Après près d’une décennie d’interruption, le Sommet du Forum Inde-Afrique (IAFS) fait son retour. La 4ᵉ édition se tiendra du 28 au 31 mai 2026 à New Delhi, avec une ambition claire, redonner du souffle à un partenariat que l’Inde considère comme prioritaire, et dans lequel l’Algérie occupe une place stratégique.
L’Inde ne fait pas dans la demi-mesure. Depuis l’institutionnalisation du Forum en 2008, New Delhi cherche à structurer sa relation avec le continent africain sur le long terme. Dix ans après la dernière édition, ce nouveau sommet marque un tournant.
L’objectif affiché est d’aligner la coopération avec deux feuilles de route majeures : l’Agenda 2063 de l’Afrique et la vision indienne « Viksit Bharat 2047 ». Autrement dit, on ne parle plus seulement de coopération, mais de stratégie globale.
Découvrez l’agenda du Sommet !
Le programme de cette nouvelle édition du Sommet promet d’être dense :
- 28 mai : réunion des hauts fonctionnaires
- 29 mai : réunion des ministres des Affaires étrangères
- 31 mai : sommet des chefs d’État et de gouvernement
À la clé, une déclaration finale attendue : la Déclaration de New Delhi, censée fixer le cap des prochaines années.
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L’Algérie, un partenaire pivot pour l’Inde
Dans cette architecture diplomatique, l’Algérie ne joue pas un rôle secondaire. L’Inde la considère comme un point d’ancrage clé entre l’Afrique et l’Europe.
Position géographique, poids régional, potentiel économique : tous les voyants sont au vert pour renforcer ce partenariat. New Delhi attend d’ailleurs une participation active d’Alger à tous les niveaux, à savoir politique, économique et culturel.
Le message est limpide, l’Inde ne veut pas seulement travailler avec l’Afrique, elle veut travailler avec les Africains. Une nuance qui traduit une approche plus directe, presque pragmatique du développement.
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100 milliards de dollars d’échanges : un levier économique majeur
Sur le plan économique, les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’Inde s’impose aujourd’hui comme le 4ᵉ partenaire commercial de l’Afrique, avec plus de 100 milliards de dollars d’échanges et plus de 80 milliards de dollars d’investissements cumulés.
Le sommet servira de plateforme opérationnelle avec :
- des rencontres B2B
- des panels sectoriels
- des expositions économiques
En parallèle, un dialogue d’affaires Inde-Afrique se tiendra du 29 au 31 mai, piloté par les principales organisations patronales indiennes (CII, FICCI, ASSOCHAM, PHDCCI).
Les entreprises algériennes sont clairement ciblées. Chambres de commerce, opérateurs économiques, investisseurs : tout le monde est invité à se positionner.
Et il y a matière à faire. L’Inde a déjà financé 206 projets dans 43 pays africains : infrastructures, énergie, agriculture, industrie textile, ferroviaire… Des investissement utiles, visibles et durables.
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L’approche indienne ne se limite pas au commerce. Elle s’étend à des secteurs stratégiques :
- Santé : équipements médicaux, aide durant la pandémie, programme Vaccine Maitri
- Défense : formation d’officiers africains, création d’académies militaires
- Spatial : prévision météo, agriculture de précision, systèmes d’alerte
En clair, l’Inde exporte aussi son savoir-faire. Et elle le fait avec méthode.
Diplomatie culturelle : le soft power en action
New Delhi joue aussi la carte culturelle, et elle le fait intelligemment. En marge du sommet, plusieurs événements viendront renforcer les liens entre les peuples.
Temps fort annoncé : un festival de danse et de musique Inde-Afrique le 23 mai, accompagné d’ateliers collaboratifs entre artistes africains et indiens.
Autre initiative, des fresques murales réalisées en commun dans l’espace public. Une manière concrète d’inscrire cette coopération dans le quotidien.
La diaspora indienne en Afrique, 3,5 millions de personnes, agit déjà comme un relais naturel. Et côté influence, Bollywood continue de séduire, y compris en Algérie.
Formation et mobilité : l’éducation comme levier stratégique
L’éducation reste un pilier discret mais puissant de cette relation. Plus de 35 000 Africains ont été formés en Inde ces dix dernières années, dont près de 500 Algériens.
Aujourd’hui, plus de 23 000 étudiants africains poursuivent leurs études en Inde. Avec pour but former aujourd’hui les partenaires de demain.
À cela s’ajoutent :
- des institutions académiques implantées en Afrique
- des centres technologiques
- l’extension du e-visa à 33 pays africains
Ainsi, ce sommet ne se résume pas à une série de réunions protocolaires. Il s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un basculement des équilibres économiques vers le Sud global.
