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EES : les 5 règles à connaître pour les Algériens qui voyagent en Europe

EES : les 5 règles à connaître pour les Algériens qui voyagent en Europe
Contrôle biométrique EES : un voyageur algérien présente son passeport et ses empreintes à la frontière européenne. (photo d'illustration)
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Depuis le 10 avril 2026, le système européen d’entrée-sortie (EES) enregistre électroniquement chaque passage des voyageurs algériens aux frontières de 29 pays européens. Il calcule automatiquement leurs 90 jours de séjour autorisés. À l’approche des vacances de la Toussaint, voici les 5 règles à connaître : qui est concerné, ce que le système conserve. De plus, voici ce qui a changé depuis la fin des dérogations accordées cet été aux postes-frontières saturés.

Le tampon sur le passeport appartient au passé. Depuis le 10 avril 2026, l’Union européenne applique pleinement son système d’entrée-sortie. Ce déploiement progressif a été lancé en octobre 2025. L’EES enregistre désormais électroniquement les entrées et sorties des ressortissants de pays tiers qui viennent en Europe pour un court séjour. Par ailleurs, l’ambassade de France en Algérie avait annoncé ce changement aux voyageurs partant d’Algérie dès son entrée en vigueur.

Cinq mois plus tard, beaucoup de voyageurs s’interrogent encore sur ce que le système enregistre réellement. Voici les règles essentielles, vérifiées sur le site officiel de la Commission européenne.

Règle n° 1 : qui passe par l’EES, qui en est dispensé

L’EES s’applique aux ressortissants de pays tiers qui entrent pour un court séjour, soit 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours. Les Algériens titulaires d’un visa Schengen court séjour (visa C) sont donc concernés.

Le système fonctionne dans 29 pays européens : tous les États de l’Union européenne sauf Chypre et l’Irlande, auxquels s’ajoutent l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse.

La Commission européenne dispense toutefois plusieurs catégories de voyageurs, dont la liste officielle comprend notamment :

  • les titulaires d’un titre de séjour ou d’un visa long séjour délivré par un pays appliquant l’EES ;
  • les ressortissants non européens membres de la famille d’un citoyen de l’Union et titulaires d’une carte de séjour ;
  • les citoyens des pays européens appliquant l’EES, ainsi que ceux de Chypre et de l’Irlande.

Concrètement, un Algérien qui réside légalement en France ou en Espagne avec un titre de séjour n’entre pas dans l’EES. Il présente son passeport et son titre de séjour à la frontière, comme auparavant, sans relevé d’empreintes ni photo.

Une exception mérite l’attention : la Commission européenne précise que les titres de séjour et visas long séjour délivrés par Chypre ou l’Irlande ne dispensent pas de l’enregistrement. C’est selon sa note sur les exemptions.

Les binationaux titulaires d’un passeport européen échappent également au système : l’EES ne s’applique qu’aux voyageurs qui n’ont la nationalité d’aucun pays de l’UE, selon le site officiel de l’EES. À la frontière, ils doivent toutefois présenter leur passeport européen. En revanche, avec le passeport algérien, le garde-frontière les traite comme des ressortissants de pays tiers.

Règle n° 2 : ce que le système enregistre

À chaque passage, l’EES enregistre les données du passeport, la date et le lieu d’entrée et de sortie, ainsi que les éventuels refus d’entrée.

Pour la biométrie, la règle dépend de votre situation. Selon la foire aux questions officielle de l’UE, le système ne stocke que l’image faciale des voyageurs soumis au visa, puisque leurs empreintes figurent déjà dans le fichier des visas (VIS). De plus, il enregistre quatre empreintes et une photo pour les voyageurs dispensés de visa. Pour l’instant, les agents ne relèvent pas les empreintes des enfants de moins de 12 ans.

L’enregistrement ne demande aucune inscription préalable : il se fait au premier passage, à une borne ou auprès d’un agent.

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Règle n° 3 : vos 90 jours calculés automatiquement

La règle des 90 jours sur 180 ne change pas, mais sa surveillance, si. Depuis le 10 avril 2026, les agents n’apposent plus de tampon, et un calculateur automatique décompte les jours de séjour. Le système calcule cette période une seule fois pour l’ensemble des 29 pays, et non pays par pays : un séjour en France et un séjour en Espagne s’additionnent.

