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Décès d’un Algérien en France : héritage, impôts et frédha, les démarches à connaître

Décès d’un Algérien en France : héritage, impôts et frédha, les démarches à connaître
La succession d'un Algérien décédé en France peut nécessiter des démarches notariales dans les deux pays, notamment pour les biens immobiliers situés en Algérie.

Lorsqu’un parent algérien décède en France, sa succession peut relever à la fois du droit français et du droit algérien. Tout dépend de la nature des biens et du lieu où ils se trouvent. Loi applicable, rôle du notaire, droits de succession et frédha : voici les repères essentiels pour les familles.

Succession d’un Algérien décédé en France : quelle loi s’applique à l’héritage ?

Depuis 2015, un règlement européen encadre les successions internationales dans l’Union européenne. Le règlement (UE) n° 650/2012 s’applique aux successions des personnes décédées à partir du 17 août 2015. Il vaut aussi lorsque le défunt possède la nationalité d’un pays extérieur à l’Union, comme l’Algérie.

Son principe est simple : la loi de l’État de la dernière résidence habituelle du défunt régit l’ensemble de la succession. Pour un parent algérien installé en France, la loi française s’applique donc en principe. Le texte réserve seulement le cas exceptionnel de liens manifestement plus étroits avec un autre État.

Une personne peut toutefois choisir la loi de sa nationalité pour régir toute sa succession. Ce choix doit être exprès et prendre la forme d’une disposition à cause de mort, comme un testament. Un binational franco-algérien peut ainsi désigner la loi française ou la loi algérienne.

Le droit français protège aussi les enfants contre une loi étrangère moins favorable. Depuis le 1er novembre 2021, ils peuvent effectuer un prélèvement compensatoire sur les biens situés en France. Cette règle joue lorsque la loi étrangère applicable ne prévoit aucun mécanisme réservataire protecteur des enfants.

Elle suppose aussi que le défunt ou l’un de ses enfants soit ressortissant de l’Union, ou y réside. Le droit algérien limite de son côté les legs au tiers du patrimoine. L’application de ce prélèvement à une succession soumise à la loi algérienne relève donc de l’analyse du notaire.

Héritage en Algérie : les règles du Code civil et du Code de la famille

Le droit algérien retient un critère différent. Selon l’article 16 du Code civil, les successions relèvent de la loi nationale du défunt au moment du décès. Pour un Algérien, c’est donc la loi algérienne qui s’applique.

Le même code soumet en outre les droits réels sur un immeuble à la loi du lieu où il se trouve. Les règles de dévolution successorale figurent dans le Code de la famille de 1984, modifié en 2005. Ce texte fixe la part de chaque héritier et limite les legs au tiers du patrimoine, sauf accord des héritiers.

Cette différence peut avoir des conséquences concrètes. Le notaire français et le notaire algérien peuvent appliquer des lois différentes à une même succession, en particulier pour les biens situés en Algérie. D’où l’intérêt de consulter les deux professionnels dès l’ouverture de la succession.

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Droits de succession en France : quel rôle pour le notaire et quels impôts payer ?

En France, le notaire joue un rôle central dans le règlement de la succession. Il établit l’acte de notoriété, qui désigne les héritiers. Il règle ensuite les biens situés en France, comme les comptes bancaires ou le logement.

Les héritiers doivent déposer une déclaration de succession dans les six mois, lorsque le décès survient en France métropolitaine. Ce délai passe à douze mois dans les autres cas. Le notaire prépare en général cette déclaration pour la famille.

Les droits de succession dépendent du lien de parenté avec le défunt. Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 euros, et le conjoint survivant est exonéré. Lorsque le défunt était domicilié en France, les droits portent en principe aussi sur ses biens situés en Algérie.

L’impôt éventuellement payé en Algérie sur ces biens peut alors s’imputer sur les droits français. La convention fiscale franco-algérienne, consacrée aux impôts sur le revenu et sur la fortune, ne règle pas cette question. Le notaire précise le traitement de chaque bien, afin d’éviter toute confusion.

Biens immobiliers en Algérie : comment obtenir la frédha et régler la succession ?

Pour les biens situés en Algérie, la démarche passe par un notaire algérien. Il établit la frédha, l’acte qui désigne les héritiers et fixe la part de chacun. Cette part découle des règles du Code de la famille.

Le notaire demande en général l’état civil du défunt, comme l’acte de décès, l’acte de mariage et le livret de famille. Il réclame aussi les actes de naissance et les pièces d’identité des héritiers. La liste exacte peut varier, et il est recommandé de la vérifier auprès du notaire avant de rassembler les documents.

La frédha ne transfère pas pour autant la propriété des biens. La mutation d’un bien immobilier exige une attestation notariée après décès, puis sa publication à la conservation foncière. Les héritiers peuvent ensuite rester en indivision ou procéder au partage, comme l’explique notre guide sur l’héritage immobilier en Algérie depuis l’étranger.

Consulat d’Algérie en France : procuration et démarches pour les héritiers

La frédha relève du notaire, et non du consulat d’Algérie. Le consulat intervient en revanche pour l’état civil, les légalisations et les procurations. Ces formalités permettent aux héritiers établis en France d’agir sans se déplacer en Algérie.

La procuration s’établit au consulat, où le mandant signe l’acte devant l’agent consulaire. Le site de chaque consulat précise les pièces exigées et les éventuels frais. Il vaut mieux demander au notaire algérien le texte exact de la procuration avant de s’y rendre.

Le notaire connaît en effet l’acte final à accomplir et les pouvoirs nécessaires. Le transfert éventuel de sommes vers la France doit aussi respecter les règles de déclaration en douane.

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Succession franco-algérienne : qui fait quoi entre les notaires et les administrations ?

Plusieurs acteurs interviennent selon la localisation des biens. Chacun a un rôle précis, et leurs démarches se complètent. Voici une répartition indicative.

  • Notaire en France : acte de notoriété, déclaration de succession et partage des biens situés en France.
  • Administration fiscale française : calcul et perception des droits de succession.
  • Notaire en Algérie : frédha, attestation après décès et actes de partage des biens en Algérie.
  • Conservation foncière : publication de la mutation des biens immobiliers en Algérie.
  • Consulat d’Algérie : état civil, procurations et légalisations pour les héritiers en France.

Héritage entre la France et l’Algérie : les précautions à prendre avant le partage

Les familles ont intérêt à réunir rapidement l’état civil du défunt, en version française et algérienne. Il est aussi utile de consulter un notaire en France et un notaire en Algérie. Leurs échanges permettent d’éviter des décisions contradictoires sur les mêmes biens.

De son vivant, une personne peut aussi rédiger un testament et y choisir la loi de sa nationalité. Ce choix limite les risques de conflit entre les deux systèmes juridiques. Chaque succession reste toutefois particulière, et il est recommandé de faire valider sa situation par un notaire ou un avocat, afin d’éviter toute confusion.

AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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