Souâd Benkredda, l’Algérienne qui figure parmi les 50 personnalités les plus puissantes d’Allemagne

Des sommets de la finance européenne aux classements les plus prestigieux : le parcours de Souâd Benkredda force le respect. D’origine algérienne, elle est aujourd’hui consacrée par la Deutsche Welle parmi les 50 personnalités les plus puissantes d’Allemagne en 2026.
Lors d’une interview accordée à la télévision allemande, la dirigeante se confie en toute authenticité sur ses racines algériennes, les défis qui ont jalonné son parcours professionnel et le lien profond qu’elle conserve avec son pays d’origine.
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Souâd Benkredda : parcours de l’Algérienne parmi les plus puissantes du secteur bancaire allemand
Née à Francfort au sein d’une famille d’immigrés algériens, Souâd Benkredda grandit bien loin du monde de la finance. Rien ne la destinait à une telle carrière : sa mère travaillait comme femme de ménage au sein même d’une banque, tandis que son père, ancien combattant de la guerre de libération algérienne, était ouvrier dans une imprimerie.
La transmission de l’héritage familial a joué un rôle fondamental dans son éducation. « À la maison, on m’a toujours parlé en arabe. J’ai appris l’allemand à l’école », raconte-t-elle, soulignant que ses parents ont tenu à lui transmettre leur culture algérienne.
Titulaire d’un diplôme en gestion des entreprises, elle fait ses premiers pas dans le secteur bancaire presque par hasard. Au cœur d’un univers alors très masculin, Souâd Benkredda doit rapidement faire face à des préjugés, notamment en raison de son appartenance religieuse : « J’étais en colère. Je me demandais : pourquoi le fait d’être musulmane devrait-il me rendre différente ? Pourquoi ne pourrais-je pas faire carrière comme les autres ? ».
Ces difficultés n’ont en rien ralenti sa trajectoire. Elle marque l’histoire du secteur en devenant la première femme nommée au directoire de la DZ Bank, deuxième géant bancaire allemand.
« Mon premier cœur appartient à l’Algérie »
Bien qu’elle ait atteint les plus hautes sphères, Souâd Benkredda ne voit pas les quotas de femmes comme la solution idéale aux inégalités dans le monde du travail. Privilégiant l’équité à la contrainte, elle prône avant tout l’égalité des chances : « Lorsque tout me monde bénéficie des mêmes opportunités, chacun peut réussir grâce à ses propres compétences. »
Au quotidien, ses racines algériennes continuent de guider sa vie de famille. Souâd Benkredda accorde une importance capitale à la transmission culinaire auprès de ses filles : « On ne commande pas de repas tout prêt. Non, je veux qu’elles mangent ce que je prépare moi-même : du pain algérien traditionnel, qu’on appelle matlouh, et toutes nos spécialités. C’est quelque chose de très important pour moi », explique-t-elle.
Concernant son identité, la banquière revendique pleinement son double ancrage culturel : « J’ai deux cœurs. Mon premier cœur appartient à l’Algérie, mais j’ai aussi un deuxième cœur qui bat pour l’Allemagne ».
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