Soudan : Tentative d’assassinat sur le Premier ministre

Le Premier ministre du Soudan, Abdallah Hamdok, a échappé ce lundi 9 mars 2020 à un attentat à la bombe dans la capitale soudanaise Khartoum, ont annoncé son chef de cabinet et des médias d’État.

« Une explosion s’est produite au passage de la voiture du Premier ministre Abdallah Hamdok mais grâce à dieu personne n’a été touché », a écrit son chef de cabinet, Ali Bakhit, sur son compte Facebook, tandis que, des médias locaux annoncent que le convoi du Premier ministre a été visé par un engin explosif.

Le lieu de l’explosion survenue à Kober, un quartier du nord-est de Khartoum, a été bouclé par les forces de l’ordre. Les images de deux véhicules endommagés par l’explosion ont été diffusées par la télévision d’Etat.

Personne n’a immédiatement revendiqué la responsabilité de l’attaque.

Pour rappel, Hamdok a été nommé Premier ministre en août dernier, après que des manifestations pro-démocratiques ont forcé l’armée à destituer le président autocratique Omar el-Béchir en avril et à le remplacer par un gouvernement dirigé par des civils.

Après des mois de négociations, l’armée et le mouvement pro-démocratie ont conclu un accord de partage du pouvoir en août. L’accord a établi un conseil souverain militaire et civil de 11 membres qui gouvernera le Soudan pendant les trois prochaines années.

Les généraux militaires restent les dirigeants de facto du pays et ont montré peu de volonté de céder le pouvoir à l’administration dirigée par des civils.

Hamdok a également confirmé que le gouvernement coopérerait avec les efforts de la Cour pénale internationale pour poursuivre les personnes recherchées pour crimes de guerre et génocide dans le cadre du conflit du Darfour au Soudan dans les années 2000.

Les autorités de transition ont annoncé en février qu’elles avaient accepté de remettre al-Bashir à la CPI avec d’autres anciens responsables recherchés par la CPI.

Le gouvernement de transition du Soudan est sous pression pour mettre fin aux guerres avec les groupes rebelles alors qu’il cherche à réhabiliter l’économie malmenée du pays, à attirer l’aide étrangère dont il a tant besoin et à instaurer la démocratie qu’il promet.

Près d’un an après l’éviction d’Al-Bashir, le pays est confronté à une grave crise économique. L’inflation s’élève à 60% et le taux de chômage était de 22,1% en 2019, selon le Fonds monétaire international. Le gouvernement a déclaré que 30% des jeunes soudanais, qui représentent plus de la moitié des 42 millions d’habitants, sont sans emploi.