Sociétés de taxis, malaise entre gérants et chauffeurs: Un esclavage légalisé par des contrats ?

Sociétés de taxis, malaise entre gérants et chauffeurs: Un esclavage légalisé par des contrats ?
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Des employés des sociétés de taxis à Oran, sont montés au créneau ces derniers jours pour dénoncer leur situation sociale qu’ils ont qualifiée de précaire.

Ces derniers, qui ont sollicité l’inspection du travail, ont affirmé qu’ils ne sont couverts par aucune assurance sociale. «Nous avons sollicité notre employeur pour connaître notre sort et il nous a appris que nous ne sommes couverts que par l’assurance passager.

Certes cela est utile en cas d’accident, mais sur le plan professionnel, cette police d’assurance ne nous est d’aucune utilité. Imaginez-vous des années de travail qui ne me serviront même pas dans le calcul de ma retraite. Ce n’est pas juste ! »Affirment des chauffeurs.

Ces derniers, qui ont sollicité l’intervention de l’Organisation nationale des transporteurs algériens n’ont pas manqué de relever ce qu’ils qualifient d’un autre vice de forme dans le fonctionnement de ces sociétés nées ces dernières années. «Figurez-vous que nous sommes considérés comme des exploitants qui louent ces taxis.

Nous sommes tenus de verser quotidiennement un montant de 2.500 Dinars au propriétaire de la société. Nous sommes obligés de travailler du matin au soir pour boucler cette somme. Les frais de carburant sont à notre charge. C’est un véritable calvaire que nous vivons au quotidien. Nous n’avons aucun moment de répit, nous devons travailler dur pour ne pas perdre notre emploi», dira un autre chauffeur.

Ce dernier ne manquera pas de souligner que toutes les démarches entreprises par ses collègues, pour obtenir une couverture sociale ont été vaines. «L’argument de notre employeur est que la relation qui nous lie est contractuelle et basée sur un contrat de performance qui fixe des seuils de rentabilité.

Bien sûr, il se fixe un montant que nous sommes tenus de verser quotidiennement. Il suffit que vous tombiez malade pour perdre votre emploi. Le contrat que nous avons signé n’est pas juste, il offre tous les droits à l’employeur et nous maintient dans une situation de soumission qui ne nous garantit aucun droit », affirment nos interlocuteurs.

Le gérant d‘une société de taxis que nous avons contacté, dira en nous exhibant un modèle de contrat que c’est un document qui lie la société à l’exploitant du véhicule. «C’est bien spécifié qu’ils ne sont pas des employés de l’entreprise mais des exploitants des véhicules. Les clauses sont claires et le document est paraphé par le chauffeur avant d’entamer son travail. Concernant le montant de la somme versée chaque jour à la caisse de l’entreprise, il dira : «Nous avons engagé des frais pour mettre sur pied notre société. Nous devons rentabiliser notre parc roulant.

C’est un montant calculé sur la base des crédits que nous avons contracté pour créer cette entreprise et que nous avons convenu avec les chauffeurs lors de leur entrée en service. On ne peut pas nous accuser d’exploitation de nos employés qui sont déclarés et qui bénéficient d’une couverture sociale.

Nous avons des agents dans nos ateliers et notre administration qui sont recrutés selon les règlements et lois qui régissent le travail en Algérie. Pour les chauffeurs, c’est une relation contractuelle qui est régie par un contrat dument certifié », affirme notre interlocuteur.

Nazym B