tout le monde aura remarqué l’absence de la moindre référence à l’émissaire du GIA, Abdallah, reçu à l’époque à l’ambassade de France ni sur l’envoyé des autorités françaises auprès du chef terroriste Djamel Zitouni pour négocier la libération des malheureux moines, et ce, à l’insu des services secrets algériens. Pourtant, le même Rivoire a affirmé, sous forme de révélations, ces faits, il y a à peine une semaine, au journal français «Le Progrès». Cette mise sous embargo d’une information aussi capitale a de quoi susciter au mieux des interrogations, au pire de la suspicion sur les intentions du sieur Rivoire. Si ce n’est du mensonge par omission, ça y ressemble étrangement. Mais les vrais commanditaires de ce travail ne s’embarrassent nullement de telles précautions déontologiques, encore moins de scrupules moraux.

Sofiane Abi

dans le piège du blanchiment du GIA, qui est la seule organisation responsable et derrière cet assassinat collectif des moines, alors que certaines parties en France essayent, voire espèrent toujours, incriminer le DRS algérien, sans y parvenir toutefois, car tout est clair dans cette histoire. Ce documentaire ne contient aucune nouveauté en matière de révélations. Pis, la chaîne Canal+ a diffusé des images d’archives qui ont déjà été montrées à plusieurs reprises, par cette chaîne et France 2. Autre remarque qui mérite d’être citée, l’animateur Jean-Baptiste Rivoire a compté sur les témoignages de deux nouveaux éléments, un certain Rachid et le lieutenant Kamel.

Ces deux témoins qui se sont présentés comme étant d’anciens du CRTI Blida, ont témoigné sur Canal+ à visage caché. Premièrement, ils disent qu’ils avaient participé à l’enlèvement des sept moines de Tibhirine, alors qu’ils occupaient des postes au CRTI Blida. Le plus étonnant est qu’ils témoignent à visage dissimulé, alors qu’Abdelkader Tigha et Karim Moulay, deux autres «témoins», avaient témoigné à visage découvert. Pourquoi donc ce traitement sélectif des témoins-clés qui seraient tous du DRS, selon leurs propos ? Revenons sur la voix attribuée à un chef terroriste notoire, et dans laquelle la chaîne Canal+ prétend qu’il s’agit de celle d’El Para. En réalité, il s’agit de la voix d’un certain Yakoub de Birkhadem, de son vrai nom Belaâdaci Hacène (comme nous l’avons déjà cité au début de l’article). Comment et pourquoi Belaâdaci Hacène ? Tout simplement, en écoutant le support sonore diffusé par Canal+, attribué par l’animateur de cette chaîne à El Para, l’on se rend compte que ce chef terroriste parle avec un accent de l’Est algérien, qui est bien entendu celui de Belaâdaci Hacène. Il suffit à ce propos de faire la comparaison avec la bande sonore du document de France 2 sur le même El Para, «Le Ben Laden du désert», diffusé en décembre 2004. Il faut souligner que certains repentis ont attribué, très vite, la voix diffusée dans cette émission à Belaâdaci Hacène, d’autant qu’ils avaient côtoyé des années ce terroriste. Par ailleurs, le journaliste réalisateur Rivoire a présenté un témoin comme étant un haut responsable de la DST française, sous couvert de l’anonymat. Pourquoi Rivoire a protégé son interlocuteur de la DST ? Pour tous ceux au fait du dossier et qui suivent de près cette affaire, il s’agit du préfet Rémy Pautrat, ex-numéro 2 du secrétariat général du ministère de la Défense français qui a rapporté le fait que Lamari, «s’était vanté auprès de Raymond Nart, numéro 2 quasi permanent de la DST, de contrôler le GIA». Sur ce point, il faut revenir sur les propos de Nicole Chevillard, parente de l’un des moines assassinés, qui atteste que ce type de propos lui ont été tenus par le même Rémy Pautrat, du secrétariat général du ministère de la Défense, reprenant pour sa part, les propos de Raymond Nart, personnage qui avait déjà décliné son caractère plaisantin et affabulateur lors du procès de Rachid Ramda. Le témoignage de Mme chevillard, sur un site connu pour son hostilité à l’Algérie, est édifiant à son propos.

Au demeurant, ce documentaire diffusé sur Canal+ est un ramassis de faux témoins, comme c’est le cas de l’officier félon Samraoui, déjà confondu pour faux témoignage dans l’affaire du diplomate Hasni, sorti blanchi après enquête. D’autres citations sont à relever où des intervenants disent une chose alors qu’auparavant ils ont déclaré son contraire, comme c’est le cas de Karim Moulay qui, il y a une année, affirmait dans un entretien au journal marocain «Libération» qu’«il n’avait pas les éléments pour se prononcer sur la responsabilité de tel ou tel ou partie dans l’assassinat des moines». Autre fait intrigant dans ce chapelet d’intrigues qu’est ce documentaire sur l’assassinat des moines trappistes, tout le monde aura remarqué l’absence de la moindre référence à l’émissaire du GIA, Abdallah, reçu à l’époque à l’ambassade de France ni sur l’envoyé des autorités françaises auprès du chef terroriste Djamel Zitouni pour négocier la libération des malheureux moines, et ce, à l’insu des services secrets algériens. Pourtant, le même Rivoire a affirmé, sous forme de révélations, ces faits, il y a à peine une semaine, au journal français «Le Progrès». Cette mise sous embargo d’une information aussi capitale a de quoi susciter au mieux des interrogations, au pire de la suspicion sur les intentions du sieur Rivoire. Si ce n’est du mensonge par omission, ça y ressemble étrangement. Mais les vrais commanditaires de ce travail ne s’embarrassent nullement de telles précautions déontologiques, encore moins de scrupules moraux.

Sofiane Abi