Syrie: l’armée progresse dans la province de Deraa, des dizaines de milliers de déplacés

Syrie: l’armée progresse dans la province de Deraa, des dizaines de milliers de déplacés

DAMAS- L’armée syrienne poursuivait mercredi son offensive dans la province de Deraa, dans le sud du pays où elle tente de reprendre les zones aux mains des terroristes, provoquant la fuite de plusieurs dizaines de milliers de civils.

L’armée syrienne a réalisé une percée dans la province de Deraa (sud) avec la conquête de deux localités tenus par les terroristes dans la nuit du lundi à mardi, morcelant ainsi les territoires tenus par les hommes armés et provoquant la fuite de milliers de civils.

Selon l’ONU, environ 45 000 personnes ont fui les combats dans la province pour rejoindre la Jordanie, et « au moins 32 civils ont été tués », selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans la nuit de mardi à mercredi, les forces gouvernementales ont conquis les deux localités voisines de Basr al-Harir et Mlihat al-Atach, coupant en deux les territoires sous le contrôle des groupes armés dans l’est de Deraa, a annoncé l’ONG. « C’est la progression la plus importante du gouvernement en une semaine » a estimé le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, précisant que « le nord-est de Deraa est désormais totalement encerclé ».

Les forces syriennes ont pris également le contrôle de la zone de Lajat, dans le nord-est de la province de Deraa, selon des médias.

Le gouvernement a fréquemment eu recours à la stratégie d’encerclement lors de ses précédentes offensives contre des bastions des groupes terroristes, cherchant à isoler les territoires afin d’affaiblir ces groupes. Ces derniers contrôlent 70 % de la province de Deraa et celle voisine de Quneitra, tandis que le gouvernement contrôle la région de Soueida, la troisième de ce trio qui compose le sud syrien.

-Des consultations de l’ONU pour trouver une solution politique-

L’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a rencontré lundi à Genève de hauts représentants français, allemands, jordaniens, saoudiens, britanniques et américains pour discuter du processus politique de Genève mené et lancé par les Syriens et facilité par les Nations Unies.

Dans un communiqué de presse, M. de Mistura a expliqué que pendant cette rencontre, les participants ont été informés de la situation sur le terrain.

Des échanges ont également menés sur les perspectives de progrès sur le terrain constitutionnel et les efforts diplomatiques continus pour promouvoir un terrain commun parmi les acteurs internationaux.

Lors de la réunion, l’envoyé spécial de l’ONU a salué les six pays qui ont réaffirmé qu’ils soutenaient le rôle de l’ONU dans la facilitation du processus politique, précise le communiqué, ajoutant que d’autres réunions similaires sont attendues pour faciliter l’établissement d’un comité constitutionnel pour traiter les dimensions plus larges du processus politique.

Plus tôt cette semaine, il a rencontré des officiels russes, turcs et iraniens pour discuter du même sujet.

Les dernières discussions de paix de l’ONU sur la Syrie, qui se sont achevées à Genève en décembre 2017, ont été qualifiées par M. de Mistura d' »une opportunité en or manquée ».

Sur le plan politique interne, le président syrien Bachar al-Assad a affirmé que « toute réforme constitutionnelle en Syrie ne sera effectuée que si elle est soutenue par le peuple syrien ».

Une réforme constitutionnelle n’a rien à voir avec le président ou le gouvernement de la Syrie, et elle n’a rien à voir avec les pays étrangers ou les organisations internationales, a affirmé M. al-Assad. « Malgré le fait que la guerre est en cours maintenant, nous avons assez de moyens pour redresser le pays, nous en sommes sûrs », a-t-il assuré.

Le président syrien a notamment fustigé les accusations sur les armes chimiques proférées par l’Occident comme un « prétexte » pour une intervention étrangère, disant que la Syrie ne possède pas d’armes chimiques depuis 2013.

La guerre en Syrie a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes depuis mars 2011.