Suspension d’importation de bovin : la DGSV clarifie sa décision

Les importateurs de bétail peuvent souffler, au moins partiellement. La Direction générale des services vétérinaires (DGSV) a adressé le mercredi 28 octobre une note aux opérateurs économiques pour circonscrire la portée de sa décision prise six jours plus tôt. La suspension de l’importation de bovins sur pied ne frappe finalement qu’une partie du marché.
Dans ce document, l’autorité sanitaire rattachée au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche indique noir sur blanc que la mesure « concerne exclusivement les bovins destinés à la reproduction et à l’engraissement ». Et d’ajouter : « Par conséquent, les bovins vivants destinés à l’abattage ne sont pas concernés par cette suspension temporaire. »
La DGSV restreint la suspension aux bovins de reproduction
La clarification lève une ambiguïté qui pesait depuis une semaine sur toute la filière. Le texte initial du 22 octobre parlait de bovins sur pied sans autre précision, laissant penser à un verrou total sur les entrées d’animaux vivants.
Désormais, la ligne de partage est nette. Un opérateur qui fait venir des bêtes pour les conduire directement à l’abattoir reste dans son droit. En revanche, celui qui importe des génisses destinées au renouvellement du cheptel ou des taurillons à engraisser doit patienter. La note initiale avait d’ailleurs annulé les dérogations sanitaires encore en cours de validité, un détail qui avait fortement inquiété les professionnels dont les cargaisons étaient déjà engagées.
L’autorité vétérinaire n’avance toujours aucune date de reprise. La formule « jusqu’à nouvel ordre » demeure, et rien ne filtre sur le sort des commandes déjà passées auprès des fournisseurs étrangers.
Les importations de viande échappent à la mesure sanitaire
Second point abordé par la DGSV : le marché carné n’est pas touché. L’institution assure que « les importations de différents types de viande restent également autorisées ». Une précision qui compte dans un pays où la viande rouge pèse lourd dans le budget des ménages.
La question de l’impact de cette décision sur les prix de la viande rouge a d’ailleurs alimenté les discussions dès l’annonce de la mesure. En maintenant ouverts les canaux d’approvisionnement en viandes et en animaux de boucherie, les autorités cherchent visiblement à éviter une tension sur l’étal.
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La fièvre aphteuse plane sur la décision des services vétérinaires
Les deux notes se contentent d’invoquer des « raisons sanitaires » liées au suivi des opérations d’importation. Aucune pathologie n’est nommée. Mais le calendrier parle de lui-même : la décision tombe alors que le Laboratoire central vétérinaire a confirmé des foyers de fièvre aphteuse.
Cette maladie virale frappe les animaux à onglons et se propage à une vitesse redoutable. Les bêtes destinées à la reproduction ou à l’engraissement vivent longtemps au contact du cheptel local, ce qui en fait un vecteur bien plus dangereux que des animaux acheminés directement vers l’abattoir. La logique sanitaire derrière la distinction opérée par la DGSV apparaît ainsi plus lisible.
La décision a rapidement dépassé les frontières nationales. Dès le 27 octobre, l’Office économique et commercial d’Espagne à Alger avait prévenu ses exportateurs de bétail. Madrid revendique aujourd’hui la place de premier fournisseur de viandes rouges du marché algérien.
Fièvre aphteuse : Constantine ferme tous ses marchés à bestiaux pendant 15 jours
Rideau baissé sur les marchés à bestiaux de Constantine. Le wali a signé un arrêté ordonnant la fermeture de tous les points de vente d’animaux de la wilaya, qu’il s’agisse de bovins, d’ovins ou de caprins. La mesure court sur quinze jours, avec possibilité de prolongation, et vise un seul objectif : empêcher l’arrivée et la propagation de la fièvre aphteuse sur le territoire local.
L’annonce a été relayée par la Direction des services agricoles. Elle fait suite à la confirmation de cas chez des bovins dans plusieurs wilayas du pays, ainsi qu’aux instructions transmises par la Direction générale des services vétérinaires, rattachée au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Ces correspondances appellent à durcir la surveillance sanitaire face à un virus réputé pour sa vitesse de diffusion.
Une seule exception a été ménagée, celle des bêtes conduites à l’abattoir. Encore faut-il qu’elles voyagent avec un certificat vétérinaire en règle.
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