Vous pouvez demander aux agents de contrôle la durée de séjour qu’il vous reste. Selon la Commission européenne, vous pouvez aussi la consulter en ligne ou sur les équipements installés à certains postes-frontières.

Le dépassement a désormais une trace durable. Si vous restez au-delà de la durée autorisée, le système vous inscrit automatiquement sur une liste des personnes en dépassement. D’ailleurs, les agents aux frontières, les services d’immigration et les personnels chargés de délivrer les visas ont accès à cette liste, précise la page officielle consacrée aux données détenues par l’EES.

La Commission prévoit toutefois une porte de sortie : si vous prouvez que vous avez dépassé votre séjour à cause de circonstances imprévisibles, comme une hospitalisation après un accident grave, les autorités peuvent corriger vos données et vous retirer de la liste. En parallèle, les sanctions éventuelles relèvent, elles, de la loi de chaque pays.

Règle n° 4 : combien de temps vos données restent dans le système

L’EES conserve les données de chaque voyageur pendant trois ans, une durée qui repart à chaque nouveau voyage. De plus, elle s’allonge à cinq ans lorsqu’aucune sortie n’est enregistrée après la fin du séjour autorisé. Cela est notamment vrai en cas de dépassement.

Vous gardez un droit de regard sur ces informations. Vous pouvez demander à y accéder, les faire rectifier, les compléter ou les faire supprimer, en vous adressant à l’autorité compétente de n’importe quel pays participant, qui doit répondre sous 45 jours. Un voyageur signalé pour dépassement de séjour peut aussi obtenir la correction de son dossier s’il prouve que ce dépassement est dû à un événement imprévisible et grave. Le Contrôleur européen de la protection des données et des autorités nationales indépendantes supervisent le système dans chaque pays participant.

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Règle n° 5 : plus de dérogation en cas d’affluence depuis le 6 septembre

Pendant la montée en charge du système puis pendant l’été, les pays européens pouvaient suspendre temporairement la collecte des données biométriques aux postes-frontières saturés, pour limiter l’attente. Cependant, le règlement limitait cette faculté dans le temps : elle a expiré le 6 septembre 2026. En outre, la Commission européenne n’a pas annoncé de prolongation.

Selon des médias européens, un porte-parole de la Commission a estimé, lors d’un point presse le 1er septembre, que l’EES avait globalement bien fonctionné pendant l’été. Par contre, les compagnies aériennes, par la voix de leur association internationale IATA, réclamaient une prolongation de cette souplesse jusqu’à la fin de l’hiver.

Pour les voyageurs, la conséquence est simple : mieux vaut prévoir davantage de temps au passage de la frontière. De plus, cela est particulièrement important lors d’un premier voyage depuis avril et pendant les périodes de pointe comme la Toussaint ou les fêtes de fin d’année.

Nos conseils avant de partir

  • Arrivez en avance : le premier enregistrement prend plus de temps que les passages suivants.
  • Gardez vos justificatifs à portée de main : l’EES ne change pas les conditions d’entrée. Passeport, visa, preuve d’hébergement, ressources et billet retour restent exigés.
  • Surveillez vos dates : tenez un compte précis de vos jours passés dans l’espace Schengen, puisque le système les additionne entre les 29 pays.
  • Résidents en Europe : emportez toujours votre titre de séjour original et en cours de validité, qui vous dispense de l’EES.
  • Ne confondez pas EES et ETIAS : l’autorisation de voyage ETIAS vise les voyageurs dispensés de visa. Les Algériens, soumis au visa, ne sont pas concernés.

Les modalités de contrôle peuvent varier d’un pays et d’un poste-frontière à l’autre. Il est recommandé de consulter le site officiel de l’Union européenne ou le consulat du pays de destination avant de voyager, afin d’éviter toute confusion.

Depuis sa mise en service, le système a déjà enregistré des dizaines de millions de passages, comme nous le détaillions dans notre article sur les nouvelles règles d’entrée et de sortie de l’espace Schengen. Par ailleurs, d’autres changements se préparent. L’Union européenne travaille aussi à une réforme des frais et des conditions du visa Schengen.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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