Exclus de la récente tripartite, les retraités montent au créneau. Ils ont interpellé hier, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta). Ils étaient des milliers à venir réclamer l’augmentation du Snmg promise et montrer leur angoisse quand à l’application de l’accord les concernant.
Le secrétaire général de l’Ugta, Abdelmadjid Sidi Saïd visiblement gêné par les foules mécontentes qui ont prit d’assaut le siège, essaiera tant bien que mal de les calmer.
«En raison de notre vie pitoyable» et déterminés à aller au bout de leurs revendications, pour une meilleure vie, les retraités étaient hier, au rendez-vous.
Un rassemblement a eut lieu à l’intérieur même du siège de la centrale syndicale, avec la présence de 3000 personnes environ, venues de toutes les wilayas. Ruminant leur colère, les retraités continuent de mener leur mouvement de protestation, car n’ayant pas été satisfaits des résultats de la tripartite, qui n’a pas répondu à leurs attentes.
Une tripartite, de laquelle ils escomptaient des augmentations comme les autres travailleurs de la Fonction publique, selon les nombreux retraités présents à ce rassemblement et qui confirment que leurs pensions de retraite demeurent insuffisantes pour faire face à la cherté de la vie. Leur présence est plus que significative. Bon nombre de revendications relatives à la revalorisation des pensions, ont été exprimés.
Un rassemblement où tout le monde prenait la parole pour raconter leur mal vie, après tant d’années consacrées à l’édification du pays. «Nous devons nous prendre en charge nous-mêmes» dira un des retraités rencontré sur place. Ainsi, après s’être bousculés et cassé la porte d’entrée accidentellement, les retraités affluaient vers la salle où ils devaient rencontrer Sidi Saïd, pour débattre avec lui de la situation dans laquelle ils évoluent.
Une situation qui a duré plus d’une heure, et à laquelle les retraités ne voulaient plus mettre fin et ce en suivant le SG de l’Ugta jusqu’à l’extérieur, l’obligeant ainsi à s’arrêter chaque deux pas et à écouter chaque protestataire des foules nombreuses qui l’entouraient. Une rencontre forcé par les protestataires, qui ne semblaient pas convaincus ni par les décisions prises ni par les propos tenus par le responsable de l’Ugta.
Se disant représentant légitime des travailleurs, Sidi Saïd a rassuré de l’application en novembre, de l’accord signé lors de la tripartite relatif à l’augmentation des salaires. Pour plaider la cause des travailleurs retraités, même étant brusqué par ces derniers, il déclare « Il est clair que les retraités sont venus pour exprimer leur protestation légitime, je suis porteparole de leurs revendications ».
Aussi, pour apaiser la tension, Abdelmadjid Sidi Saïd a souligné que l’accord conclu lors de la tripartite concernant l’augmentation tenait debout, étant un engagement moral de l’Ugta et également de la République Algérienne à l’endroit des retraités.
Concernant les contractuels du secteur de l’éducation nationale, représentés par la «coordination des corps communs » au siège de l’Ugta par une quinzaine de personnes, le SG de la centrale syndicale a avancé «Il est tout-a-fait normal que la situation des corps communs soit reconsidérée, de façon à leur permettre de bénéficier d’une amélioration à l’avenir».
La présence de ces contractuels qui réclamaient leur réintégration, était mal perçue par les retraités, qui voyaient en leur présence, une volonté de détournement du mouvement des retraités par des sections de l’Ugta.
À ce propos, les retraités gagnés par la fatigue face au mépris affiché à leur égard, regrettent la conduite du gouvernement qui répond favorable aux revendications de différents corps, contrairement aux retraités, qui n’ont pas selon eux, des moyens de pressions pour faire valoir leur droits.
«Tous les protestataires ont eu gain de cause parce qu’ils ont les moyens de faire pression, alors que nous touchons des bribes» lâchera un des retraités. Sur place, un autre retraité ajoute «nous voulons une augmentation conséquente et qu’il y ait un rappel». «Nous voulons terminer nos jours dignement» lancera à haute voix un troisième retraité à l’adresse du SG de l’Ugta et que « les Algériens ne croient plus aux promesses postélectorales »
Nabila Chikhi