Rabah Madjer au JI «Il n'y a pas d'équipes faibles à la CAN ou au Mondial»

lundi 28 décembre 2009 à 0:48
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49977_hp.jpgPour sa dernière émission de l’année 2009, Bahdja Sport a invité vendredi soir la star algérienne du football Rabah Madjer. Un plateau royal quand on sait que les débats ont porté principalement sur la carrière de ce joueur d’exception qui avait marqué l’histoire de notre football dans les années 1980 et 1990.

Dans une ambiance bon enfant, Madjer s’est senti à l’aise dans un environnement juvénile qui lui rappelle ses bons moments. Bien entendu, le palmarès du prince du Prater a été longuement présenté aux auditeurs, notamment à ceux qui ne le connaissaient pas encore du temps où il faisait les beaux jours des Verts et du glorieux club portugais, le FC Porto.

Aussi, les auditeurs de radio Bahdja ont eu le privilège d’écouter des anecdotes inédites du bourreau des Allemands comme de François Bracci, l’actuel coach du MCA qu’il avait comme adversaire en 1982 face à Bordeaux au stade du 5-Juillet, ou encore sur ce Tavarez, joueur de beach soccer portugais qui porte le nom de Madjer au dos de son maillot parce qu’il aime notre Rabah national.

Il est champion du monde des clubs avec Porto

«Je n’ai pas eu la chance de gagner la coupe du monde avec l’Algérie mais j’ai gagné la coupe du monde des clubs avec Porto. Les gens ne savaient pas ce que c’était la coupe intercontinentale, mais c’était tout simplement la coupe du monde des clubs», a signifié Madjer ironiquement en début d’émission pour faire savoir à la jeune génération que l’Algérie possède un leader mondial. «C’était à Tokyo contre le club uruguayen de Penarol.

Une formation réputée pour son beau football. Je me rappelle que ce jour-là nous avions joué sur la neige et il pleuvait aussi. J’ai eu l’honneur de marquer le 2e but victorieux à partir du rond central pendant les prolongations. J’ai vu que le gardien était loin de sa cage et je l’ai lobé des 50 mètres.» Madjer avait été désigné, lors de ce match, meilleur joueur et avait reçu une voiture Toyota comme cadeau.

La talonnade, ce geste mythique

Pour cette inoubliable finale contre le Bayern au Prater de Vienne, Madjer a été le héros de ce match pour avoir offert au FC Porto sa première coupe d’Europe de son histoire.

Et la talonnade ? Quel talent ! Justement, à la question de savoir si Madjer en avait pris un risque, il dira : «Il fallait justement prendre le risque mais pour revenir sur le match, vous savez que le Bayern faisait peur à cette époque.

Arthur Jorge, notre coach d’alors, avait joué la prudence en optant pour un 4-5-1 avec un seul attaquant qui était Futre. Donc, j’ai joué en milieu défensif mais en 2e mi-temps, je suis monté d’un cran car je savais qu’il y avait un bon coup à jouer même si le Bayern d’en face était puissant.

Mon rôle était en attaque et non en défense. Pour revenir à votre question, Juary, mon coéquipier, avait en fait raté sa reprise car un défenseur du Bayern avait touché le ballon et moi, comme j’étais lancé dans ma course, j’ai eu le ballon derrière moi. Là, la seule chose qui me restait à faire c’était la talonnade. J’ai laissé passer le ballon et je n’ai pas laissé le temps au défenseur qui était sur la ligne de but de réagir».

Pour la petite histoire, le Brésilien Pelé avait déclaré que si Madjer ne s’était pas retourné pour suivre le ballon des yeux au moment où il effectuait la fameuse talonnade, cela aurait été le plus beau but de tous les temps.

Madjer et le peuple algérien : Une longue histoire d’amour

Pour calculer un peu le taux d’affection de Rabah Madjer chez le public algérien, Radio Bahdja avait effectué un sondage dans la rue. La question était simple : Que pensez-vous de Madjer ? L’invité de Bahdja Sport, après avoir écouté les avis, n’est pas allé par trente six chemins pour déclarer : «Je suis toujours resté près du public algérien.

Un public qui m’est très cher. Là où je rencontre des Algériennes et des Algériens, c’est un moment fabuleux pour moi et je me fais toujours un plaisir de réserver mon temps à ce précieux public qui m’a toujours soutenu aussi bien quand j’étais joueur qu’entraîneur. Pour cela, je lui dis merci.»

