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Sorcellerie et arnaque en ligne : lourde peine pour une tiktokeuse à Alger

Sorcellerie et arnaque en ligne : lourde peine pour une tiktokeuse à Alger
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Trois ans de prison ferme et 100 000 dinars d’amende. Voilà la sanction prononcée par le tribunal correctionnel de Sidi M’hamed contre une créatrice de contenu très suivie sur TikTok. Identifiée par les initiales D.R., cette tiktokeuse condamnée vendait à ses abonnés des séances de voyance et des lectures d’avenir, une activité que la justice a qualifiée d’escroquerie par recours à la sorcellerie et au charlatanisme.

Le magistrat a suivi une ligne ferme. Le représentant du parquet avait plaidé pour l’application du maximum prévu par la loi, estimant que les faits reprochés à la prévenue dépassaient largement le cadre d’une simple tromperie individuelle. Après délibération, le tribunal a retenu la peine privative de liberté assortie de l’amende, toutes deux fermes.

Les chefs d’inculpation retenus se cumulent : escroquerie envers le public par des pratiques occultes, mais aussi blanchiment d’argent et violation de la réglementation encadrant le change ainsi que la circulation des capitaux entre l’Algérie et l’étranger. Un attelage judiciaire lourd, qui explique la sévérité du verdict.

Un compte TikTok transformé en cabinet de voyance payant

Tout part d’une page ouverte sur les réseaux sociaux, sous un pseudonyme flatteur évoquant une « reine de l’élégance ». Face caméra, la mise en cause proposait des consultations astrologiques et des tirages de cartes, promettant à ses abonnés de leur dévoiler leur destin, leurs amours ou leur avenir professionnel.

Le service, lui, n’avait rien de gratuit. Les internautes résidant en Algérie devaient s’acquitter d’un million de centimes pour une séance. Quant aux Algériens installés à l’étranger, ils réglaient leurs consultations en devises, les fonds transitant par un compte postal ouvert au nom de la prévenue. Un modèle économique bien rodé, alimenté par la notoriété numérique.

Ce type d’affaire n’est plus isolé devant les juridictions algéroises. En mai dernier, une jeune femme avait déjà été sanctionnée pour une escroquerie aux faux visas pour l’Espagne, preuve que les promesses monnayées en ligne finissent souvent au tribunal.

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La perquisition a mis au jour un magot et l’attirail du charlatanisme

Les investigations menées par les services de sécurité ont rapidement changé la dimension du dossier. Les enquêteurs ont établi que la mise en cause détenait des comptes bancaires hors du territoire national, alimentés par cette activité en ligne.

Au domicile de l’intéressée, la fouille s’est révélée éloquente. Les policiers y ont saisi 20 millions de centimes en liquide. À côté de cette somme dissimulée, ils ont recensé tout l’équipement du métier : pierres de couleur, cire, bijoux en argent et en cuivre, sans oublier les jeux de cartes qui servaient de support aux fameuses consultations.

En matière pénale, l’origine des fonds pèse autant que la tromperie elle-même. Les paiements encaissés en monnaie étrangère, puis logés sur des comptes ouverts à l’extérieur du pays, ont conduit le parquet à retenir l’infraction à la législation des changes. Une qualification qui vise les mouvements de capitaux échappant aux circuits officiels.

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ZB

Zakaria Benhammadi

Zakaria Benhammadi - Journaliste senior – Sport, politique et justice

Zakaria Benhammadi est journaliste senior au sein d'Algerie360. Spécialisé dans l'actualité sportive, il couvre l'équipe nationale algérienne, la Ligue 1 et les joueurs algériens évoluant à l'étranger. Il traite également les grands dossiers politiques et judiciaires

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