C’est un rituel que des générations d’étudiants connaissent par cœur : après des années de dur labeur, le jour de la soutenance de diplôme est traditionnellement synonyme de soulagement et de liesse.
Entre les larmes de joie des parents, les tables chargées de gâteaux et les éclats de rire dans les couloirs, les campus algériens prenaient chaque année un air de fête populaire. Mais cet été, l’ambiance promet d’être radicalement différente.
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a en effet tranché : les célébrations entourant l’obtention des diplômes de Licence, Master et Doctorat sont désormais strictement interdites au sein des facultés.
Selon les autorités, des « mesures fermes seront prises pour garantir le bon ordre et la sérénité au sein du campus universitaire ».
Face aux dérives festives constatées ces dernières années, les universités et grandes écoles du pays ont commencé à appliquer, cette semaine, de strictes directives organisationnelles.
L’objectif affiché par la tutelle est clair : préserver la sacralité de l’espace universitaire et garantir le bon déroulement des épreuves, considérées comme des activités pédagogiques et de recherche à part entière.

Algérie : Le ministère de l’Enseignement supérieur interdit les célébrations festives lors des soutenances de fin d’études
Désormais, l’accès aux espaces pédagogiques et administratifs sera rigoureusement réglementé. Une note de la direction de l’École nationale supérieure de sciences politiques (ENSSP), publiée ce lundi, interdit ainsi d’introduire des boissons, des pâtisseries ou tout autre matériel de fête à l’intérieur des facultés.
De plus, la présence des familles et des jeunes enfants dans les salles de soutenance est dorénavant proscrite, l’assistance devant se limiter aux personnes directement concernées, conformément aux règlements internes de chaque établissement.
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De son côté, l’École nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI) a choisi de plafonner le nombre d’accompagnateurs en fonction de la capacité d’accueil stricte des salles.
À l’Université d’Alger 2, la Faculté des sciences sociales a également rappelé ses étudiants à l’ordre, insistant sur la nécessité de maintenir la dignité du campus et la valeur scientifique des projets de fin d’études.
Universités algériennes : Tolérance zéro contre le bruit et les nuisances
Le plan de rigueur cible particulièrement les débordements sonores et matériels qui perturbent régulièrement la sérénité des examens. L’usage d’artifices – tels que les pétards, les feux d’artifice, les banderoles, les ballons ou les sifflets – est strictement interdit en raison des risques de dégradation des biens et d’atteinte à la sécurité des personnes.
Il en va de même pour les nuisances sonores : l’utilisation d’appareils à fort volume, de haut-parleurs ou de diffuseurs de musique est prohibée, tout comme l’installation de décorations festives à l’intérieur ou aux abords des salles de soutenance.
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En appelant au respect rigoureux du règlement intérieur, à la propreté et au calme, le secteur de l’enseignement supérieur entend réhabiliter l’image de marque des institutions universitaires algériennes et sanctuariser un moment qui doit rester purement scientifique.


