Spéculation sur la pomme de terre : 1,5 tonne retirée de la vente à El M’Ghair

Quinze quintaux de pommes de terre ont été retirés de la vente ce jeudi à El M’Ghair. Menée par les agents de la direction du commerce avec l’appui des services de sécurité, l’opération visait des lots proposés à des tarifs situés en dehors de la grille officielle. Les procédures légales ont été enclenchées et les vendeurs concernés convoqués.
Cette intervention tombe à un moment charnière : les professionnels annoncent une nette amélioration de l’offre d’ici quelques jours.
El M’Ghair sanctionne les prix non conformes de la pomme de terre
La direction du commerce a justifié la confiscation par un motif unique : la marchandise était exposée à des tarifs non réglementaires. Le suivi quotidien des étals et la régulation des cours des fruits et légumes figurent parmi les priorités affichées par les services locaux depuis l’automne.
Ce type d’action n’a rien d’isolé. Une semaine avant, une saisie de bien plus grande ampleur avait eu lieu dans le nord du pays, avec 3,5 tonnes de pommes de terre retirées du marché de gros de Boumerdès, là encore pour dépassement du plafond autorisé.
Les contrôleurs concentrent volontairement leurs efforts sur les plateformes de gros, maillon où se construit l’essentiel du prix final.
Rappelons que le ministère du Commerce intérieur a fixé une grille tarifaire stricte pour ce tubercule, avec un maximum de 90 dinars le kilogramme chez le détaillant et un plancher destiné à protéger les producteurs. Tout écart expose le commerçant à des poursuites.
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L’Algérie, championne d’Afrique de la consommation de pomme de terre
Peu de produits pèsent autant dans l’assiette algérienne. En volume produit, le pays occupe la deuxième marche du podium africain derrière l’Égypte et ses 8,08 millions de tonnes annuelles.
La récolte nationale oscille désormais entre 4,3 et 4,6 millions de tonnes selon la FAO, après le record de 5,02 millions enregistré en 2019.
Rapportée au nombre d’habitants, cette production hisse l’Algérie au premier rang africain et arabe. Les estimations varient selon la méthode de calcul : la FAO retient une fourchette de 60 à 72 kilos par personne et par an, soit environ 164 à 197 grammes quotidiens.
Les chiffres du ministère de l’Agriculture, basés sur la récolte brute commercialisée, grimpent eux jusqu’à 111,5 kilos annuels.
La période de soudure explique la tension actuelle sur les prix
Les agronomes ont un mot pour désigner ce creux : la période de soudure. Elle correspond au moment où la cueillette estivale des Hauts Plateaux et du littoral s’achève, tandis que la récolte tardive n’a pas encore atteint sa maturité. Octobre et novembre concentrent donc l’essentiel des tensions.
Pour éviter une rupture sèche, la filière puise dans les stocks de sécurité entreposés en chambres froides. Ce mécanisme amortit le choc sans l’effacer totalement.
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L’agriculture saharienne prépare le retour de l’abondance
Le basculement viendra du Sud. Dans la wilaya d’El Oued notamment, la culture de contre-saison s’est imposée grâce à un climat favorable et à des techniques d’irrigation modernisées. Les premiers arrachages démarrent fin novembre et se poursuivent en décembre, ouvrant la voie à une normalisation progressive.
Grossistes et producteurs s’accordent sur un pic de disponibilité en janvier et février. Des volumes considérables issus du Sahara convergeront alors vers l’ensemble des marchés du pays, ce qui devrait effacer la pénurie et stabiliser les cours sur plusieurs mois.
Les experts réclament plus de pôles agricoles au Sud et une assiette diversifiée
Pour raccourcir durablement cette fenêtre de pénurie, les spécialistes plaident pour un élargissement des investissements dans les pôles agricoles sahariens, couplé à une modernisation de la logistique et de la chaîne du froid. Sans entreposage performant, les surplus de janvier ne couvrent pas les déficits d’octobre.
Un autre volet concerne la santé. Sauces, tajines, couscous et restauration rapide ancrent le tubercule dans les habitudes culinaires, mais les nutritionnistes alertent sur les excès de féculents et de fritures, associés à l’obésité et à la résistance à l’insuline.
Leur recommandation : faire davantage de place aux courgettes, navets, carottes et légumes secs comme les lentilles ou les pois chiches, avec des cuissons moins grasses.
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