Tamazight: Bouabdallah Ghlamallah fait campagne pour la graphie arabe

mercredi 16 janvier 2019 à 10:01
Source de l'article : Reporters.dz

Écrit par S. oularbi

       Sans garder sa langue et attendre que l’Académie de tamazight ne s’installe véritablement et ne commence son travail, le président du Haut conseil islamique (HCI), Bouabdallah Ghlamallah, a tranché tout seul sur la question de la transcription de cette langue, risquant une polémique préjudiciable pour les futurs travaux de recherche académique et une querelle idéologique qui n’est pas la bienvenue pour l’institution présidée par l’universitaire Mohamed Dejalloui.

Pour M. Ghalamallah, il n’est pas question que le caractère latin soit dominant sur l’arabe dans la transcription de tamazight. Il est allé plus loin dans ses déclarations, en qualifiant les personnes qui plaident pour la transcription de cette langue maternelle en latin, qu’« elles sont des invasions ». Par la suite, le même conférencier a tenu à rectifier ses dires en affirmant qu’il n’est pas en train de critiquer les personnes désirant transcrire cette langue, mais plaide plutôt pour que le latin ne domine pas l’arabe dans la transcription de tamazight.

« Nous voulons que cette langue soit rédigée en arabe pour préserver notre identité nationale et l’héritage de nos aïeux. Tamazight doit être rédigée avec les lettres nationales qui est l’arabe. Nous ne sommes pas des Français pour que notre langue soit rédigée en latin », a affirmé Ghalamallah, en marge de la tenue d’une rencontre nationale sur les manuscrits et leur rôle sur la préservation culturelle et identitaire des Zwawa, organisée, hier, au niveau de la Maison de la culture, Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.

Une rencontre qui est la première du genre qui a pour objectif de sensibiliser les membres des zaouias et les détenteurs des manuscrits ou bien des archives écrites du patrimoine national sur la nécessité de la préservation de cet héritage ancestral. « Notre objectif de la tenue de cette rencontre est de préserver ces manuscrits et de lutter contre l’abandon du patrimoine culturel ». Même son de cloche chez le président du haut Conseil de la langue arabe, Pr Salah Belaïd, qui a indiqué qu’ils sont prêts à travailler en collaboration avec l’Académie de l’Amazighité pour la promotion de tamazight.

D’ailleurs, ils ont proposé la mise en place d’une plate-forme sur l’aménagement linguistique de cette langue pour la promotion effective de cette langue, mais aussi pour créer le sentiment du nationalisme et de citoyenneté au sein du peuple algérien. Le même président, et en termes de chiffres, a annoncé que 12 000 manuscrits du patrimoine national ont été collectés et 900 ont été numérisés. L’objectif de la numérisation de ces archives manuscrites, c’est de sauvegarder l’identité nationale et la promotion du patrimoine culturel de l’Algérie. D’ailleurs, 6 familles des membres des zaouias ayant remis ces manuscrits aux organisateurs de cette rencontre ont été honorées à l’issue d’une cérémonie de remise de prix qui s’est déroulée en présence des autorités locales.

A propos de la polémique qui a défrayé la chronique ces derniers jours relative à la déclaration faite par une association qui a décrété que la célébration de Yennayer « haram », Ghalamallah s’est contenté de dire que le Nouvel an berbère est célébré par les Algériens depuis des décennies. « On doit poser la question à ces personnes qui ont décrété que Yennayer est illicite sur le plan religieux ». Pour ce qui est de l’impression du Saint Coran, il a affirmé que l’Algérie travaille en collaboration avec deux entreprises spécialisées dans cette question, l’une dans l’Arabie saoudite et l’autre en Iran pour veiller sur le caractère de l’impression de ce Livre saint.

« Nous avons mobilisé Hadj Mohamed Tayeb, un spécialiste dans les questions religieuses qui a rédigé le Coran en langue amazighe avec le caractère amazigh qui s’est déplacé en Arabie saoudite pour s’enquérir de près des méthodes d’impression et de traduction du Coran en plusieurs langues ». Interrogé si le recul enregistré dans la promotion du travail des zaouias est dû au manque de moyens attribués à leur faveur, le président de HCI a affirmé que les zaouias disposent de moyens colossaux pour intensifier leurs activités.

Le problème, rajoute-t-il, réside dans le recul d’affluence des étudiants qui se rendent au niveau de ces lieux.
« Il y a des moyens non-exploités au niveau des zaouias parce qu’il n’y a pas d’étudiants qui se rendent au niveau de ces lieux».

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