Dans France Football, Zidane confirme sa nouvelle dimension

mercredi 23 décembre 2009 à 17:59
Source de l'article :

article_zidane.jpgJoli coup de nos confrères de France Football avec ce « face aux lecteurs » Zinedine Zidane dans l’édition d’aujourd’hui.

La lecture de cet entretien plein d’enseignements me renforce dans l’idée que l’icône du football français est bien entrée dans sa deuxième vie. Mieux, il assume aujourd’hui pleinement son rang de statut du commandeur.
Cela m’avait déjà frappé lors de l’entretien accordé à Nathalie Iannetta pour Canal+, il y a quelques semaines. Cette fois, on sent aussi poindre un «Zizou» au discours politique mais il lâche tout de même quelques piques à l’adresse de Henry, Domenech, Benzema et s’offre un début de mea culpa concernant son coup de tête en finale du mondial 2006. Oui cet « autre Zidane » commence à prendre du corps et ne manque pas de charmes. Analyse.

Il ne cite toujours pas Domenech mais le met à distance. Sur le bilan du sélectionneur, Zinedine Zidane montre une belle hauteur de vue : « Je n’ai pas envie de critiquer le sélectionneur (…) on a demandé de qualifier l’équipe pour le mondial et il l’a fait. » Les initiés l’auront compris, Zidane ne citait jamais le nom de Domenech dans ses interviews lorsqu’il jouait. Il observe la même ligne de conduite. ZZ pourrait se lâcher sur le cas du sélectionneur mais il garde une intelligente réserve. Tout le monde connaît leur désaccord. Zidane ne hurle pas avec les loups. Une posture très politique et pleine de finesse.

L’Algérie : « Je ne me suis jamais posé la question de mon identité ».
C’est le passage de l’entretien que je trouve le plus fort. Comment assumez sa double appartenance dans un pays tolérant comme la France mais tout de même parfois assez flou sur la question franco-algérienne ou franco-maghrébine ? Zidane s’y prend simplement, « je suis d’abord français et fier d’avoir porté ce maillot. » Mais il n’y a pas de déni d’origine lorsqu’il dit « parler kabyle » avec son père à la maison. Oui, aujourd’hui, on peut être français d’origine algérienne et l’assumer sans discours biscornus. En cela, on voit bien que l’homme de communication prend le pas sur le footballeur. Je trouve aussi remarquable sa sortie sur une très possible aide apportée aux internationaux algériens. « Peut être que c’est déjà fait. Il y a des choses que j’ai envie de faire mais dont je ne veux pas parler publiquement. »

Les politiques en prennent pour leur grade. Retiré des terrains, Zinedine Zidane se lâche un peu plus. Sur la main de Henry, il a cette réponse franche : « Beaucoup de monde hors football s’en est mêlé. Des gens qui viennent vous manger dans la main lorsque vous soulevez les trophées et qui vous tombent dessus quand ça se passe mal. » Là encore, il n’a pas parlé des politiques mais tout le monde comprend ce qu’il veut dire.

Un début de mea culpa sur le coup de tête à Materazzi. Zinedine Zidane ne s’est jamais vraiment amendé.
On se souvient de son entretien ouaté « exclusif » à Michel Denisot, quelques semaines après la finale de la Coupe du Monde 2006. Il ne s’était pas excusé. Le temps faisant son œuvre, sa parole se libère. Même sur ce sujet. « C’est très bien que cela se soit passé ainsi », ose-t-il aujourd’hui. Mieux, il ajoute « cela aurait été dur à vivre avec un titre de champion du monde obtenu après un tel geste. » Plus loin, il avoue : « Il y a des actes dont je ne suis pas fier mais ils font partie d’un parcours, d’une vie d’un mec. »

Une petite tappe sur les doigts à Benzema.
Conseiller du président Perez à Madrid, Zinedine Zidane sait mieux quiconque ce qui se passe dans le club. Et sa sortie sur Karim Benzema n’est pas neutre : « Il doit se mettre plus rapidement à la langue. Quand on arrive dans un nouveau club, c’est une des premières choses à faire. » Et pan !

C’est sûr, l’homme a « tué » le joueur.
La distance prise par Zinedine Zidane tout au long de cet entretien confirme qu’il a désormais laissé le joueur derrière lui. Sa dernière petite phrase sur la condition de footballeur en dit d’ailleurs assez long : «J’en avais marre de manger des pâtes ! Tout ça, c’est pour les jeunes. » Le tout dit dans un éclat de rire. Preuve qu’il est vraiment passé à autre choses.

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