Stade Omar Hamadi de Bologhine : pourquoi la démolition est inévitable

Stade Omar Hamadi de Bologhine : pourquoi la démolition est inévitable
Stade Omar Hamadi de Bologhine (Alger)

Le projet de démolition du stade Omar Hamadi à Bologhine, pour le remplacer par un parc végétal, a suscité une vive polémique la fin de la semaine écoulée, notamment du côté des supporters de l’USM Alger. De nombreux journalistes ont également exprimé leur refus quant à la disparition de cet édifice sportif historique. Mais il semble que le sort de l’enceinte de Bologhine est inévitable, dont les tribunes sont plus que jamais menacées d’effondrement.

Selon le média « El-Khabar », une analyse des données techniques montre que la décision a été prise suite à un long processus d’études et d’expertises spécialisées. En 2022, la réhabilitation du stade avait été lancée et confiée à une entreprise spécialisée. Très vite, des fissures et des cavités importantes ont été détectées sous les gradins nord et sud, nécessitant l’intervention de la Commission Technique de Contrôle de la Construction (CTC).

Trois expertises successives, la dernière en août 2024, ont classé trois gradins sur quatre en « zone rouge » en raison de la dégradation des fondations et du béton, ainsi que de la corrosion des armatures par l’humidité et le temps.

Parallèlement, la direction de l’USM Alger a fait appel au bureau d’études Beriq, qui, grâce à un examen par rayons infrarouges, a confirmé la nécessité de démolir l’ensemble des gradins. Seul le gradin construit en 1995, abritant actuellement les bureaux du club, est resté intact.

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Pour la reconstruction d’un nouveau stade est impossible ?

Face à ces constats, le stade a été fermé aux compétitions officielles depuis 2022, limité aux entraînements et matchs des jeunes catégories. La wilaya d’Alger a pris en charge le dossier et lancé plusieurs études sur l’avenir du site. Initialement, la reconstruction d’un stade moderne sur l’emplacement existant avait été envisagée, mais cette option a été abandonnée pour des raisons objectives.

Selon la même source, la capacité officielle du stade ne dépasse pas 9 000 spectateurs assis. La superficie totale du terrain est limitée à 2,5 hectares, sans possibilité d’extension. Même après reconstruction, la capacité maximale atteignable serait de 17 000 spectateurs, insuffisante pour la base de supporters de l’USM Alger.

Aussi, le coût financier de l’opération serait disproportionné par rapport au bénéfice sportif et fonctionnel. La configuration du terrain et sa situation le long de voies principales, notamment la RN11, auraient également compliqué les travaux et entraîné des fermetures prolongées de voies essentielles, un scénario impraticable dans une zone densément peuplée.

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Pourquoi seul le stade Omar Hamadi à démolir ?

Après validation de la nécessité de démolir les gradins, plusieurs alternatives ont été étudiées pour l’utilisation du terrain avant qu’il ne soit récupéré par des promoteurs immobiliers. L’idée de créer des terrains sportifs annexes a été écartée, au profit d’un parc végétal ouvert aux habitants de Bologhine et des environs, répondant au manque de zones vertes dans la région. Les premières mesures ont été lancées, avec l’évacuation progressive des commerces liés au stade, souvent exploités sans autorisation légale.

Pourquoi seul le stade Omar Hamadi à démolir, tandis que d’autres stades construis à l’époque coloniale bénéficieront de modernisation ? C’est la question que se posent les supporters de l’USMA. La réponse réside, selon toujours « El-Khabar », dans les caractéristiques techniques.

En effet, le stade 20 Août 1955 de Bélouizdad peut s’étendre sur les terrains voisins, y compris au sud sur un ancien bassin et au nord sur une école endommagée depuis le séisme de 2003. Le stade Mohamed Benhaddad de Kouba dispose également d’espaces pour agrandir les gradins. Le stade 1er Novembre 1954 de Mohammedia possède des gradins simples, faciles à démolir et des espaces adjacents permettant une reconstruction moderne. En revanche, le stade Omar Hamadi est complètement encerclé par l’urbanisation, sans possibilité d’extension, ce qui en fait une exception.

Si la décision de démolition peut sembler émotive pour certains, « elle s’appuie sur des reports techniques convergents et des études financières et urbaines détaillées », ajoute la même source. Le stade représentait un risque réel pour la sécurité du public, et sa fermeture était devenue impérative.

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