«Mes plus beaux buts ? Constantine, Gijon et Vienne !»

A la question d’un auditeur de savoir quels sont ses plus beaux buts, Madjer n’a pas hésité un instant pour se rappeler de celui qu’il avait marqué à Constantine contre le Nigeria en éliminatoires du Mondial 1982. « C’est un joli but car je l’ai bien travaillé. Un sombrero sur un joueur nigérian, j’écrase le ballon du pied gauche et v’lan, en pleine lucarne ! Il y a aussi le but contre l’Allemagne en 1982 à Gijon et aussi ma talonnade face au Bayern de Munich».

«Il n’y a pas d’équipes faibles ni à la CAN ni au Mondial»

En abordant le volet de l’équipe nationale quant à ses chances lors des prochaines échéances, Madjer a bien expliqué les choses. «Je suis toujours dans mes déclarations car nous n’avons pas une boule de cristal pour entrevoir ce que fera notre EN en coupe d’Afrique. Ce que je peux vous dire, c’est que c’est une compétition de haut niveau. Si ces pays sont là, ce n’est pas un hasard.

Ce ne sont plus les éliminatoires, mais une phase finale. Le Malawi est une équipe physique au jeu britannique, qui va jouer avec tous ses moyens techniques et physiques et va donner le meilleur d’elle-même. Nous serons l’équipe à battre et à abattre car nous sommes qualifiés pour le Mondial sud-africain. Il nous faut beaucoup de rigueur et de détermination.

Le Mali, qu’on le veuille ou non, est fort avec ses Diawarra, Sissoko, Keïta et Kanouté, sans parler d’autres joueurs qui évoluent en Europe. L’Angola, que beaucoup mésestiment, est une grande nation de football avec un joueur du nom de Mentores, qui joue à Benfica et que je connais bien. C’est un attaquant racé au flair impressionnant.
Bien sûr, je souhaite de tout mon cœur que nous allions au 2e tour et pourquoi pas bien au delà.

Pour ce qui est du Mondial, c’est la même chose et il faut rester objectif dans ses déclarations. Je ne parle pas de notre équipe nationale mais de l’adversaire. La Slovénie a un jeu très discipliné.

Elle a fait sortir la Russie, ce n’est pas rien et s’est qualifiée au Mondial sans passer par les barrages. Attention aux Etats-Unis ! Ils ont bien progressé avec un football moderne, sinon comment expliquer qu’ils ont donné une gifle à l’Espagne et une autre à l’Egypte. Récemment, ils ont battu en finale de la Concacaf le Mexique par 5 à 1.

Les Anglais se passent de tout commentaire. C’est vrai qu’en 2006, ils sont passés à côté, mais là, les données ont changé avec la venue de Capello qui a donné une personnalité à l’équipe», a conclu Madjer pour cette question.

«La CAN 2010, il fallait la préparer dans un pays africain»

Comme tous les Algériens, Rabah Madjer estime que l’on aurait dû choisir un pays africain pour préparer la CAN 2010 et non le sud de la France. «Je pense qu’il fallait choisir un pays qui réponde aux mêmes conditions climatiques que le pays organisateur.

Ce n’est pas un hasard si le Mali se trouve actuellement à Doha au Qatar. Je parle en connaissance de cause pour avoir passé 15 ans en EN comme joueur et drivé l’Algérie à deux reprises, avec un sérieux sparring-partner de ce même pays pour se sentir déjà dans la compétition», a expliqué Madjer avant d’ajouter: «Vous savez, cette génération de joueurs n’a pas l’expérience africaine. Elle a fait les éliminatoires de la CAN mais n’a pas encore joué une phase finale.

La différence est là. J’aurais aimé voir l’EN jouer un match amical en terre africaine mais je sais que ce n’est pas la faute à Saâdane, ni celle de la FAF puisque la FIFA impose des dates.

«Nos joueurs se sont bien débrouillés sans Lacen»

Un autre auditeur a posé la question suivante : «Est-ce que l’équipe nationale peut faire quelque chose sans Lacen ?». Réponse de Madjer : «On a fait des choses sans Lacen puisque nous sommes qualifiés à la CAN et au Mondial sans lui.

Maintenant, si Lacen intègrera un jour les Verts, c’est pour apporter un plus, mais je crois que tous les joueurs sont à féliciter pour ce qu’ils ont fait. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes et aussi, il ne faut pas oublier le travail du staff technique. Donc pour le cas Lacen, le dernier mot revient à Saâdane.

Saïd Lacète

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