Fruits et légumes : plafonnement, stocks, contrôles… comment l’État veut freiner la hausse des prix

Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a réuni mardi 20 octobre les mandataires des marchés de gros de fruits et légumes. Au menu : leur adhésion au nouveau dispositif de suivi quotidien des prix. Le mécanisme, encore en préparation, ne garantit pas une baisse immédiate des prix.
Prix des fruits et légumes en Algérie : Sifi Ghrieb réunit les mandataires des marchés de gros
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé mardi 20 octobre une réunion du Conseil interministériel conjoint. Elle portait sur les modalités d’adhésion des mandataires des marchés de gros de fruits et légumes au nouveau dispositif de suivi quotidien. Ce mécanisme couvre les prix et la disponibilité des produits de première nécessité dans tout le pays.
Cette réunion applique les orientations du président de la République lors du Conseil des ministres du dimanche 18 octobre. Le chef de l’État y avait ordonné une série de mesures immédiates pour suivre les prix et la disponibilité des produits de base. Le gouvernement passe désormais à la phase de concertation avec les professionnels du secteur.
Marchés de gros : quel rôle pour les mandataires dans la fixation des prix ?
Les représentants des mandataires et des grossistes en fruits et légumes ont exposé leurs préoccupations et leurs propositions. Les discussions ont porté sur l’organisation de la commercialisation de ces produits dans un cadre structuré. Le gouvernement présente cette démarche comme participative.
Le mandataire occupe une place centrale dans la chaîne des prix. Il vend la marchandise sur le marché de gros pour le compte des producteurs, contre une commission. Le grossiste achète ensuite ces produits pour les revendre aux détaillants, qui fixent le prix final payé par le consommateur.
La réunion s’est tenue en présence des ministres concernés, du président de la Chambre nationale d’agriculture et du président de l’UGCAA. Les représentants des mandataires des marchés de gros y participaient aussi. Leur adhésion conditionne en grande partie l’efficacité du futur dispositif.
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Suivi quotidien des prix : comment le gouvernement veut renforcer la transparence
Le nouveau dispositif poursuit trois objectifs. Il vise d’abord à renforcer la transparence sur les marchés de gros. Il doit ensuite assurer la traçabilité des produits tout au long de la chaîne de distribution, du producteur au consommateur.
Le gouvernement veut enfin garantir une disponibilité régulière des fruits et légumes à des prix maîtrisés. Aucun objectif chiffré de baisse des prix n’accompagne toutefois cette annonce. Le suivi quotidien doit surtout permettre de repérer plus vite les hausses anormales et les pénuries.
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Le Conseil des ministres du 18 octobre a fixé le cadre de ce dispositif. Le président de la République a ordonné un système décentralisé de suivi quotidien des prix. Les directeurs du commerce l’assureront au niveau local, sous la responsabilité des walis. Une base de données numérique doit aussi servir de mécanisme d’alerte en cas de hausse anormale.
- Plafonnement : le ministère du Commerce intérieur prépare un plafonnement des prix et des marges pour les légumes, les légumineuses, les pâtes et les viandes.
- Stocks : les excédents de production locale seront achetés, stockés, puis remis sur le marché dès les premiers signes de hausse.
- Contrôles : les brigades de contrôle des prix seront doublées, avec des descentes quotidiennes toute l’année.
- Intermédiaires : un texte doit réglementer l’activité des intermédiaires entre producteurs et consommateurs.
- Viandes : une enquête vise le rôle de certains importateurs dans la hausse des prix des viandes importées.
Le chef de l’État a ainsi ordonné une enquête sur les importateurs de viande, soupçonnés d’accaparement. Les autorités avaient déjà plafonné le prix de la pomme de terre et lancé des opérations de déstockage. La ministre du Commerce intérieur, Amel Abdellatif, a aussi annoncé des publications quotidiennes des prix et une application mobile pour signaler les infractions.
Le président de l’Organisation nationale de protection du consommateur, Abdelhakim Hadj Ali, a salué ces décisions. Les associations de consommateurs attendent désormais leur traduction concrète sur les étals. Le gouvernement inscrit ces mesures dans sa politique de soutien au pouvoir d’achat en 2027.
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Prix des fruits et légumes : quels changements pour les consommateurs algériens ?
Le dispositif reste à ce stade en préparation. Le gouvernement n’a annoncé ni date de mise en service ni calendrier de déploiement. Les marchés de gros concernés et la liste des produits suivis n’ont pas encore été précisés.
Plusieurs questions pratiques restent aussi ouvertes. Le gouvernement n’a pas précisé si les prix de gros seront publiés pour le grand public. Le rythme de transmission des données par les mandataires reste aussi à fixer. Les sanctions prévues pour ceux qui refuseraient d’adhérer n’ont pas non plus été communiquées.






