Cigarettes : la taxe additionnelle passerait à 85 DA par paquet en 2027, selon le PLF

Le PLF 2027 propose de porter la taxe additionnelle sur le tabac de 75 à 85 DA par paquet. Il relève aussi plusieurs taxes sur la bière, le vin et les spiritueux. Le gouvernement attend de la seule hausse sur le tabac plus de 16,5 milliards de DA de recettes.
Le projet de loi de finances pour 2027 ne se limite pas aux grands équilibres budgétaires. Il contient aussi plusieurs mesures fiscales qui touchent directement certains produits de consommation. Le tabac et les boissons alcoolisées figurent en tête de liste.
Tabac : 10 DA de taxe en plus par paquet
L’article 126 du PLF 2027 relèverait la taxe additionnelle sur les produits tabagiques. Elle passerait de 75 à 85 DA par paquet, boîte ou bourse, soit 10 DA de plus. Le gouvernement attend de cette hausse 16,54 milliards de DA de recettes supplémentaires.
La loi de finances 2026 avait déjà fixé cette taxe à 75 DA par paquet. Elle avait aussi soumis à la taxe intérieure de consommation les liquides pour cigarettes électroniques. Le PLF 2027 prolonge donc l’usage de l’outil fiscal contre le tabac.
La hausse de la taxe ne se traduira pas forcément, au dinar près, par une hausse du prix de vente. Le texte ne fixe aucun prix public pour les cigarettes. Les prix en rayon dépendront des choix des fabricants et des distributeurs.
Où ira l’argent de la taxe ?
Le produit de cette taxe serait réparti entre plusieurs bénéficiaires. Sur les 85 DA, 19 DA iraient au Fonds pour les urgences et les activités de soins médicaux. Le Fonds de lutte contre le cancer recevrait 26 DA, et la CNAS 4 DA. Les 36 DA restants iraient au budget de l’État.
Les 10 DA supplémentaires iraient intégralement au budget de l’État, selon l’exposé des motifs. La part consacrée à la santé resterait donc identique à celle de 2026. Le gouvernement présente toutefois la mesure comme un outil de « régulation sanitaire » dans la lutte antitabac.
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Bière, vin et spiritueux : des taxes en forte hausse
Les boissons alcoolisées sont elles aussi concernées. L’article 50 relèverait la taxe intérieure de consommation sur la bière. Pour une bière de 5 degrés ou moins, elle passerait de 4 368 à 6 000 DA par hectolitre. Au-delà de 5 degrés, elle grimperait de 5 560 à 7 000 DA par hectolitre. Le gouvernement en attend 3,46 milliards de DA de recettes supplémentaires.
Le PLF 2027 vise aussi les entreprises du secteur. Son article 11 instaurerait un impôt complémentaire de 20 % sur les bénéfices des sociétés qui produisent ou importent de la bière. Le taux applicable aux fabricants de tabac resterait, lui, inchangé. Nous avions évoqué cette mesure dans notre synthèse du PLF 2027.
L’article 62 relèverait aussi plusieurs droits de circulation. Pour le vin, le droit passerait de 50 000 à 60 000 DA par hectolitre. Pour les whiskies et les apéritifs anisés, il grimperait de 300 000 à 320 000 DA par hectolitre d’alcool pur. Le rhum passerait de 150 000 à 160 000 DA, sur la même base.
La santé publique et la sécurité routière comme arguments
Le gouvernement justifie ces hausses par des considérations de santé publique. Pour la bière, l’exposé des motifs invoque les pratiques recommandées par l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS préconise en effet l’usage des taxes pour dissuader la consommation de produits nocifs.
L’exécutif avance aussi un argument de sécurité routière. Selon lui, une baisse de la consommation de bière allégerait les charges liées à l’alcoolisme. Il cite notamment les maladies chroniques et les accidents de la route. Pour le vin et les spiritueux, il dit vouloir dissuader en particulier les jeunes.
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Des mesures encore soumises au vote
Ces dispositions figurent dans un projet de loi, adopté en Conseil des ministres le 4 octobre 2026. Le texte doit encore passer devant l’APN, puis devant le Conseil de la nation. Les députés peuvent amender ou supprimer certaines mesures lors de l’examen.
Si la loi est adoptée en l’état, ces hausses s’appliqueraient en principe à partir du 1er janvier 2027. Le même projet prévoit d’autres changements fiscaux, de la vignette automobile à l’impôt sur la fortune. Il intervient dans un contexte de hausses de salaires annoncées pour 2027 et de mesures d’urgence contre la flambée des prix alimentaires.
Ces mesures peuvent encore évoluer au fil du débat parlementaire. Seul le texte définitif, une fois publié au Journal officiel, fera foi. Les prix de vente, eux, resteront fixés par les fabricants et les distributeurs.
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