Russie, USA, Chine, Sahel, Sahara occidental : Tebboune clarifie la position de l’Algérie

Lors de son entrevue périodique avec les médias algériens, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a dressé le panorama d’une diplomatie algérienne qui refuse catégoriquement de choisir son camp. Marché pétrolier, partenariats avec les grandes puissances, situation au Sahel et dossier sahraoui : le chef de l’État a tracé les contours d’une position qu’il résume d’une formule simple, l’Algérie n’a de contentieux avec aucun pays.
Tebboune réaffirme la continuité des relations entre l’Algérie et la Russie
Interrogé sur un supposé malaise avec Moscou, le président a été catégorique : « il n’y a pas de froid dans la relation avec la Russie ». Il rappelle que ces liens précèdent même le recouvrement de la souveraineté nationale et qu’ils reposent depuis l’origine sur un bénéfice mutuel, ce qui explique leur stabilité dans la durée.
Cette continuité n’implique aucune exclusivité. Le chef de l’État a insisté : «l’Algérie ne tournera le dos ni aux Russes, ni aux Américains, ni aux Chinois. Conserver un niveau équivalent d’amitié et de partenariat avec plusieurs puissances n’a rien d’une mission impossible», selon lui.
Les navires algériens passent par le détroit d’Ormuz
En parlant des relations diplomatiques avec d’autres pays, Tebboune a révélé que les navires algériens passent par le détroit d’Ormuz sans problème.
« l’Algérie n’a de problème avec personne, et le passage de ses navires confirme la participation de l’Algérie à la vision des grandes puissances sur la stabilité du marché pétrolier », a-t-il affirmé, et d’ajouter : « l’Algérie est un acteur réel dans la stabilité et la paix, ce qui lui a valu le respect des grandes puissances ».
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Au Sahel, l’Algérie affiche son soutien au Mali contre le terrorisme
Sur le flanc sud, le discours s’est fait plus grave. « Nous sommes avec le Mali de tout cœur pour lutter contre les restes du terrorisme actif au Sahel », a affirmé le président. Une solidarité affichée malgré les tensions récurrentes entre les deux capitales ces dernières années.
Le chef de l’État a profité de cette séquence pour revenir sur un épisode douloureux : l’enlèvement puis l’assassinat de diplomates algériens au Mali. Selon lui, une puissance étrangère se trouve derrière la création d’une organisation terroriste dont l’unique action aura été ce rapt suivi d’exécutions. Une accusation lourde, formulée sans que le pays concerné ne soit nommé.
Autre dossier régional abordé, celui du Niger. Tebboune a rappelé l’envoi d’appareils militaires algériens face à la tentative de coup d’État, estimant que certains acteurs avaient alors dépassé les bornes dans leurs manœuvres. Ces questions sécuritaires figuraient déjà parmi les thèmes majeurs de ses précédents échanges avec les médias nationaux.
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Sahara occidental : Tebboune renvoie la décision aux Sahraouis
Sur le conflit du Sahara occidental, le président a choisi une formule frappante pour résumer la ligne algérienne : « Nous ne sommes pas plus Sahraouis que les Sahraouis ». Autrement dit, Alger validera toute issue que les intéressés auront eux-mêmes retenue.
Il a toutefois posé une limite claire. Aucune pression, d’où qu’elle vienne, ne saurait contraindre ce peuple à entériner une solution qui l’effacerait purement et simplement de la carte. Le Conseil de sécurité, a-t-il rappelé, cherche un compromis convenant aux deux parties au litige, à savoir le Front Polisario et le royaume marocain, l’Algérie et la Mauritanie n’occupant qu’un strapontin d’observateur.
Quant au rôle d’Alger dans les tractations en cours, le chef de l’État l’a circonscrit : l’Algérie exprime son point de vue quand ses partenaires américains la sollicitent, rien de plus. Des réunions consacrées aux aspects concrets du dossier se sont d’ailleurs tenues aux États-Unis.
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