Stations SDEM : L’Algérie investit 1 milliard USD dans ces 3 wilayas

Stations SDEM : L’Algérie investit 1 milliard USD dans ces 3 wilayas
L’Algérie accélère sa stratégie de sécurité hydrique

Face au stress hydrique persistant, Alger accélère sa stratégie de sécurité hydrique. Un nouvel investissement d’un milliard de dollars est consenti pour la construction de stations de dessalement dans le Nord-Ouest, avec un objectif majeur : préserver le secteur agricole.

En effet, le gouvernement vient de débloquer un milliard de dollars pour la réalisation de trois nouvelles stations de dessalement d’eau de mer dans les régions de Tlemcen, Mostaganem et Chlef.

Ce projet d’envergure, qui devrait apporter une capacité supplémentaire de 900 000 mètres cubes par jour, s’inscrit dans un plan global de 5,4 milliards de dollars visant à répondre aux besoins croissants des 47 millions d’habitants du pays.

Selon Lahcen Bada, PDG de l’Algérienne des Eaux (ADE), cette augmentation de la production vise un double objectif. En plus de sécuriser l’approvisionnement en eau potable, elle permettra de libérer des volumes d’eau douce, moins coûteux, pour des secteurs vitaux.

« L’objectif est de soutenir des secteurs stratégiques comme l’agriculture afin de garantir la sécurité alimentaire du pays », a-t-il précisé lors d’un entretien.

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Le Nord-Ouest algérien, véritable grenier à blé et zone de production majeure d’olives et de fruits, est durement touché par le recul de la pluviométrie depuis deux décennies. Cette situation a non seulement vidé les barrages, mais a également favorisé la multiplication des incendies de forêt.

L’Algérie accélère sa diversification économique hors-hydrocarbures

Le secteur agricole représente environ 15 % du PIB algérien (estimé à 285 milliards de dollars). Alors que les revenus pétroliers et gaziers subissent les fluctuations du marché et une hausse de la consommation intérieure, Alger cherche à diversifier ses ressources. Outre l’agriculture, le pays mise sur le tourisme, l’industrie et les mines, tout en limitant drastiquement ses importations pour protéger ses réserves de change.

D’ici 2030, l’Algérie franchira un cap historique en couvrant 60 % de ses besoins en eau potable par le dessalement, contre 42 % aujourd’hui, s’appuyant sur un parc industriel déjà robuste de 19 stations produisant 3,5 millions de m³ par jour.

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Cette montée en puissance technologique ne vise pas seulement les robinets des citoyens : elle sanctuarisera un gisement annuel de 4 milliards de m³ d’eau douce exclusivement dédié à l’irrigation, faisant de la sécurité hydrique le moteur d’une souveraineté alimentaire durable.

Transition économique en Algérie : de la rente pétrolière à la souveraineté alimentaire

La construction de ces infrastructures est confiée à des géants publics, notamment des filiales de Sonatrach et le groupe de génie civil Cosider. Ces usines seront alimentées en électricité par Sonelgaz aux tarifs du marché.

L’enjeu est de taille : l’Algérie possède 44 millions d’hectares de terres arables, mais seulement 8,6 millions sont actuellement exploités.

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En sécurisant l’accès à l’eau, le pays espère réduire sa dépendance aux importations de céréales, lui qui figure parmi les plus gros acheteurs mondiaux de blé, malgré des récoltes encourageantes (4,1 millions de tonnes la saison dernière).

Pour Lahcen Bada, ce milliard de dollars n’est pas une simple dépense, mais un « investissement vital » pour la stabilité nationale à long terme.