“Study in Algeria”: l’enseignement supérieur algérien séduit de plus en plus d’étudiants du monde entier

“Study in Algeria”: l’enseignement supérieur algérien séduit de plus en plus d’étudiants du monde entier
« Study in Algeria »

Lancé comme une simple ambition il y a trois ans, le programme « Study in Algeria » (Étudier en Algérie) franchit aujourd’hui une étape historique. Porté par le décret présidentiel de février 2025, ce projet transforme les institutions d’enseignement supérieur nationales en une destination académique de premier plan, alliant excellence pédagogique, transformation numérique et diplomatie scientifique.

Loin de se contenter de son rôle traditionnel, l’université algérienne s’ouvre désormais au monde. Ce programme ne vise pas seulement à attirer des étudiants étrangers, mais s’inscrit dans une vision stratégique globale : renforcer la visibilité internationale des diplômes algériens, diversifier les sources de financement des universités et former de futurs « ambassadeurs scientifiques » de l’Algérie à travers le monde.

De la qualité à l’ambition présidentielle

L’aventure a commencé en 2023 sous l’impulsion du ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Kamel Baddari, avec le label “Study in Algeria ». Ce dernier définissait des standards rigoureux pour l’accueil des étudiants internationaux (pédagogie, services, loisirs). En 2025, cette ambition a pris une dimension légale majeure avec le décret présidentiel n° 25-83.

Ce nouveau cadre juridique instaure un système contractuel où l’étudiant étranger s’acquitte de frais de scolarité étudiés, marquant une rupture avec le système classique des bourses de coopération étatique. Pour rappel, depuis 1962, l’Algérie a formé plus de 63 000 étudiants étrangers. Aujourd’hui, avec cette nouvelle formule payante, le pays entend passer à la vitesse supérieure tout en maintenant ses engagements de solidarité internationale.

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Offre académique et compétitivité

Selon M. Youcefat Abderrahmane, Directeur de la coopération et des échanges au ministère, l’Algérie figure désormais parmi les meilleures destinations mondiales en termes de rapport qualité-prix. Les tarifs proposés sont particulièrement attractifs par rapport aux standards internationaux:

  • Sciences Humaines et Sociales : à partir de 800 $ par an.
  • Sciences Médicales et Ingénierie : entre 4 000 $ et 5 000 $ par an.

Fidèle à sa tradition d’hospitalité, l’État algérien permet aux étudiants internationaux de bénéficier des mêmes avantages que les étudiants nationaux pour la restauration (prix symbolique), tandis que l’hébergement annuel ne coûte qu’environ 180 $.

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Avancées numériques et succès frappant

La grande nouveauté de cette deuxième édition est la levée des obstacles bureaucratiques liés au paiement. Grâce à une coordination étroite entre le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère des Finances et la Banque d’Algérie, les étudiants peuvent désormais : S’inscrire via une plateforme numérique dédiée, obtenir l’équivalence de leurs diplômes en un clic et même régler leurs frais d’inscription en ligne par carte (Visa, Mastercard) en devises étrangères.

Un compte centralisé auprès de l’Université d’Alger 3 a été mis en place pour fluidifier la réception des fonds et leur redistribution vers les universités d’accueil, simplifiant ainsi radicalement le processus par rapport à la première édition.

Un succès statistique déjà palpable

Les chiffres de la première édition témoignent de l’intérêt suscité par l’Algérie : 17 000 visiteurs sur la plateforme, 2 000 dossiers déposés, dont 1 200 acceptés et près de 500 étudiants internationaux (hors boursiers) ont effectivement rejoint les bancs des universités algériennes, représentant 25 nationalités (Arabie Saoudite, Oman, Égypte, Cameroun, Côte d’Ivoire, et même des étudiants d’Europe et des États-Unis attirés par la langue arabe et les sciences islamiques).

Cette première phase a généré plus d’un million de dollars de revenus directs pour les universités, un chiffre qui devrait croître de manière exponentielle avec les nouvelles facilités de paiement.

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Depuis le 13 avril, la plateforme est officiellement ouverte pour la session 2026-2027. Les candidats peuvent postuler dès maintenant, même avant l’obtention de leur baccalauréat dans leur pays d’origine, afin d’anticiper les démarches administratives.

Comme le souligne la Pr Nada Nouri, sous-directrice au ministère, ce programme est une « lanterne scientifique » qui transforme l’université en un centre de rayonnement culturel et économique. Plus qu’un simple échange académique, « Study in Algeria » est le moteur d’une nouvelle diplomatie scientifique, où chaque diplômé devient un pont vivant entre l’Algérie et le reste du monde.