Malheureusement, de plus en plus de gens boudent les consultations populaires
Les formations politiques ne reculent devant rien pour tenter de convaincre les électeurs. Certaines interprètent même le numéro qui leur a été attribué comme un signe du ciel.
Qui l’aurait cru? A défaut de programmes porteurs ou de propositions innovantes, destinés à rassurer les citoyens et les soulager de tous leurs problèmes, les formations politiques continuent leur show, en usant, durant leur campagne, de discours creux et de formules maladroites qui ne convainquent plus personne.
Croyant avoir trouvé la recette miracle et se découvrant des talents de voyantes, comme Mme Soleil, certaines ont poussé plus loin le bouchon, en interprétant le numéro leur ayant été attribué comme un signe, parce qu’il évoque, selon elles, un symbole ou une date qui comptent chers pour les Algériens. Pour le FLN, le n° 22 représente le groupe des 22 qui ont préparé puis déclenché la révolution. Pour le FFS, le n° 56 est un signe du destin, parce qu’il évoque l’année où s’est tenu le Congrès de la Soummam. Le RND a hérité, lui, du n° 29. Pour les militants, le 29 novembre, c’est leur jour et grâce à lui, ils remporteront les élections. Quant au Parti des jeunes, il attribue le n° 50 au Cinquantenaire de l’Indépendance et pense qu’il lui portera bonheur. D’autres ne se sont pas gênés, en faisant une similitude entre le numéro de leur parti et celui de la wilaya dans laquelle ils se produisent et font campagne. Une campagne qui a du mal à s’emballer et qui, pour l’heure, semble avoir laissé tout le monde sur sa faim. Se déroulant souvent devant une assistance clairsemée, les meetings animés par les chefs des partis sont perçus comme des rassemblements, justes destinés à amuser la galerie. La plupart se présentent comme l’homme providentiel et prétendent qu’ils ont la solution miracle pour soulager les citoyens de la commune de tous leurs maux.
Usant de la langue de bois, beaucoup évoquent la crise du logement, en promettant d’y mettre un terme si les électeurs votent pour eux. Oubliant que la charge en est confiée à la daïra et que les citoyens ne sont pas dupes et ne croient pas un traître mot de ce qu’ils avancent. Plus effrontés, d’autres utilisent la fibre sensible du chômage, en s’engageant à régler le problème de tous les sans-emploi. Rares sont ceux qui osent parler de leur bilan à la tête des APC. D’ailleurs, on s’interroge pourquoi les élus sortants ne le font pas et pourquoi on ne leur demande pas des comptes? C’est cette impunité, précisément, qui inquiète les citoyens qui sont nombreux à dénoncer les agissements de nombreux élus soupçonnées de corruption ou de malversation. Lors d’un meeting tenu à Alger, un citoyen ayant pris la parole a critiqué la gestion d’un président d’APC, l’accusant d’avoir profité de son mandat pour s’enrichir alors qu’il n’avait même pas les moyens pour s’acheter une paire de chaussures à son arrivée. Un autre s’est interrogé pourquoi tel élu n’habite pas la commune et tel autre est parachuté? «Chat échaudé craint l’eau froide,» dit le dicton. De nombreux citoyens ne croient plus en les élus parce que, selon eux, ils n’ont jamais honoré leurs promesses. Morose, la campagne l’est plus que jamais. Que ce soit les panneaux d’affichage pourtant numérotés que les partis accaparent, en dehors de toute règle, alors qu’ils n’ont droit qu’à un seul, ou les meetings populaires devenus des tribunes pour vanter les mérites d’untel ou descendre en flammes tel autre, rien n’est fait pour intéresser véritablement le citoyen et le pousser à aller accomplir son devoir.
Car voter est un devoir, malheureusement de plus en plus de gens boudent les consultations populaires, pensant que c’est de cette manière que l’on fera évoluer les choses et l’Algérie changera et la démocratie s’installera.
