Sonatrach débourse une somme astronomique pour une raffinerie vieille de 70 ans

Suivez-nous sur Viber et Google News

La Compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach a acheté une raffinerie d’Augusta, vieille de 70 ans, qui appartenait à la filiale italienne d’ExxonMobil, à un prix proche de «725 millions de dollars ».

Dans son dernier numéro, la revue spécialisée Petrostrategies a critiqué l’acquisition par Sonatrach de la raffinerie d’Augusta, évoquant une «gestion hasardeuse».

«S’il est un dossier emblématique de la gestion hasardeuse – pour ne pas dire plus – que le secteur des hydrocarbures a subie ces dernières années en Algérie, c’est bien celui de l’achat de la raffinerie d’ExxonMobil à Augusta, en Italie, par Sonatrach», estime la revue.

La même source précise que la raffinerie a été acquise en 2018 quand Abdelmoumen Ould Kaddour était PDG de Sonatrach.

1 milliard de dollars pour une raffinerie «vieille de sept décennies»

La revue a jugé le montant déboursé pour l’acquisition de cette raffinerie, qui est proche de «725 millions de dollars, de très surpayé. «A cela s’ajoutent des engagements à honorer des dépenses immédiates de mise en conformité avec les normes environnementales (décontamination des sols), ainsi qu’une question de prise en compte de stocks de produits qui n’appartenaient déjà plus à la raffinerie », explique la revue.

« Au total, un coût réel qui dépasserait très largement 1 milliard de dollars. Sans compter les investissements de conformité environnementale à venir et les pertes d’exploitation. Car l’usine achetée est ‘‘structurellement déficitaire’’, selon les experts. Ce qui explique pourquoi, depuis son acquisition, Augusta n’est maintenue à flot que moyennant des apports de fonds de Sonatrach, sans perspective de rétablissement des comptes», ajoute Petrostrategies.

En plus, cette raffinerie ne peut pas raffiner le pétrole algérien, donc Sonatrach doit acheter du brut saoudien, ce qui est un investissement «perdant».

La même source révèle que Sonatrach a même dû recourir à des emprunts de 250 millions de dollars auprès d’Apicorp pour la «maintenance» de l’usine et pour l’achat de brut saoudien nécessaire à son opération.

Massin.A