510 sites inventoriés au Tassili n’Ajjer après trois semaines d’exploration

Trois semaines d’exploration, des falaises franchies à pied et un résultat qui en dit long sur la densité patrimoniale du Sahara algérien : 510 sites archéologiques et naturels viennent d’être identifiés à In Azzane-Tadrart, un secteur rattaché au Parc culturel du Tassili n’Ajjer.
L’information a été rendue publique ce jeudi par l’organisme en charge de la conservation et de l’inventaire du patrimoine culturel et naturel de la région.
Les travaux de terrain se sont étalés du 21 septembre au 11 octobre. Ils concernent une zone située à quelque 250 kilomètres au sud-est de Djanet, loin des circuits habituels et difficilement praticable.
Le Tassili n’Ajjer livre 510 sites dans le secteur d’In Azzane-Tadrart
Le décompte publié détaille la nature des découvertes. Sur l’ensemble répertorié, 265 relèvent de monuments funéraires, tandis que 207 correspondent à des sites de surface. Vingt-neuf stations d’art rupestre ont par ailleurs été identifiées, auxquelles s’ajoutent neuf sites à caractère naturel.
Cette typologie confirme ce que les spécialistes observent depuis longtemps dans le massif : le Tassili concentre à la fois des traces d’occupation humaine très anciennes et des formations géologiques remarquables. Sa réputation mondiale tient d’ailleurs largement à ses gravures et peintures, dont certaines remontent à des millénaires. Le magazine de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole en avait fait sa couverture au printemps, un dossier qui présentait le Tassili comme un musée à ciel ouvert témoignant d’une époque où le Sahara était verdoyant.
À LIRE AUSSI : Liberté de culte en Algérie : le ministère des Affaires religieuses réagit aux « fausses informations »
Une mission conduite par plusieurs services du patrimoine
L’opération n’a pas été menée par une équipe isolée. La direction de la conservation du patrimoine culturel et naturel en a pris l’initiative, en associant les services chargés de la valorisation ainsi que ceux de la protection juridique. Sur le terrain, les antennes opérationnelles de Djanet, de Bordj El Haouès et d’Illizi ont fourni les moyens humains nécessaires.
Cette coordination entre structures répond à une logique assumée : localiser avant de protéger. Un site non inventorié reste un site vulnérable, notamment face au pillage. La question n’a rien d’abstrait, comme l’a rappelé en avril dernier la saisie de près de 2 000 objets préhistoriques algériens dans une salle des ventes du sud de la France.
Des plaines aux falaises, un terrain exploré à pied
Le communiqué insiste sur les conditions de l’expédition. Les équipes ont dû composer avec un relief changeant : étendues plates, lits d’oueds couverts de galets ou de sable, puis parois abruptes. Dans ces dernières portions, aucun véhicule ne pouvait passer. La progression s’est donc faite à la marche, sac au dos.
Malgré ces contraintes, l’opération est qualifiée de réussie par ses organisateurs. Elle s’intègre dans une démarche plus large de recensement et de sauvegarde engagée à l’échelle du parc, qui couvre environ 72 000 km² et figure sur la liste de l’UNESCO depuis plus de quatre décennies.
À LIRE AUSSI : PLF 2027 : le sable du Sahara bientôt taxé à 500 DA par m³, qui devra payer ?
Un inventaire qui alimente la stratégie nationale de protection
Ces données de terrain arrivent dans un contexte où les autorités culturelles multiplient les initiatives autour du Sud. Djanet s’apprête justement à accueillir, du 19 au 24 octobre, la première édition du Festival international de l’art rupestre, rendez-vous qui réunira chercheurs, artistes et institutions autour de la documentation de ce patrimoine.
Le volet international n’est pas en reste. Alger et Washington ont relancé leur mémorandum sur la protection des biens culturels, un cadre qui structure la coopération algéro-américaine contre le trafic d’antiquités. En parallèle, l’Algérie a vu en juin le Parc national de Théniet El Had rejoindre le réseau mondial des réserves de biosphère, preuve que la reconnaissance internationale des espaces protégés progresse.
À LIRE AUSSI : Sayoud annonce un nouveau système de suivi des projets locaux






